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L’association Population et Avenir a organisé à Paris, à la Sorbonne, du 13 au 15 septembre 2005, un colloque sur le thème « Vieillissement et territoire ». Celui-ci a, entre autres, permis de faire un point sur la « gérontocroissance »* en France, et de rappeler qu’une fois encore la montagne présente sur ce plan un visage contrasté.
Relativement modérée entre 1980 et 2000, la « gérontocroissance » en France tend à s’emballer. L’âge moyen des Français ne cesse d’augmenter : de 39 ans aujourd’hui, il devrait atteindre près de 44 ans, prévu en 2030. Globalement, la part des plus de 60 ans, qui avoisine les 21% de la population totale, alors que les jeunes de moins de 20 ans en constituent encore près de 25%, devrait atteindre plus de 31% en 2030. Les géographes spécialistes en démographie annoncent ainsi le croisement des deux catégories d’âge, l’une en progression, l’autre en diminution, à l’horizon de 2011. A partir de cette date, à moins d’une reprise spectaculaire dans l’intervalle du taux de fécondité, le renouvellement générationnel cesserait d’être assuré.
Deux voies distinctes de vieillissement
Dans ce contexte global, les territoires accusent entre eux d’importantes disparités. Ceux dont les populations sont les plus âgées (c’est-à-dire dont plus d’un quart est au-dessus de 60 ans), se concentrent pour l’essentiel dans deux types de départements. D’une part, ceux qui fonctionnant par héliotropisme, attirent un surcroît de personnes retraitées (Alpes-Maritimes, Alpes-de- Haute-Provence, Var, Aude, Hérault…).
D’autre part, inversement, ceux qui, en raison de migrations passées massives, connaissent de longue date une population vieillie, du fait de l’insuffisance des classes d’actifs. Cette deuxième catégorie couvre la quasi-totalité du Massif central et sa périphérie immédiate (la Loire et le Puy-de-Dôme paraissant toutefois un moins touchés). Il faut par contre relever que les Alpes du Nord, de même que les massifs des Vosges et du Jura, affichent un dynamisme démographique plutôt enviable, s’expliquant pour sa part en grande partie par l’attractivité économique de ces zones.
Ces écarts semblent devoir se creuser. A tendances constantes, les plus fortes augmentations de parts de population audessus de 60 ans concerneraient d’abord, dans une proportion inquiétante, la deuxième catégorie évoquée de départements (ruraux et vieillis).
Ainsi, à l’horizon 2030, le Cantal enregistrerait (en termes d’évolution) la plus forte progression de la place des plus de 60 ans dans la population, pour atteindre, comme dans la Nièvre ou la Creuse, à la même échéance, la proportion de plus de 45% de la population totale.
Mais en termes de « gérontocroissance », les projections au même horizon 2030 relèvent que plusieurs départements dynamiques tels que la Haute-Garonne, la Haute-Savoie ou l’Ain verraient le nombre d’habitants de 60 ans ou plus multiplié dans une proportion de deux à cinq.
Rens. : Population & Avenir, tél. 01 47 70 53 81.
* La gérontocroissance représente l’augmentation de la proportion des plus de 60 ans dans la population due à d’autres facteurs que la baisse de la fécondité : allongement de l’espérance de vie, migrations, héritage d’évolutions démographiques passées. |