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Dossier "Finances locales"
Sommaire du PLM 157
Loi de finances 2006 :
Modifications complexes
sur les impôts locaux
et les concours de l’État |
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Les années se suivent et ne se
ressemblent pas. En effet, si l’an
passé, les élus de la montagne
avaient vu nombre de leurs
amendements acceptés, cette
année, la loi de finances pour
2006 intègre relativement
moins leurs propositions,
pourtant étayées par une étude
de fond sur l’impact de la
réforme de la DGF. A ce sujet,
les parlementaires attendent
toujours le rapport
gouvernemental détaillé, prévu à l’article 50 de la loi de
finances pour 2005. Il est vrai
que le programme de travail du
Parlement a été essentiellement
consacré à la réforme de la taxe
professionnelle ainsi qu’à la
refonte de la première part de
la dotation globale d’équipement des
départements. D’autres sujets,
tels que le bouclier fiscal, la
dotation élu local ou la réforme
de l’impôt sur le revenu,
ont également beaucoup pesé
sur les débats.
La loi n° 2005-1719
de finances pour 2006 a été
publiée le 30 décembre 2005.
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Taxe professionnelle
Le Sénat allège l’addition
pour les collectivités |
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Poursuivant l’action entamée à l’Assemblée nationale, le Sénat a
atténué d’environ 50 millions d’euros l’impact de la réforme de
la taxe professionnelle pour les collectivités locales, cette taxe
restant comme prévu plafonnée à 3,5 % de la valeur ajoutée
(article 85 de la loi de finances).
Dès 2007, plusieurs mécanismes
correcteurs vont affecter la
taxe professionnelle. L’Etat prendra
en charge l’actualisation des
taux utilisés pour le calcul du
plafonnement. 2005 a été substituée
à 1995 comme année de
référence sous réserve que les
taux votés en 2005 ne dépassent
pas un certain niveau.
Le Sénat s’est employé à éviter de
pénaliser les collectivités locales
ayant mené cette année une politique
fiscale raisonnable. Au bout
du compte, si les taux de 2005
dépassent la limite fixée, ce sont
les collectivités responsables qui
seront amenées à assumer leurs
choix et donc le manque à gagner.
Pour calculer la limite acceptable,
les députés s’étaient basés
sur les taux de 2004 augmentés
de 4,5 % (moyenne des hausses
intervenues en 2004 dans les
départements).
Références de taux
et ticket modérateur
Les sénateurs ont considéré
nécessaire une approche distincte,
selon le type de collectivité.
Après divers avatars, le système – complexe – finalement
adopté est le suivant.
Le taux d’imposition au-delà
duquel s’appliquera un « ticket
modérateur » sera le taux le plus
faible entre le taux de l’année
d’imposition, le taux 2005 et le
taux 2004 majoré d’un certain
pourcentage variant selon les
différentes catégories de collectivités.
Le principe retenu est celui
d’une majoration correspondant à la moyenne des augmentations
constatées, par catégories, entre
2002 et 2004, qui se traduit par :
● le taux 2004 majoré de 5,5%
pour le secteur communal (communes
et groupements) ;
● le taux 2004 majoré de 7,3%
pour les départements ;
● le taux 2004 majoré de 5,1%
pour les régions.
Ainsi, le texte conduira à appliquer
le « ticket modérateur » à
toute collectivité qui augmentera
son taux en 2006 et dans les
années suivantes. Le coût de
cette mesure est estimé à
215 millions d’euros pour les
collectivités locales, le Sénat
ayant réussi à « alléger » la note
de 50 millions d’euros environ.
Par ailleurs, le dégrèvement de
taxe professionnelle, qui s’applique
aux investissements créés
ou acquis entre le 1er janvier
2004 et le 31 décembre 2005,
sera reconduit pour les investissements
en 2006, mais deviendra
dégressif à partir de 2007
(100 % de la 1re année, 2/3 la
2e année, 1/3 la 3e année).
Le coût pour l’Etat de cette
mesure est estimé à environ
1,8 milliard d’euros par an. |
Allègement de la taxe foncière
sur les PROPRIÉTÉS NON BÂTIES
en faveur des terrains agricoles |
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La suppression progressive de la taxe foncière sur les propriétés non bâties au
bénéfice des agriculteurs se traduira, à compter du 1er janvier 2006, par une exonération à hauteur de 20 % pour les terrains à usage agricole.
Le montant de 20 % correspond à celui fixé par le code rural pour la part de la
taxe que le preneur doit payer au propriétaire, à défaut d’un accord amiable. Ce
code sera modifié, afin que l’allègement soit rétrocédé par le bailleur au preneur.
Ainsi, l’allègement accordé bénéficiera intégralement à l’exploitant, qu’il
soit propriétaire ou locataire des terrains agricoles.
Cette exonération sera compensée par l’État aux communes et EPCI à fiscalité
propre, pour un montant estimé à 140 millions d’euros, en 2006. A partir de 2007,
cette compensation évoluera chaque année comme le taux de croissance de la
masse de la DGF. Cette indexation, assortie d’un engagement du gouvernement
sur la révision des valeurs locatives foncières, a permis d’emporter l’adhésion des
sénateurs sur cette mesure. Son détail figure à l'article 13 de la loi de finances.
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| Le ministère S’ENGAGE sur
la dotation de développement rural |
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Afin de financer le dispositif de maintien des services publics en milieu rural,
pour les dépenses d’investissement, mais également celles de fonctionnement,
selon le ministre des Collectivités locales, 20 millions d’euros seront « redéployés
» au sein de l’enveloppe de la dotation de développement rural (DDR).
