DOSSIER :
Services publics ruraux :
la contribution de la montagne. |
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Dossier "Services au public"
Sommaire du PLM 154
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Depuis les manifestations de
Guéret, dans la Creuse, et malgré la
suspension des fermetures de
services publics instituée par la
circulaire du Premier ministre en
mars dernier, la présence des
services publics et au public
demeure une préoccupation
majeure des élus locaux. Les élus de
la montagne n’y font pas exception
et ils ont mobilisé leurs énergies
pour fournir à la conférence
nationale sur les services publics en
milieu rural une contribution faisant
valoir la spécificité de leurs besoins
et proposant les moyens d’y
répondre. Le présent dossier rend
compte à la fois de ces propositions
qui visualisent, entre autres, le
contenu d’une offre minimale de
service public adaptée à la réalité
des territoires de montagne, et des
résultats de l’enquête sur laquelle
elles sont étayées.
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Conférence nationale
Les propositions des élus
de la montagne |
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La contribution des élus de la montagne aux travaux de la conférence,
reprise du contenu de l’audition de l’ANEM le 25 mai
2005, s’organise autour de trois axes de propositions portant
respectivement sur l’ancrage territorial des services publics, sur
leurs modalités de fonctionnement et de financement ensuite, et
enfin sur les méthodes de consultation à mettre en oeuvre.
Les élus de montagne préconisent
d’accorder une autorité
intangible à un certain nombre
de principes. En premier lieu, il
conviendrait de remplacer le critère
du « nombre d’habitants desservis » par un critère combiné
« habitants et territoires desservis ». Ainsi, un « coefficient d’enclavement » pourrait s’appliquer
en dessous d’un certain seuil de
densité de population afin de surévaluer
le nombre d’usagers.
Par ailleurs, il leur paraît fondamental que l’accès au service
public s’apprécie au regard de la
totalité des prestations. Il semble
par exemple erroné de considérer
l’accessibilité de la
poste par rapport aux
points contacts qui ne
sont pas tous des
bureaux de plein exercice.
Une double approche
territoriale
En montagne, le niveau
pertinent de planification
et de concertation
pour l’organisation territoriale
des services
publics devrait être à la
fois le département et
le massif. Par contre,
pour l’échelle appropriée
pour assurer l’offre,
les élus de la montagne
plébiscitent l’intercommunalité
ou le
pays, rappelant que les
conventions de massifs
devraient mettre à disposition un supplément de
moyens adaptés contractualisés
avec les opérateurs nationaux.
Ils ont rappelé également que
l’engagement des populations
locales demeurait indispensable,
justifiant par exemple qu’on
interdise la scolarisation d’enfants
hors de la commune sans
l’accord préalable de la commune
de résidence.
Des critères d’analyses
distincts
Pour le financement, notre association
s’est montrée soucieuse
de sécurité juridique en insistant
pour que la durée des conventions
de service public (trois ans
minimum) soit respectée.
Elle préconise aussi plus de
flexibilité en matière de rentabilité.
En montagne, il conviendrait
de l’apprécier en tenant
compte notamment de l’apport
en lien social, des variations saisonnières
des besoins, et de l’accessibilité.
Celle-ci s’exprimerait
en temps et non plus en distance.
La polyvalence devrait se
développer en instituant de nouveaux profils de poste hautement
qualifiés tournés vers
l’orientation du public, et en
plaçant auprès des préfets des
chargés de missions « services
publics en montagne ».
Les élus de montagne suggèrent
aussi que l’Etat contribue pleinement à la mise en place des maisons
de services publics. Il pourrait
rémunérer la présence de
ses services dans ces structures,
et leur consacrer les économies
pratiquées en supprimant des
postes en milieu rural. Le fondsnational pour l’aménagement et
le développement du territoire
(FNADT) pourrait également
intervenir en faveur d’ « activités
d’intérêt général » ciblées par les
conventions de massif.
