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Inscrite en procédure d’urgence, la loi d’orientation agricole est
discutée par l’Assemblée nationale depuis la rentrée parlementaire d’octobre. Peu d’amendements visent la montagne,
mais quelques avancées peuvent néanmoins être escomptées.
L’agriculture de montagne est
pratiquement absente du projet
de loi d’orientation. De fait, ce
texte ne met pas en cause la
place que lui reconnaît la politique
agricole de la nation en
tant que secteur d’activité économique à part entière, contribuant à la production nationale,
et nécessitant néanmoins une
prise en compte et un appui à
ses spécificités au titre de la solidarité
nationale.
Par ailleurs, elle vient de faire
l’objet de multiples dispositions
spécifiques (portant principalement
sur le statut de l’exploitant
et les conditions d’exploitation)
dans le cadre de la loi relative
au développement des territoires
ruraux.
Néanmoins, divers amendements
impliquant la montagne
ont été déposés. Certains portent
en matière foncière sur les
modalités de préemption des
SAFER (sociétés d’aménagement
foncier et rural) afin de leur permettre,
mais uniquement en
zone de montagne, de préempter
des biens bâtis utilisables à
des fins de siège d’exploitation.
D’autres portent sur les conditions
d’utilisation de l’indication
de provenance « montagne »
(voir article ci-dessus).
Enfin, un des amendements portés
par les parlementaires de
montagne propose la constitution
d’un code de la montagne
qui rassemble les textes relatifs à
la politique de la montagne et à la gestion des milieux naturels
montagnards.
Un code
pour la montagne
Ceux-ci se rattachent pour beaucoup,
mais pas exclusivement,
loin s’en faut, à la loi du 9 janvier
1985 relative au développement
et à la protection de la montagne
et sont actuellement éparpillés
entre huit codes différents.
Les dispositions du titre montagne
de la loi relative au développement
des territoires ruraux
du 23 février 2005 n’ont fait
qu’alimenter cette dispersion,
qui peut, à terme, s’avérer préjudiciable à la montagne.
En effet, la politique de la montagne,
sur la base de la spécificité
que la loi reconnaît à ces
territoires, a souvent innové ou
procédé par expérimentation et
enregistré d’importants succès
dont le bénéfice a ensuite été
étendu à d’autres. C’est pourquoi
il existe à l’heure actuelle
un risque non négligeable que
la réalité et la légitimité de la
spécificité montagne s’estompent
pour ne plus être qu’une
sorte de ruralité parmi d’autres.
La création d’un code de la montagne
rétablirait donc une visibilité
de nature à soutenir le volontarisme
des pouvoirs publics en
faveur de la montagne. |