Elle s’élèvera à 124,370 millions d’euros. Ce dispositif sera ouvert :
● aux EPCI à fiscalité propre (les seuls jusqu’à présent à pouvoir être éligibles à
la DDR),
● et aux communes « isolées », éligibles à la fraction péréquation de la dotation
de solidarité rurale (DSR – deuxième part).
Grâce à la création de cette seconde part de DDR (article 140 de la loi de finances),
l’objectif est de soutenir, dès 2006, les projets structurants qui sont d’ores
et déjà prêts ou qui émergeront de la concertation actuelle. L’exposé des motifs
précise que « le financement de solutions innovantes en matière de présence
de services publics dans les territoires et auprès des populations les plus fragiles » pourra ainsi être assuré.
Selon le ministre, « l’affectation de ces 20 millions d’euros sera sans incidence
sur le financement des projets au titre de la part principale de la DDR, compte
tenu du rythme actuel de consommation des crédits de paiement ».
Le choix des opérations à financer sera arrêté après consultation de la commission
d’élus « DDR ». |
Départements
La première part
de la DGE refondue |
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Au-delà de la réforme structurelle de la dotation globale d’équipement
(DGE), c’est une véritable mutation de fond qui s’opère avec
la transformation d’une subvention d’équipement en subvention de
fonctionnement. Pour mémoire, la première part de la DGE des
départements représentait, en 2005, 238,862 millions d’euros, et la
seconde part, 200 millions d’euros.
L’article 38 de la de loi de finances
réforme complètement la
DGE en supprimant la première
part, et compense partiellement
cette suppression par un abondement
de la dotation de compensation
de la DGF des départements.
Pour financer le solde
des opérations engagées sur la
première part de la DGE en
2005, une compensation de
98,4 millions d’euros est prévue,
qui disparaîtra en 2007.
Par ailleurs, plusieurs dispositifs
de compensation pérennes, pour
un total de 142,9 millions d’euros
en 2006, permettront la compensation
intégrale des anciennes
fractions voirie et potentiel
fiscal pour 54,3 millions d’euros.
En revanche, la fraction principale
de la première part ne sera
compensée que partiellement.
Cela ne concernerait que les
départements dont le taux réel
d’investissement dépasse 3,25 %
et ce, uniquement pour la fraction
au-delà de ce taux. Cette
compensation de 101,6 millions
d’euros bénéficierait à 73 départements
(dont 23 des 24 éligibles à l’ancienne dotation de fonctionnement
minimale).
L’effet sur les ressources
atténué
La rédaction initiale du projet de
loi aurait abouti pour les départements à une diminution de ressources
de 35 millions d’euros,
d’où l’intervention des sénateurs,
pour abaisser de 1,22 point le
taux réel de subvention de 2004
pour l’ensemble des départements
et ajouter 28 millions
d’euros à l’enveloppe.
A partir de 2007, ces dotations
seraient totalement fondues dans
la dotation de compensation de
la DGF et évolueraient donc au même rythme que la DGF des
départements. Le détail de la
mesure figure à l’article 140 de
la loi de finances. |
Bouclier fiscal
Les collectivités locales
mises à contribution |
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Mesure emblématique inscrite à l’article 74 de la loi de finances, le
bouclier fiscal visant à protéger le contribuable a été mal vécu par
les collectivités locales. Pour autant, le Sénat n’a pas touché au
texte adopté par l’Assemblée.
Le mécanisme du bouclier fiscal
institue le plafonnement des
impôts directs par rapport aux
revenus (60 % maximum).
Les impôts retenus sont :
● l’impôt sur le revenu des personnes
physiques (IRPP), y compris
le prélèvement libératoire ;
● l’impôt de solidarité sur la fortune
(ISF) ;
● la taxe d’habitation et la taxe foncière (sauf la taxe d’enlèvement
des ordures ménagères) afférentes à l’habitation principale.
Seraient exclus du bouclier fiscal
les prélèvements sociaux et la
fiscalité locale sur les résidences
secondaires. Serait pris en
compte l’ensemble des revenus
perçus par le contribuable l’année
précédant celle du versement
des impôts, sauf certaines allocations et certaines plusvalues
exonérées.
Le montant de la restitution
demandée par le contribuable
serait réparti entre l’Etat et les
collectivités territoriales, en proportion
du montant des impôts
revenant à chacun d’eux.
43 millions d’euros à charge
des collectivités
Le droit à restitution pourrait
fonctionner dès 2007, au titre
des impôts payés en 2006, comparés
aux revenus perçus en
2005.
La mesure concernerait environ
93 000 contribuables, dont
environ 79 000 figurant parmi
les 10 % de contribuables dont
le revenu est le plus faible. Son
coût serait de 401 millions d’euros
répartis entre l’Etat (358
millions d’euros) et les collectivités
territoriales (43 millions
d’euros).
L’Etat assumera intégralement le
coût de la restitution de l’impôt
au contribuable dès lors que le
montant de ses propres impôts
excède 60 %.
Dans le cas où le dépassement
du seuil serait en partie imputable
aux impôts locaux, la restitution
serait financée par les collectivités
à l’aide d’un prélèvement
sur la masse globale de la DGF,
estimé à 20 millions d’euros.
L’inconvénient majeur sera d’en
faire supporter le coût à l’ensemble
des collectivités, y compris
celles à faible pression fiscale. |
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