| LES RESPONSABILITÉS DU MAIRE |
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Sommaire du PLM 155
Dossier "Prevention"
RESPONSABILITÉS
DU MAIRE
Intention du
législateur
et interprétation
du juge |
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Avec en filigrane le jugement rendu
sur l’affaire du tunnel du Mont-Blanc,
l’atelier consacré à la responsabilité
des maires s’est ouvert sur la présentation
de l’étude réalisée par Eric Landot,
avocat, commanditée par l’ANEM, sur
l’application de la loi du 10 juillet 2000
relative à la définition des délits non
intentionnels, et les commentaires de
son initiateur, le sénateur Pierre
Fauchon. Christian Gaillard de
Lavernée, préfet, directeur de la
Défense et de la sécurité civiles, Michel
Poupart, responsable du pôle sûreté de
la Mission production d’EDF et Christian
Chatry, délégué national du Service de
restauration des terrains en montagne
(RTM), ont ensuite apporté leur témoignage
sur le rôle des maires et les
moyens dont ils disposent, face à la
montée en puissance de la demande
de sécurité du citoyen.
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ENTRETIEN AVEC PIERRE FAUCHON
« Il fut un temps
où des poussières insaisissables
de faute mettaient un maire en cause » |
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Sénateur du Loir-et-Cher, Pierre Fauchon a été rapporteur de la proposition de loi tendant à
préciser la définition des délits non intentionnels.
PLM : Quelle est l’origine de la
loi du 10 juillet 2000, dite loi
Fauchon ?
Pierre Fauchon : L’idée consistait à mettre fin à la confusion qui
durait depuis un siècle entre
faute civile et faute pénale. A la
moindre faute civile, la responsabilité
pénale se trouvait automatiquement
engagée. C’était
injuste : normalement, il n’y a
pas de faute pénale sans volonté
de délit. Il fallait éclaircir la situation.
Nous avons abouti au principe
de « faute caractérisée ».
PLM : Que pensez-vous des
interprétations que ce texte a
suscitées ?
P. F. : Une fausse interprétation
a couru, affirmant qu’il s’agissait
de protéger les décideurs
publics au détriment des exécutants
de base. Or cette loi n’est
en aucun cas une garantie d’impunité
des élus locaux : elle
s’applique à toutes les personnes
physiques.
L’affaire de l’incendie du tunnel
du Mont-Blanc met d’ailleurs fin à une telle critique, non fondée.
En revanche,
elle lève le
voile sur un
vrai problème.
En effet, certaines communes
accueillent des installations
ou des infrastructures nationales,
voire internationales, qui échappent au pouvoir de police
du maire. Néanmoins, celui-ci
reste responsable.
PLM : Quelle solution préconiseriez-vous ?
P. F. : Il conviendrait que les
juges tiennent plus compte des moyens réels dont le maire
dispose, de ses compétences
réelles. Un maire qui n’a pas les
moyens d’exercer sa responsabilité
ne devrait pas être mis en
question sur le plan pénal.
Rappelons, qu’en la matière, la
loi du 13 mai 1996 exige clairement
que l’on tienne compte
des moyens.
Le législateur a écrit : « Il y a également délit, en cas de faute
d’imprudence, de négligence ou
de manquement à une obligation
de prudence ou de sécurité
prévue par la loi ou le règlement,
s’il est établi que l’auteur
des faits n’a pas accompli les
diligences normales, compte
tenu, le cas échéant, de la
nature de ses missions ou de ses
fonctions, de ses compétences,
ainsi que du pouvoir et des
moyens dont il disposait. »
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L’avalanche de Montroc soulève aujourd’hui plusieurs questions. Faut-il augmenter
les zonages ? Et jusqu’où ces zonages sont-ils fiables ? Selon Christian Chatry,
délégué national du Service de restauration des terrains en montagne (RTM), « les réponses passent par le concept d’avalanche maximale théorique ».
« Il est nécessaire de prévoir des aléas en conditions exceptionnelles, puis d’organiser
un porter à connaissance des maires sur le sujet », a-t-il expliqué. D’où
la récente hypothèse de zones jaunes, permettant de séparer clairement les problématiques
d’urbanisme et de protection des populations.