En matière de concertation
locale, les élus ont rappelé les
résultats de l’enquête menée
auprès de notre comité directeur
(voir encadré) plébiscitant l’information
mutuelle des différentes
commissions consultatives
sur la poste, l’école, les autres
services publics, et la reconnaissance
de la vocation généraliste
et d’encadrement par ses orientations
de la Commission départementale
d’organisation et de
modernisation des services
publics, présidée non plus par le
préfet mais par le délégué du
médiateur de la République.
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Enquête
Un sondage auprès
du comité directeur |
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Sur 132 questionnaires adressés à l’ensemble des membres de son comité
directeur, 57 réponses sont parvenues à l’association. Celles-ci provenaient
de façon plutôt égale de l’ensemble des massifs (23 du Massif central, 14
des Alpes, 8 du Jura, 7 des Pyrénées, 3 de Corse et 2 des Vosges). Leur
exploitation a confirmé plusieurs réalités connues et défendues au nom de
la montagne depuis longtemps, mais surtout, cette enquête a permis d’établir
le schéma spatialisé d’une offre minimale de service public appropriée
à la réalité montagnarde que l’on trouvera plus explicitement ci-après.
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| Entretien avec Paul Durieu |
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« En montagne, les mêmes problèmes
appellent des solutions distinctes. »
Paul Durieu, maire de Camaret-sur-Aigues (Vaucluse), et membre du bureau de l’Association des maires de
France, préside la Conférence nationale sur les services publics en milieu rural, installée par le Premier ministre
le 17 février 2005.
PLM : Quelle spécificité la
Conférence reconnaît-elle à la
montagne par rapport au reste
du monde rural ?
Paul Durieu : L’existence
même de la Conférence prouve
que l’ensemble des territoires
ruraux rencontre des difficultés
bien spécifiques pour conserver
ou créer les services publics, ou
au public, nécessaires à la vie
quotidienne des habitants et au
développement économique.
L’audition de l’ANEM, par la
Conférence, a toutefois mis en
lumière les contraintes particulières
des zones de montagne
imposées par le milieu naturel,
qui supposent une réflexion
adaptée et la recherche de
solutions matérielles innovantes.
PLM : Que proposez-vous pour
que l’Etat ou les opérateurs puissent
dépasser la recherche de
rentabilité à laquelle ils sont
contraints ?
P.D. : Les maires ruraux sont lassés
des réorganisations sectorielles
souvent brutales. Ils sont en droit
d’attendre une nouvelle méthode
et un soutien financier. La
Conférence devrait donc prôner
une approche globale des services
publics, un diagnostic, puis une
concertation à l’échelon départemental
sous l’égide du préfet,
coordonnateur et arbitre, et une
négociation de solutions au plus
près des réalités locales, au sein
d’une communauté ou d’un pays.
La recherche de regroupement,
de mutualisation ou de meilleure
accessibilité par le biais des technologies
de l’information et de la
communication doit également
permettre à de nombreux opérateurs,
publics comme privés,
d’assurer un service public de
qualité. Reste que l’Etat doit
accompagner ce mouvement et
jouer un rôle péréquateur, d’où la
nécessité d’un fonds spécifique, à
l’instar de ce qui a été mis en
place pour les zones urbaines.
PLM : Le changement de gouvernement
aura-t-il une influence
sur les suites qu’on peut
attendre de la Conférence?
P.D. : Sur un sujet aussi sensible
pour la population comme pour
les élus, je suis sûr de la continuité
de l’Etat. J’en veux pour
preuve les initiatives du ministre
de l’Intérieur et de l’Aménagement
du territoire qui a demandé
aux préfets d’établir un diagnostic
départemental des services
publics et qui rencontrera les
membres de la Conférence le
18 octobre. Enfin, le Premier
ministre devrait réunir la conférence
plénière, au mois de
novembre, pour permettre la validation
de nos propositions.
