| LES RESPONSABILITÉS DU MAIRE |
|
Dossier "Environnement"
Sommaire du PLM 156
FISCALITÉ ENVIRONNEMENTALE
La France
peut mieux faire |
|
 |
Le rapport d’Henri Prévost, conseiller référendaire à la
Cour des comptes, sur l’utilisation de la fiscalité environnementale en France, met en évidence des incohérences,
analyse le peu d’effet de certaines mesures et énonce quelques grandes recommandations. Il propose de nécessaires
améliorations, sans pour autant remettre totalement en cause la base de notre système fiscal.
La fiscalité n’est pas en France
l’outil privilégié par les pouvoirs
publics pour protéger l’environnement.
Pourtant, ni les accords
internationaux ni le droit international
ne freinent son utilisation. À la lumière d’une étude approfondie
de près de cinquante de
nos taxes ou redevances, mais
aussi d’un tour d’horizon de la fiscalité
environnementale chez nos
voisins européens, le Conseil des
impôts souligne plusieurs pistes
d’évolution possibles.
Concernant la taxe intérieure sur
les produits pétroliers (TIPP), il
préconise de rapprocher progressivement
le niveau des taxes
sur le gazole et l’essence, pour
arriver à terme à un taux unique.
Sont également pointés du doigt
les régimes d’exonération totale
ou partielle de la TIPP, incohérents
en matière de politique
environnementale.
Une efficacité perfectible
Quant à la fiscalité spécifique
supportée par le trafic routier, il
serait souhaitable de moduler par
exemple la taxe d’immatriculation
ou la taxe à l’essieu des poids
lourds, en fonction du degré de
pollution du véhicule. Des mesures
complémentaires, tirées des
expériences menées en Europe
(redevance sur la circulation des
camions, péages urbains), pourraient être envisagées.
Dans un tout autre domaine,
l’efficacité environnementale
des taxes et redevances pour
service rendu (eau potable,
enlèvement des ordures ménagères)
pourrait être accrue par
une meilleure cohérence des
différents régimes et une
meilleure prise en compte de
l’activité des redevables.
De même, si le principe de la
taxe générale sur les activités
polluantes (TGAP) paraît fondé,
les modalités de mise en oeuvre
peuvent être améliorées. Non
seulement les assiettes des différentes
taxes sont souvent définies
de façon complexe, mais
leurs taux n’ont pas été fixés en
fonction des dommages causés
à l’environnement.
Pas de grande réforme
envisagée
Enfin, exception faite du crédit
d’impôt concernant les dépenses
d’économie d’énergie sur
l’habitation principale, la plupart
des mesures dérogatoires
ne sont pas utilisées. Il serait
nécessaire de mieux les contrôler,
de les évaluer, et de les
réexaminer périodiquement.
Bref, le Conseil des impôts n’envisage
pas une profonde transformation
de notre système fiscal
sous l’angle environnemental.
En revanche, il affirme la
nécessité de certains aménagements.
Globalement, il conviendrait
de renforcer le principe « pollueur-payeur » et d’être plus
vigilant dans la fixation du
niveau des taxes à celui des
dommages causés. |
Prédateurs
Le Sénat recadre le statut
d’espèce protégée |
|
 |
À l’occasion
de l’examen du projet de loi d’orientation agricole, le Sénat a adopté un
dispositif qui vise à réduire les destructions de troupeaux par les loups, en
renforçant la régulation de ces prédateurs, dans le respect des engagements
internationaux et communautaires souscrits par la France.
Face à la recrudescence des
attaques de troupeaux, liée à
l’incontestable augmentation du
nombre de loups sur notre territoire,
la question des moyens
d’action à mettre en oeuvre pour
remédier aux dégâts causés
dans les élevages de montagne
ne peut plus être ignorée.
Partant du principe que protéger
les loups ne doit pas nous dispenser de protéger le pastoralisme,
les sénateurs viennent de
voter, à l’unanimité, une modification
de l’article L 411-2 du
code de l’environnement. Ils ont
introduit au niveau législatif un
mécanisme général de dérogation
au statut de protection des
espèces animales, respectant nos
engagements internationaux et
communautaires.
Soutenir
les projets viables
Jusqu’à présent, en effet, les articles
L 411-1 et L 411-2 du code
de l’environnement édictaient un
régime de protection absolue des
espèces protégées. Par ailleurs,
aucune disposition n’assurait la
transposition de l’article 9 de la
convention de Berne, repris par l’article 16 de la directive
Habitats, autorisant, dans des circonstances
précisément énumérées
et dans des conditions bien
définies, à déroger au principe de
protection stricte des espèces
protégées par ces textes.
Le Sénat demande maintenant
au gouvernement qu’il prenne
appui sur ce dispositif législatif
renforcé, mais aussi sur une
concertation locale avec l’ensemble
des parties prenantes,
pour améliorer les moyens de
lutte contre les loups, en autorisant
plus largement les tirs d’effarouchement.
Christian Estrosi : « Avant
d’être une question écologique
ou agricole, la présence du
loup est d’abord une question
d’aménagement du territoire. »
Pour Christian Estrosi, ministre délégué à l’Aménagement
du territoire, la présence du loup remet en cause le bon
développement de l’activité pastorale, vitale pour la montagne. Lors du XXIe
congrès de l’ANEM, il s’est clairement prononcé en faveur des éleveurs.
« Il me semble à la fois possible, vis-à-vis de la réglementation applicable à
cette espèce protégée, et nécessaire pour nos territoires, de prendre des mesures
permettant à l’activité d’élevage de se poursuivre dans des conditions satisfaisantes», a déclaré Christian Estrosi.
Dans cette optique, le ministre a notamment prêché pour :
● une augmentation du nombre des prélèvements de loups autorisés, afin de
stabiliser la population ;
● une modification des modalités d’autorisation des tirs de défense, de façon à
permettre aux éleveurs de se défendre réellement ;
● une meilleure indemnisation des animaux décimés. |
|
 |
|