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Dossier "Services au public"
Sommaire du PLM 155
SPÉCIFICITÉ
MONTAGNE
Réguler
économiquement
l’activité
des services
au public |
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Dans une logique de résistance à la
désertification, l’ANEM s’élève contre
le processus d’injustice sociale que
constitue le cercle vicieux qui fait s’enchaîner
diminution de population,
réduction de rentabilité des activités
de services, accroissement des difficultés
de la vie sociale et accélération
des départs de population. Il devient
vital, pour les collectivités de montagne,
que le phénomène soit enrayé
dans ses mécanismes mêmes et que
soient créées les conditions d’une
véritable régulation économique.
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L’accès aux services publics
Une carte idéale
des services publics |
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La poste, les services à la personne, aux personnes âgées, à la petite enfance, mais aussi le transport ou encore la santé : tout le monde est concerné par les
services publics. Plus que jamais, et malgré la suspension des fermetures de services décidée par le Premier ministre
en mars dernier, les élus locaux restent préoccupés, attentifs aux évolutions en cours.
« Si un service de l’Etat décide
d’enlever un seul pion, il s’ensuit
une cascade de fermetures : un
processus devenu inacceptable.
Les schémas nationaux tuent la
ruralité et la montagne. Chaque
territoire ayant sa spécificité, les
choix doivent être concertés.
Qui, plus que le maire, est organisateur
de services publics sur le
territoire de sa commune ? », a
déclaré d’entrée de jeu Christian
Estrosi, ministre délégué à
l’Aménagement du territoire.
Officiellement, c’est donc dans la
concertation que la modernisation
des services publics pourrait
voir le jour, afin de répondre à la
grogne des élus qui, il y a un an,
a amené le Premier ministre à
créer une Conférence nationale
des services publics en milieu
rural. Cette instance de concertation
et de proposition, mise en
place le 17 février 2005, a été
missionnée pour reformuler la
problématique des services
publics à la lumière des nouveaux
besoins qui s’expriment.
Elle est chargée de promouvoir
de nouvelles réponses, tenant
compte, par exemple, de formes
d’organisation innovantes, de
l’implication de nouveaux
acteurs ou du recours aux technologies
de l’information et de la
communication. L’Etat a par
ailleurs confié l’ingénierie d’expériences
pilotes en matière de
services publics à l’Union des
PIMMS (Points information
médiation multiservices), présidée
par Jean Cam.
Un cadre souple adapté
à la diversité des mondes ruraux
« Il est dorénavant impossible de
se contenter de grandes déclarations,
de grands schémas. Bureau
postal de plein exercice, bureau
communal ou relais chez le commerçant
: nous devons veiller à
“faire du cousu main” sur les territoires », a affirmé Paul Durieu,
président de la Conférence nationale
des services publics en
milieu rural, maire de Camaret-sur-Aygues (Vaucluse), président
de l’Association des maires du
Vaucluse.
Reste que pour faire reconnaître
leur spécificité montagne au sein
de la ruralité, les élus ont dû
batailler dur. Au départ, le combat était loin d’être gagné.
Aujourd’hui, il semblerait néanmoins
que l’audition pleine d’incompréhension
des problèmes
des montagnards ne soit plus
qu’un mauvais souvenir. A la
lumière des auditions, des propositions
des uns et des autres (dont celle de l’ANEM), et des
premières expérimentations
menées dans quatre départements,
se sont dessinées les
lignes directrices.
La qualité du service public
n’est pas une notion abstraite
« Il convient d’englober toutes
les attentes en matière de services
publics et de services au
public, d’écarter les approches
uniquement sectorielles, réseau
par réseau, au profit d’une stratégie
fondée sur la concertation, la
polyvalence et la mutualisation », a constaté Paul Durieu.
Ainsi, l’idée d’un statut revalorisé
de fonctionnaire polyvalent,
basé sur l’addition des services
départementaux, de l’Etat, et
communaux, fait son chemin.
L’approche territoriale pourrait,
pour sa part, s’appuyer sur l’intercommunalité
ou les pays.
Enfin, en ce qui concerne le
problème du financement, on
s’acheminerait vers la création
d’une dotation ou d’un fonds
spécifique, lisible et pérenne,
permettant de garantir aux partenaires
engagés un soutien de
l’Etat sur la durée du service.
Cet outil constitue une réponse à la demande que formulait
Joël Giraud, député-maire des
Hautes-Alpes : «Dans les futures
conventions interrégionales de
massif (CIMA), les services à la
population doivent constituer
une priorité, avec des actions
menées tant en termes d’investissement
que de fonctionnement.
Nous voudrions que le partenariat
entre l’Etat et la région y soit
assis sur des bases financières
solides, pour assurer la pérennité
des services.» |
AVENIR
Les élus de montagne
au coeur du débat |
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La poste et l’école chez
soi, les services à la personne (santé) au niveau de la communauté de communes,
du pays ou du canton : la contribution de l’ANEM fait valoir la spécificité
des besoins des collectivités de montagne.
