| Réalités et perspectives financières |
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Dossier "Finances locales"
Sommaire du PLM 155
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Le panorama de la situation financière
des communes de montagne présente,
aujourd’hui, certains aspects
positifs. Mais, par ailleurs, la réalité
des surcoûts engendrés par la situation
objective de la montagne, les
conséquences prévisibles de la
réforme de la dotation globale de
fonctionnement, ainsi que le retour
en arrière de l’Europe en matière de
politique de cohésion territoriale laissent
planer des ombres sur l’avenir
des collectivités concernées qu’il
conviendrait de gommer. Pierre
Gaultier, spécialiste des finances locales
au sein de la société d’expertise
Décision locale, a animé les débats
sur l’ensemble des problématiques.
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Surcoûts montagne
La dispersion de l’habitat et la géographie : facteurs aggravants |
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Notion intuitivement reconnue, les surcoûts,
effectifs en montagne du fait des particularités des territoires, méritent d’être valorisés.
Une étude italienne, financée
par le ministère de l’Économie
et des Finances, a mis en évidence
les surcoûts économiques
liés à la localisation montagne.
Sur les sept thèmes analysés,
quatre ont été abordés dans le
cadre du congrès : la collecte
des ordures ménagères, l’assainissement
collectif, les transports
publics locaux (avec une
attention particulière portée aux
transports à la demande), et la
distribution du gaz.
Des décalages
parlants
Après quelques précisions méthodologiques,
Vivien Charrey,
coordinateur de l’étude pour la
région Val-d’Aoste, a présenté
des chiffres clés. Par exemple, la
collecte des ordures ménagères
affiche, en montagne, des coûts
2,4 fois supérieurs à ceux de la
plaine. Un constat sur lequel a
immédiatement rebondi Olivier
Ducatez, directeur de l’agence
iséroise d’Onyx-Véolia Environnement. « La fermeture des routes
en hiver, l’accroissement des distances pour accéder aux centres
de traitement, augmentent
inexorablement les coûts d’approche
et impliquent des surcoûts
de transport du fait de
notre différence d’organisation»,
a-t-il expliqué.
En ce qui concerne l’assainissement
collectif des eaux, il
apparaît que des économies
d’échelle sont réalisables par les
stations les plus importantes, qui
desservent un grand nombre
d’usagers. « En Italie, il nous est
difficile d’exploiter ces économies
d’échelle », a commenté
Vivien Charrey.
Des médiations
techniques
Quant à la distribution du gaz,
la productivité diminue de 45%
lorsque l’on passe de territoires
denses à des territoires marqués
par une forte dispersion de l’habitat.
Enfin, en matière de
transports publics, la productivité
d’un circuit chute de 8,6% entre la plaine et la montagne.
Révélateurs de fortes contraintes économiques, ces chiffres ne
doivent toutefois pas engendrer
un sentiment de fatalité. Sur ce
point, les partenaires de l’ANEM
ont tenu à apporter commentaires
et solutions.
Selon Roger Pujol, ingénieur en
chef assainissement pour le
groupe Suez-Lyonnaise des
Eaux, « en matière d’assainissement,
il faut rechercher la
mutualisation des moyens,
regrouper les installations, opter
pour les systèmes les plus flexibles
et modulaires possibles, la
télésurveillance et l’automatisation ». « Mais il convient de trouver
des techniques alternatives
pérennes au problème de l’épandage
des boues et des sous-produits », a-t-il ajouté.
Pour sa part, Myriam Maestroni,
directeur général de Primagaz
France, a précisé que « dans la
lignée du service public, les prix
pratiqués par Primagaz sont totalement
homogènes sur l’ensemble
du territoire (les surcoûts
n’étant pas répercutés), tout en
insistant sur les nouvelles possibilités
de distribution en microréseaux ». |
DOTATION GLOBALE DE FONCTIONNEMENT
La réforme
n’est pas sans impact
sur les collectivités de montagne |
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Malgré les avancées
obtenues, qui ont permis de resserrer certains écarts, les élus de montagne ne baissent pas la garde. La dotation
forfaitaire, qui représente en moyenne environ 70 % des sommes qu’elles perçoivent, reste au coeur du débat.
