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Le tribunal correctionnel de Bonneville a rendu le 27 juillet son jugement
dans l’affaire de l’incendie du tunnel du Mont-Blanc. Parmi les douze responsabilités retenues et sanctionnées, celle du
maire de Chamonix a été ressentie par les élus locaux avec émotion et solidarité.
La sanction prononcée par le tribunal
correctionnel de Bonneville,
six mois de prison avec sursis et
1 500 euros d’amende, à l’encontre
de Michel Charlet, maire de
Chamonix, est certes la plus
légère des peines retenues à l’encontre
des condamnés.
En effet, celles-ci s’échelonnent
entre six mois de prison ferme
(pour le responsable des services
techniques et de sécurité
dans la partie française du tunnel),
deux ans de prison avec
sursis (pour le technicien de la
vidéosurveillance du tunnel et
les présidents des sociétés
d’exploitation du tunnel en
exercice au moment des faits),
et 150 000 euros d’amende (à
l’encontre la Société italienne
d’exploitation du tunnel).
Pourquoi le maire de Chamonix
a-t-il été condamné ? Selon ce jugement, du fait de ses pouvoirs
généraux de police, le
maire aurait dû mettre à disposition
les moyens d’intervention
nécessaires et vérifier que ces
moyens sont adaptés et opérationnels,
notamment par le biais
d’exercices réguliers.
Responsabilité
sans possibilité d’agir
De fait, aucun exercice de
secours incendie n’avait été effectué
dans le tunnel depuis 1972 et,
selon le juge, bien que ne disposant
pas de l’autorité nécessaire
pour en imposer, le maire aurait
dû s’en soucier auprès des gestionnaires
et de leur tutelle, en
formalisant régulièrement des
demandes auprès d’eux.
Mais comble du paradoxe, nul
ne conteste que le maire, en l’espèce,
n’avait aucune possibilité matérielle d’exercer ce type d’autorité
en raison du statut spécifique
de l’équipement et de son
mode de gestion. Pire : le juge ne
semble pas avoir appliqué ici la
grille de lecture fixée par la loi
Fauchon (voir ci-dessous).
Une telle décision a de quoi émouvoir les élus locaux puisqu’elle
revient à condamner le
maire dans une situation sur
laquelle il n’a aucune prise. En
effet, tout le monde (notamment les parties civiles) s’accorde à
reconnaître que les demandes
formelles d’exercices n’auraient
hélas rien changé à la survenance
des faits et n’auraient
servi qu’au maire pour s’exonérer
de sa responsabilité.
L’inadéquation et l’aspect dramatique
de cette situation ont
conduit non seulement le maire,
mais aussi le parquet, à former
appel. Celui-ci devrait être examiné
courant 2006. |