De quoi les populations des collectivités
de montagne ont-elles
besoin ? Quels services sont les
plus fondamentaux ? A combien
de temps et à quel niveau de
maillage territorial ? Afin de
contribuer au débat en cours,
notre association a lancé, au
printemps dernier, une enquête
auprès des élus de son comité
directeur. Les questions posées
ont permis de définir les spécificités
des besoins en matière de
services publics sur les territoires de montagne. Les réponses sont
on ne peut plus claires. Elles ont
permis d’élaborer un schéma de
l’offre minimale des services
publics pour la montagne.
L’école et la poste sont plébiscitées
comme les deux services
publics de base indispensables.
Les services de santé (médecins
généralistes et pharmacies avant
tout) sont également perçus
comme devant assurer une très
forte proximité. Quant aux commerces
de distribution, ils sont,
eux aussi, explicitement reconnus
comme contribuant à l’offre
globale de services au public.
Enfin, la concertation locale doit être renforcée.
Forte de ces résultats, l’association
a soumis plusieurs propositions à la Conférence nationale
des services publics en milieu
rural. Elles portent notamment
sur l’ancrage territorial des services
publics, sur leur modalité de
fonctionnement et de financement,
sur les méthodes de
concertation à mettre en oeuvre. |
PRISE DE POSITION « En montagne, la distance
ne compte pas,
c’est le temps de parcours
qu’il faut décompter » |
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Face à Paul Durieu, président de la Conférence nationale
des services publics en milieu rural, le président de l’ANEM, François Brottes, s’est fait, encore une fois, le
porte-parole des élus de montagne.
« Le maintien des services à la
population constitue un élément
essentiel de la politique de la
montagne. Ici, la notion de service
doit être entendue au sens
large, conformément à la liste
des activités déclarées d’intérêt
général par la loi DTR : L’existence
en zone de montagne d’un équipement commercial, d’un
artisanat et d’une assistance
médicale répondant aux besoins
courants des populations et
contribuant au maintien de la vie
locale est d’intérêt général.
Il faut envisager une réorganisation
de l’ensemble de l’administration
publique sur le territoire
national, adaptée aussi bien aux
zones peu denses qu’au reste du
pays. Il faut mettre un terme à la
logique administrative et comptable,
dépasser l’appréciation
exclusivement fondée sur la rentabilité.
S’agissant de la proximité du service
public par rapport aux usagers,
il est primordial de mettre
un terme au critère du nombre
d’habitants desservis, pour le
remplacer par un critère combiné
habitants et territoires desservis.
Impliquer le FNADT (1) autrement
Une contribution durable de
l’Etat au financement des maisons
de services publics, actuellement
pris en charge par les collectivités,
est parfaitement légitime. Il
nous semble urgent, pour ce faire,
de constituer un fonds de péréquation
et de compensation des
services aux populations.
Nous proposons que les aides du
FNADT soient mobilisées au
titre des “conventions interrégionales
de massif”, pour les frais de
fonctionnement des activités
d’intérêt général, y compris lorsqu’elles
sont assumées par des
opérateurs privés. L’organisation
en “réseau” des maisons de services
publics, à l’échelon des
massifs, pourrait améliorer
encore leur prise en charge et
leur efficacité. »
1) Fonds national pour l’aménagement
et le développement du territoire |
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Désireux de marquer leur intérêt pour l’ANEM,
trois ministres ont effectué le déplacement
jusqu’à Piedicroce.
Dominique Bussereau,
ministre de l’Agriculture
et de la Pêche « Soutenir l’agriculture
en montagne
par la compensation
des handicaps naturels
et des mesures agroenvironnementales »
« Nous avons
adopté, dans le
cadre de la loi
d’orientation agricole,
le principe
d’un code de la
montagne : un vrai
texte montagne
opposable, qui
devrait bénéficier d’un titre complet. »
« Nous nous acheminons vers le cumul
de la dénomination AOC et de la dénomination
montagne. »
« Le ministère de l’Agriculture a une
vraie politique montagne, mais la politique
forêt de montagne est insuffisante. »
« Le programme d’aménagement des
sites pastoraux sera poursuivi. Les critères
d’éligibilité des actions de l’Etat
seront définis en toute concertation.
Enfin, pour sécuriser l’exploitation en
collectif, nous allons proposer de nouveaux
statuts relatifs aux groupements
pastoraux. » A noter : la commission
nationale du pastoralisme n’a pas été
évoquée.
« Cinq ours seront réintroduits au printemps.
Je vais travailler avec le comité
de massif pour mettre en oeuvre des crédits
spécifiques, faire en sorte d’écouter
le bon sens. » |
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