Satisfaits, pour partie, de la prise
en compte des spécificités des
communes de montagne pour le
calcul des dotations, les élus de
montagne entendent consolider
ces acquis.
« Nous avons apprécié le resserrement
de la fourchette de la
dotation de base attribuée en
fonction du nombre d’habitants,
favorable aux petites communes,
nombreuses en montagne.
Davantage encore, la majoration
de deux euros de la dotation
proportionnelle à la surface des
communes de montagne, passée
de trois euros à cinq euros par
hectare, de même que le déplafonnement
de cette dotation, et
la majoration de la dotation de
solidarité rurale des bourgs centres
en zone de revitalisation
rurale », a résumé François
Brottes. Néanmoins, la vigilance
reste de rigueur. Car l’étude
menée sur la réforme de la DGF
en 2005 confirme un certain
nombre de craintes.
Des propositions
pour l’avenir
Tout d’abord, la notion de potentiel
financier déstabilise de façon
aberrante nombre de collectivités
de montagne. Beaucoup de
communes, qui étaient « pauvres » par rapport aux autres
communes de même importance
jusqu’en 2004, se retrouvent « riches » et écartées de l’éligibilité
aux dotations de solidarité ou
de péréquation. C’est ainsi que
l’effet mécanique de l’addition
des dotations forfaitaires au
potentiel fiscal dans le potentiel
financier a entraîné l’élimination
brutale de 1 800 communes du
bénéfice de la «dotation élu
local». Il faudrait donc limiter la
prise en compte des composantes
de la dotation forfaitaire à une
proportion limitée du potentiel
fiscal (25 % par exemple).
D’autre part, compte tenu du
poids important du mécanisme de
garantie et des modalités d’indexation
prévues par le législateur,
l’évolution des attributions
des communes de montagne dont
la dotation de garantie représente
près de la moitié de la dotation
forfaitaire, pourrait, dès 2006, être
inférieure à l’inflation. L’ANEM
propose que ces communes
reçoivent l’assurance d’une meilleure évolution de leur DGF.
Enfin, un juste retour financier
dans la DGF devrait compenser
la charge et le manque à gagner qu’induisent le plus souvent les « territoires à haute valeur environnementale », dont la montagne
est particulièrement bien
pourvue. Le dispositif inclus dans
le projet de loi relatif aux parcs
naturels nationaux pourrait être étendu à Natura 2000, aux réserves
intégrales, aux sites classés,
aux zones de biotopes. Une part
spécifique de la dotation de solidarité
rurale pourrait y être
consacrée… si le gouvernement
confirme l’ouverture annoncée
par Brice Hortefeux aux congressites,
dans le cadre de la discussion
du projet de loi de finances
pour 2006.
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BRICE HORTEFEUX,
ministre délégué aux collectivités locales :
« La situation fiscale
des collectivités locales
sera préservée au mieux » |
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Le ministre a déclaré qu’en 2006 la dotation globale de fonctionnement
(DGF) augmentera à elle seule de 2,73 %, soit
d’un peu plus de 1 milliard d’euros. Il a également affirmé
que la part proportionnelle à la superficie sera reconduite.
Par ailleurs, la dotation de développement rural sera utilisée
en partie pour créer un dispositif de maintien des services
publics en milieu rural : 20 millions d’euros, ouverts aux communes
et aux établissements de coopération intercommunale
(EPCI), aussi bien en investissements qu’en fonctionnement,
devraient accompagner les initiatives. La dotation de
fonctionnement minimale (DFM) est élargie depuis 2004 à
quarante départements supplémentaires. Les départements
de montagne éligibles conserveront leurs droits.
Au sujet de la réforme de la taxe foncière sur le non-bâti
(TFNB), le ministre a reconnu le risque de voir les finances
locales déséquilibrées, et évoqué la nécessité d’une « réforme modulée ». Ainsi, le dégrèvement de 20 % prévu
devrait être compensé.
