|
Dossier "Agriculture"
Sommaire du PLM 156
MAÎTRISE FONCIÈRE
Le nouveau rôle des sociétés
d’aménagement foncier |
|
 |
Les sénateurs ont introduit dans
le projet de loi d’orientation agricole une disposition qui élargit la mission des SAFER au foncier bâti. Une compétence
nouvelle qui ne s’exercera qu’en zone de montagne, et qui restait à confirmer en commission mixte paritaire.
En autorisant les sociétés d’aménagement
foncier et d’établissement
rural (SAFER) à préempter
des bâtiments isolément des terres,
l’objectif est d’accorder à
ces structures, en charge de la
maîtrise foncière, une possibilité
d’infléchir les marchés immobiliers
les plus spéculatifs dans
certains massifs. La surenchère
de la part d’acquéreurs fortunés,
et bien entendu non--agriculteurs, érige bien souvent un obstacle
devenu infranchissable
pour les jeunes exploitants
recherchant un logement dans
le cadre de leur exploitation.
C’est donc avec pertinence que
la disposition a été réservée à
l’exercice du droit de préemption
des SAFER en zone de montagne.
Néanmoins, la rédaction
que les élus de montagne
avaient initialement proposée
était formulée en termes plus
généraux que ceux adoptés par
les sénateurs, afin que tout logement
pouvant être utilisé à des
fins de siège d’exploitation
puisse être préempté.
Un contre-feu
pour le bâti
C’était probablement conférer
aux SAFER trop de pouvoir, et la
portée de la nouvelle prérogative
a été limitée, sur proposition
du gouvernement, aux bâtiments
qui ont eu un usage agricole
dans les cinq dernières années précédant la vente.
De ce fait, la prérogative nouvelle
accordée aux SAFER se
présente davantage comme un
contre-feu permettant de réintégrer
dans le giron du bâti agricole
des biens qui, autrement,
en seraient sortis. Cela comporte néanmoins l’inconvénient non
négligeable que ce type de
biens aura entre-temps subi une
plus-value qui peut être conséquente
et limitera d’autant la
capacité d’intervention des
SAFER.
Cela n’en constitue pas moins
un outil tout à fait novateur et
appréciable dont il faut espérer
qu’il trouvera de l’usage pour
rendre plus accessible et, par
conséquent, plus
attrayante, l’installation
de jeunes
exploitants agricoles
en montagne. |
Loi d’orientation
L’agriculture
montagne confortée |
|
 |
Un article nouveau du projet de la loi d’orientation agricole rappelle le
principe de compensation financière du handicap naturel en montagne.
La loi relative au développement
des territoires ruraux avait
déjà en bonne partie réécrit l’article
L.113-1 du code rural qui
définit la politique agricole spécifiqueà la montagne. Le projet
de loi d’orientation vient y
rajouter deux alinéas qui constituent
autant de garanties de
pérennisation de l’activité agricole
en montagne.
Le texte affirme ainsi sans ambiguïté
le principe de compensation
financière et permanente
du handicap géophysique montagnard
en raison des différents
surcoûts qu’il génère. Le rappel
de ce que d’aucuns pourraient
tenir pour acquis et immuable, à
savoir la pérennité des indemnités
compensatoires de handicap
naturel (ICHN), n’est en fait pas
superflu dans le contexte actuel,
notamment dans la perspective
de la mise en oeuvre de la nouvelle
réglementation européenne
en matière de développement
rural.
Dans le même ordre d’idée, une
autre disposition visait à garantir
le principe de contreparties
financières aux aménités d’ordre
environnemental que produisent
les agriculteurs de montagne,
mais la disposition votée
s’est bornée à garantir la continuité
d’une « contractualisation
adaptée ».
L’article L.113-1 devrait aussi
préciser désormais que la politique
agricole montagne finance également « les investissements
et le fonctionnement des services
collectifs d’assistance technique
aux exploitations et à
leurs groupements ».
L’environnement de l’exploitation
agricole montagnarde se
trouve ainsi également conforté,
ce qui représente une garantie
non négligeable pour ce qui
concerne l’avenir de certains
réseaux d’aide au développement,
au premier rang desquels
celui des techniciens de chambres
d’agriculture. |
DÉVELOPPEMENT RURAL
Les orientations
du plan stratégique national |
|
 |
La montagne n’apparaît pratiquement pas dans le projet de plan stratégique
national de développement rural pour la période 2007-2013 présenté
le 17 novembre. Une discrétion dont se sont inquiétés plusieurs représentants
du comité national stratégique.
Un document d’une centaine de
pages détaille les orientations
stratégiques retenues par la
France en matière de développement
rural que le gouvernement
s’apprête à communiquer à
Bruxelles d’ici la fin de l’année.
Présenté au comité national ad
hoc qui regroupe les représentants
des principaux acteurs du
développement rural, plusieurs
d’entre eux (à commencer par
les élus de la montagne) se sont
alarmés de l’absence d’une prise
en compte réelle de la spécificité
montagnarde dans la récapitulation
d’une politique qui comprend
notamment les indemnités
compensatoires de handicap
naturel.
En effet, la montagne n’y est abordée
en tant que telle, c’est-à-dire« nominativement », que dans la
première partie du document
consacrée à un état des lieux (et
par conséquent non engageante
pour l’avenir ?) qui se borne à
souligner la diversité des massifs.
De plus, cette présentation vraiment
succincte (huit lignes) est
erronée, puisqu’elle sépare encore
les Alpes en deux massifs…
Rendre la montagne
plus visible
Si la stratégie développée par la
suite ne va pas à l’encontre de la
montagne, celle-ci n’apparaît
plus en tant que telle et se
trouve couverte par des notions
telles que celle de « zone difficile
menacée de déprise ». Ce
qui par contraste constitue une
différence très inquiétante au
regard d’autres problématiques
ciblées, telles que l’agriculture
périurbaine ou la forêt.
Le ministère s’est engagé à intégrer
le contenu des contributions écrites, dont probablement
celle de l’ANEM, qui viendraient
enrichir le document
avant sa transmission à la
Commission. |
|
 |
|