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Sommaire du PLM 155
Les élus de la montagne en Corse
Défendre et faire reconnaître la spécificité de la montagne |
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Envers et contre tout,
la mobilisation fut totale, là-haut, à Piedicroce, pour un congrès fort en couleurs
et en sonorités, sur fond d’annonces ministérielles.
C’est à Piedicroce, au coeur de la
Castagniccia, en Haute-Corse,
que s’est déroulé, les 20 et 21
octobre dernier, le XXIe congrès
de l’ANEM. Il fallait oser ce pari
un peu fou qu’une actualité mouvementée
a, le temps de quelques
semaines, transformé en défi.
Mais, comme l’a affirmé avec
force le président de l’ANEM,
François Brottes, « ni la neige, ni
la sinuosité ou l’étroitesse des
routes, ni la mer, ni la brume…
ne freinent la solidarité, la générosité
et l’esprit d’ouverture et
d’accueil des montagnards ».
Paul Césarini
et sa compagnie du possible
A l’image de nombreux villages
de montagne, Piedicroce s’offre
au détour d’une série de lacets.
Ainsi, l’oeil perçoit tout d’abord
les lignes de son architecture.
Pour autant, Piedicroce n’est pas
un décor de théâtre, un espace
vide à 650 mètres d’altitude.
Malgré le nombre modeste d’habitants
(une centaine l’hiver
contre cinq cents résidents environ
l’été), le maire, Paul Césarini,
prouve que « la politique d’aménagement
du territoire ne doit
pas être une politique du déménagement ». Parce qu’il croit au
développement par l’intermédiaire
de l’emploi, il a créé une
maison des services publics. Une
maison des entreprises a également
vu le jour. Enfin, l’ADSL est
disponible depuis 2004.
« A travers tous les aléas que
rencontre la Corse, même en
zone rurale et sans beaucoup de
structures, on peut réaliser des
choses. La Corse, ce n’est pas
seulement ce que les médias
veulent en faire. Il y a des gens
ici qui travaillent et qui peinent.
Le travail permet d’inverser la
tendance, de redonner vie aux
villages », explique avec conviction
Paul Césarini.
Authenticité et modernité
pour un congrès symbole
Aujourd’hui, Piedicroce démontre,
toute son énergie vitale à
l’appui, que la montagne sait
dépasser ses handicaps pour se
prendre en main et maîtriser son
destin. Et, comme en écho, cette
mobilisation en rappelle une
autre : celle de Pascal Paoli qui,
il y a plus de deux siècles, élaborait
au coeur de ces mêmes
paysages, avec l’aide de Jean-Jacques Rousseau, la première
Constitution moderne.
Il n’était donc meilleur endroit
que Piedicroce pour annoncer
que, dans le cadre de la discussion
relative à la loi d’orientation
agricole, le principe de la création
d’un code de la montagne
venait d’être adopté à l’Assemblée,
sous réserve de confirmation
par le Sénat.
« Un code de la montagne, c’est
la possibilité pour nos territoires
de disposer d’un meilleur socle
de référence de la reconnaissance
de nos spécificités, dans
une période où cette reconnaissance
est menacée », a déclaré
François Brottes. |
POLITIQUES RÉGIONALES
Un tournant
stratégique pour les comités
de massif |
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L’ANEM entend porter la responsabilité du renforcement
des massifs. Se donnant les moyens de parvenir à leurs fins –
une meilleure contractualisation avec les régions – les élus de montagne
ont opté pour une nouvelle stratégie.
La loi a le mérite d’avoir rendu
obligatoire les schémas de massif.
Néanmoins, selon François
Maïtia, président de la commission
permanente du massif des
Pyrénées, vice-président du
conseil régional d’Aquitaine, « dans de très nombreuses
régions, on vit encore la politique
de la montagne comme
une coquetterie
territoriale et non
comme une vraie
politique ».
Une réalité pointée
du doigt par
l’ensemble des participants à la
réunion des représentants régionaux,
organisée le jeudi 20 octobre
au matin, dans le cadre de
ce XXIe congrès. « La relation
institutionnelle est organisée,
mais elle ne fonctionne pas.
Nous devons passer à la vitesse
supérieure, renforcer les liens
entre les massifs et les régions. En dehors d’une organisation
musclée des massifs, il n’y a
point de salut pour la montagne », a noté François Brottes.
Compte à rebours
Il apparaît aujourd’hui urgent
d’inverser la tendance, c’est-àdire
de favoriser l’implication
des conseils régionaux, très
inégalement investis dans le dossier
montagne. Car l’année 2006
sera marquée par la préparation
des conventions interrégionales
de massif pour 2007-2013.
Compte tenu de cet échéancier et
de ses enjeux, il a été décidé de
mobiliser les régions au sein des
massifs sur les nouvelles conventions
interrégionales. L’ANEM
envisage donc un protocole avec
l’Assemblée des régions de
France (ARF), pour organiser l’an
prochain six réunions de massif.
A titre exceptionnel, ces réunions
remplaceront les traditionnelles
réunions départementales. Par
ailleurs, toujours dans l’optique
de renforcer les massifs, chaque
comité directeur, qui se déroule à
Paris, généralement le matin, sera
suivi l’après-midi par une réunion
des représentants des massifs,
membres du comité directeur. |
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Désireux de marquer leur intérêt pour l’ANEM,
trois ministres ont effectué le déplacement
jusqu’à Piedicroce.
Christian Estrosi,
ministre délégué à l’Aménagement
du territoire « La montagne
n’est pas
une
subdivision
de la
ruralité » « Je m’engage à convoquer le Conseil
national de la montagne avant la fin de
l’année, début janvier au plus tard. Je
veillerai à ce qu’il se réunisse très régulièrement
et qu’il se prononce sur tous
les textes réglementaires concernant la
montagne. »
« La loi sur l’habitat intégrera un volet
montagne, donnant notamment la possibilité
aux élus de maîtriser l’évolution
du foncier sur leur territoire. »
« J’envisage, dans le cadre du débat sur
le service public en montagne, la signature
d’une charte nationale entre
l’Assemblée des régions, les maires et
l’Assemblée des départements.»
« Je m’engage à ce qu’en 2007, la
France soit le premier pays de l’Union
en matière du tout-numérique. Au programme
: la couverture du territoire à
100% pour la téléphonie mobile, à
86 % pour le haut débit, et le développement
accéléré de la TNT. »
« Le projet Lyon-Turin n’est pas remis
en cause, le décret de DUP étant prévu
en 2007. Le développement d’autoroutes
maritimes est également programmé.
Les produits des privatisations
serviront en partie à ces investissements. »
« En tant qu’élu de la montagne, je ne
reviens pas sur mes engagements pris
sur la question du loup et des prédateurs.
J’ai l’intention d’oeuvrer pour :
- des retraits plus nombreux, permettant
de stabiliser la population;
- une modification des modalités d’autorisation
de tirs de défense ;
- une indemnisation plus large.» |
| Accorder
à la montagne ce qui lui revient |
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« Nous ne demandons pas l’aumône,
mais de la cohérence et de la constance
dans les réponses qui nous sont
apportées. Nous voulons une attitude
en faveur de la montagne à la hauteur
de ce que le législateur a écrit
cette année en « lettres d’or » dans la
loi : « la République française reconnaît
la montagne comme un ensemble
de territoires dont le développement équitable et durable
constitue un objectif d’intérêt
national… »
François Brottes,
député de l’Isère,
président de l’ANEM. |
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