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QUESTIONS D’ACTUALITÉ À BERNADETTE BOURZAI « Il est actuellement
impossible
d’annoncer de quelle part
les massifs pourront disposer » |
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C’est en tant que
députée européenne, que Bernadette Bourzai, maire d’Egletons (Corrèze), s’est exprimée sur la
réforme des aides régionales et des fonds structurels. Elle a témoigné de ses inquiétudes en la
matière pour le développement des territoires de montagne.
PLM : A l’heure de la réforme des
fonds structurels pour 2007-2013,
comment la montagne est-elle
prise en compte par l’Union européenne,
notamment au niveau des
aides régionales ?
Bernadette Bourzai : Une forte
incertitude pèse sur les perspectives
budgétaires. Le Conseil de juin, sous
la présidence luxembourgeoise, n’a
pas réussi à se mettre d’accord. Nous
attendons pour novembre la présentation
d’un nouveau cadre de négociation
par la présidence britannique.
Mais il paraît peu probable que la
situation s’éclaircisse avant la présidence
autrichienne, au printemps.
Il est donc actuellement impossible
d’annoncer de quelle part les massifs
pourront disposer en matière de
fonds structurels, voire de fonds
nationaux et de fonds régionaux.
PLM : Cette incertitude sur le
calendrier se double d’interrogations
sur les montants. Quelles
sont les enveloppes en jeu ?
B.B. : La proposition initiale de la
Commission, en juin 2004, consacrait,
pour les perspectives 2007-2013, 1,14 % du revenu national
brut au budget de l’Union. Sur ces
1,14 %, 0,41 % était dédiés à la
politique de cohésion territoriale.
Il était prévu une répartition de ces
0,41 % à hauteur de 78 % pour
l’objectif Convergence (en direction
des nouveaux pays entrants), de
17 % pour l’objectif Compétitivité
régionale et emploi, et de 5 % pour
les coopérations transfrontalières et
transnationales.
Dans un second temps, le Conseil a
proposé une minoration à 1,07%
des 1,14% de départ. D’où une
baisse de marge de manoeuvre,
pour une majoration potentielle
envers les territoires à handicap
naturel. Dans ce schéma, 0,37%
(soit 300 milliards d’euros), et non
plus 0,41 % (335 milliards d’euros),
revenaient néanmoins à la politique
de développement régional. Les clés
de répartition avaient également
changé : 82 % pour la Convergence,
15% pour la Compétitivité régionale
et 3 % pour les coopérations
transfrontalières et transnationales.
PLM : Quelles remarques cette
situation suscite-t-elle au maire de
montagne que vous êtes ?
B.B. : Je suis inquiète. On pouvait
espérer que les propositions du
Luxembourg permettraient d’affecter
une somme malgré tout conséquente à la politique régionale. Si nous
n’aboutissons pas à un accord d’ici
fin 2005, et si le blocage persiste au
printemps, nous nous acheminerons
vers une situation désastreuse.
En effet, il n’y aura pas de programmations pluriannuelles possibles
pour les politiques de développement
régional. Il y a déjà des
retards effectifs dans la mise en
place des programmes opérationnels.
Ce serait vraiment dommageable
que nous ne puissions pas
bénéficier de fonds structurels. |
BÉATRICE BERNAUD-PAU,
directrice des relations
institutionnelles
de Dexia-Crédit Local de France
État des lieux des dépenses communales |
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● En 1990, les dépenses de fonctionnement des communes
représentaient 69 % de leur budget global ; celles d’investissement,
hors dettes, 31 %. Aujourd’hui, ces postes atteignent
respectivement 72 % et 28 %.
● Sur la même période, les dépenses de fonctionnement ont
enregistré une hausse de 3,2 %, et les recettes de fonctionnement
une hausse de 3,4 %. A noter : les dépenses de fonctionnement
des communes de montagne non
touristiques sont clairement supérieures à celles
des autres communes.
● Financement des investissements : l’endettement,
important dans les années 90, tend à se stabiliser
depuis 1996.
Source : DEXIA - Crédit local de France |
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