« Le ministre
est redescendu
de la montagne
avec un code »
Aussitôt repris le cours de
nos activités législatives au
lendemain du congrès, certains
propos ministériels que
nous y avons entendus n’ont
pas tardé à se voir transformés
en réalités concrètes.
Pas tous, loin s’en faut (et en
particulier en matière de
finances locales), mais suffisamment pour qu’on puisse en
déduire que la voix des montagnards ne reste pas sans écoute. J’en veux pour preuve le projet de loi d’orientation
agricole, qui comprend grâce à la mobilisation de nos
sénateurs, un chapitre complet dévolu à l’agriculture de
montagne.
Au sein de ce chapitre, la mesure phare est sans conteste
celle que nous avons initiée à l’Assemblée nationale et qui
lance le chantier d’un code de la montagne. Bien entendu,
l’opération en tant que telle ne devrait en principe modifier
en rien le droit et la politique applicables aux territoires de
montagne, et d’aucuns s’empresseront sans doute d’y voir
un hochet.
C’est oublier un peu vite et mésestimer grandement la force
symbolique d’une telle opération juridique. En accordant
l’exclusivité d’un code à un secteur donné, on rend d’un
même coup plus visible la politique qui lui est consacrée. Et,
s’agissant de la montagne, un tel regain de visibilité tombe à
point nommé, tant à l’égard de Bruxelles qui persiste à ne
pas cerner, en dehors de l’agriculture, l’intérêt d’une action
spécifique aux réalités montagnardes, que de nos
concitoyens qui tendent à perdre de vue les raisons toujours
valides pour lesquelles la solidarité nationale
doit s’exercer à l’égard des populations de
montagne et des territoires qu’elles entretiennent
et font vivre pour le bonheur de tous.
François Brottes, député de l’Isère,
président de l’ANEM.