Le sujet, sensible, a été abordé plusieurs fois tout au long des débats. Au cours
de son intervention, Christian Estrosi, ministre délégué à l’Aménagement du territoire,
a annoncé son « intention de travailler en concertation avec le Conseil
national de la sécurité civile et le Conseil national de la montagne, et de faire
coopérer les deux structures sur la problématique des zones jaunes ». Il a par
ailleurs promis d’organiser, avec l’ANEM, une réunion thématique sur les secours
en montagne, pour confirmer le dispositif actuel au-delà du 1er janvier 2008. |
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● La loi du 3 mai 1996 relative aux services d’incendie et de secours (SDIS)
donne clairement aux assemblées départementales la responsabilité de l’adéquation
entre les moyens et les responsabilités.
● La direction des opérations de secours (DOS) revient au maire lorsque l’événement
ne concerne que le territoire communal, au préfet si plusieurs communes
sont en cause. Le décret du 13 septembre dernier, relatif au dispositif ORSEC,
précise : « Lorsque le préfet de département décide de prendre la direction des
opérations de secours, il en informe les maires et les intéressés. »
● La loi du 13 août 2004 de modernisation de la Sécurité civile sépare les
notions de secours et d’assistance. Les SDIS financent les secours et les communes
l’assistance, au sens de soutien à la population.
● La loi Fauchon du 10 juillet 2000 concerne les infractions de négligence ou
d’imprudence. Elle distingue plusieurs cas.
1 - Le comportement du prévenu a causé directement le dommage : la simple
imprudence, négligence, maladresse suffit alors à constituer le délit.
2 - La personne poursuivie a seulement créé ou contribué à créer la situation, ou
n’a pas pris les mesures permettant de l’éviter. Cette personne sera alors
condamnée :
- soit si elle a violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière
de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement ;
- soit si elle a commis une faute caractérisée qui exposait autrui à un risque
d’une particulière gravité et qu’elle ne pouvait ignorer. |
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Désireux de marquer leur intérêt pour l’ANEM,
trois ministres ont effectué le déplacement
jusqu’à Piedicroce.
Brice Hortefeux,
ministre délégué
aux Collectivités locales « Travaillons ensemble
dans
un rapport
de
confiance »
« Le problème des
1800 communes
privées de la dotation élu local du fait de la nouvelle DGF
devrait être résolu d’ici peu, à la suite de
la mission confiée à MM. Michel
Charrasse et Jean-Pierre Fourcade. »
« Pour vos communes de montagne, la
part proportionnelle à la superficie de
cinq euros par hectare obtenue l’an
passé sera, naturellement, reconduite en
2006, et je suis ouvert à ce que nous
réfléchissions ensemble à la définition
d’un critère environnemental qui viendrait
compenser les efforts déployés par
vos communes pour préserver des espaces
naturels. »
« Un vent mauvais souffle sur l’intercommunalité
: périmètre inapproprié,
effet d’aubaine, personnel en surnombre.
Il convient d’apporter les corrections
nécessaires afin de faire de l’intercommunalité
l’un des éléments structurants
du territoire de demain. »
« L’avenir du service public passe ni par
une lente disparition ni par un maintien
artificiel. En la matière, la contribution de
l’ANEM à la réflexion générale s’avère
constructive. Vous proposez des idées
innovantes (mesurer la proximité en
temps et non plus en distance, ou adopter
le concept “habitants et territoires
desservis ” à la place du seul critère
démographique). »
« Je préconise d’appliquer deux principes
fondamentaux, dans le cadre d’une
concertation locale : la réciprocité (par
exemple, baser les décisions d’ouverture
ou de fermeture de classes sur les mêmes
seuils) et l’ouverture à la polyvalence.»
« Pour que les mairies reprennent à leur
compte ce défi de l’avenir des services
publics, je propose à un certain nombre
d’entre elles de devenir des sites pilotes.
Que celles qui veulent bien tenter cette
expérimentation me le fassent savoir. » |
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