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Zones déficitaires
Une question de définition |
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Les travaux accomplis en matière de
zonage ont souligné l’importance de
ne retenir que des territoires démographiquement
cohérents et lisibles
pour les bénéficiaires des aides. De
fait, si ces découpages peuvent reposer
aussi bien sur une commune, un
canton ou un regroupement des
deux, le franchissement du seuil de
population inférieur à 1 500 habitants
doit être évité afin de garantir
aux cabinets un bassin de population
assurant la viabilité économique et
l’ambiance d’équipe ou de réseau importante pour les praticiens. A cet égard, il paraît évident de ne pas
oublier la population touristique qui,
en station de montagne, représente
annuellement 170 000 blessés pris
en charge suite à un accident intervenu
dans le cadre d’une pratique
sportive hivernale.
La loi relative à l’assurance maladie
laisse une grande latitude aux MRS dans la fixation des critères à réunir
pour déterminer une zone déficitaire. Mieux encore, ces critères peuvent être adaptés lorsque le territoire étudié
comporte des particularités dont
les MRS doivent tenir compte (vallées
ou zones de montagne enclavées,
par exemple).
De plus, les MRS doivent intégrer
des critères complémentaires tels
que le délai d’accès au médecin
généraliste, la configuration démographique
des territoires, notamment
la part des personnes âgées de
plus de 75 ans, et l’existence de fragilités
sociales. Dans ces critères, les
deux premiers intéressent particulièrement
la montagne. |
Services publics
Les contours attendus de l’offre
montagne |
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En questionnant les élus du
comité directeur sur leur vision
idéale de la proximité de
chaque type de service public,
notre enquête a permis de
visualiser avec une certaine
précision l’expression territoriale
des besoins des populations
montagnardes.
L’école et la poste sont plébiscitées
comme les deux services
publics de base indispensables
qui doivent assurer sur le territoire
la plus forte proximité avec
la population. Elles doivent par
conséquent être impérativement
présentes dans la commune et
joignables en moins d’un quart
d’heure.
De la même manière, les commerces
de distribution sont eux
aussi explicitement considérés
comme contribuant à l’offre globale
de services au public. Sont
concernés au premier chef les commerces d’alimentation générale
et les bureaux de tabac, qui peuvent par ailleurs facilement
servir de support à diverses autres
prestations de services tels que
ceux que l’on trouve dans les
points poste.
Un moindre intérêt
pour les transports
Les stations-service viennent
ensuite avec une exigence de
contact oscillant entre la commune
et l’intercommunalité, qui
confirme la prééminence de la
voiture et explique un moindre
intérêt pour les points de
desserte en transports collectifs.
Les services de santé
(médecins généralistes, en
premier lieu, et pharmacies,
ensuite) doivent également
assurer une assez
forte proximité avec l’exigence
d’une rapidité d’intervention,
autour du quart
d’heure pour la consultation
d’un médecin, et de la
demi-heure pour une
hospitalisation.
L’échelon cantonal est
quant à lui perçu comme le
niveau de suffisant pour ce qui
concerne les collèges et la gendarmerie.
Il est par ailleurs intéressant de
relever que l’éloignement
attendu des services de l’équipement
(important en montagne
en raison des besoins de déneigement)
est celle du canton
dans un contexte de départementalisation
croissante du
réseau routier.
Enfin, et paradoxalement, l’exigence de proximité au regard de
l’ensemble des services sociaux
se contente d’une accessibilité
en moins d’une heure. Cela est
d’autant plus étonnant que dans
la réalité ceux-ci assurent systématiquement
des permanences
dans la plupart des maisons de
services publics. |
| La maison
de services publics,
Un couteau
suisse? |
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D’abord expérimentales, puis
reconnues par la loi n°200-321 (JO
du 13 juillet 2000), les maisons de
services publics (MSP), dirigées par
un fonctionnaire d’Etat en cas de
groupement d’intérêt économique,
sont des structures de proximité,
établies par convention, qui hébergent
plusieurs services publics de
toutes natures et sont animées par
des fonctionnaires polyvalents. Les
MSP ont pour mission d’accueillir,
informer, orienter, voire accompagner
les usagers, et sont pour cela équipées de technologies d’information
et de communication.
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