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Dossier "Environnement"
Sommaire du PLM 153
OURS :
Les réintroductions
reportées à 2006 |
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L’actualité a confirmé que les
réintroductions seront vouées à l’échec tant que les représentants des populations
du massif pyrénéen n’auront pas été correctement entendus. C’est
sans doute pourquoi la ministre de l’Ecologie a annoncé que les réintroductions
annoncées pour l’automne seront repoussées au printemps prochain.
Le 20 juillet, la ministre en
charge de l’Ecologie, Nelly Olin,
a confirmé que faute de maturité
du dossier, on ne pourrait pas
procéder comme prévu cet
automne aux cinq premières réintroductions sur les quinze qu’annonçait le plan élaboré par son
prédécesseur, Serge Lepeltier. Le
président de la République venait
pourtant de lui rappeler que les
objectifs arrêtés devaient être
respectés. Mais les circonstances
ont fortement plaidé en faveur
d’un report.
Le mécontentement des élus
quant au processus de concertation contournant les circuits
légitimes habituels, et les réticences fortes exprimées par les
300 délibérations de communes
collectées par l’ANEM se sont
trouvés explicitement confirmés
par la manifestation de quelque
200 bergers sur le parcours du
Tour de France le 19 juillet.
Du retard
dans les préalables
Pour justifier sa décision, considérant que « la précipitation nuirait à la réussite de l’opération »,
la ministre a fait valoir que certains préalables ne pourraient être satisfaits dans les temps : tout
d’abord, la conclusion d’un
mémorandum tripartite avec
l’Espagne et la principauté
d’Andorre sur la gestion transfrontalière de l’ours, et ensuite la
signature d’un accord franco-slovène pour la capture et l’acheminement des ours à réintroduire.
Ce dernier ne devrait être signé
que début octobre à l’occasion
d’un déplacement de la ministre à Ljubljana, en Slovénie, ce qui
rend l’échéance automnale irréaliste. Quant au mémorandum
transfrontalier, le récent changement de gouvernement en
Andorre en a reporté la date.
Nelly Olin annoncera néanmoins en septembre le nom des
communes pyrénéennes où
seraient effectués les lâchers.
Malgré tout, la ministre a également
laissé transparaître un certain
scepticisme en déclarant
que les cinq premières réintroductions
pourraient se fractionner
en deux opérations (trois
puis deux) et que passé 2006 « on verra si on continue, si on
fait une pause, ou si on arrête ». |
LOUP
La Commission poursuit la
France pour infraction |
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A peine entré en
application, le nouveau protocole d’enlèvement du loup se trouve au centre de
plusieurs contentieux, dont un engagé fin juillet par la Commission européenne.
L’arrêté du 17 juin 2005 qui autorise
le tir de six loups pour l’ensemble
des départements alpins
d’ici le 31 mars 2006 (voir «PLM»
n° 152) connaît bien des vicissitudes.
A peine entré en vigueur, le tir
non autorisé par un éleveur
savoyard d’un loup a eu pour effet
de ramener à cinq le nombre de
retraits praticables.
Par ailleurs, suite au recours immédiat
d’une association, deux arrêtés
du préfet des Hautes-Alpes
autorisant des tirs dans le Queyras
d’une part, et dans le Dévoluy
d’autre part, ont été suspendus en
référé, début août.
En effet, ces arrêtés
litigieux paraissent
avoir été pris prématurément,
puisqu’au
moment de
leur adoption, il
semblerait qu’aucune
attaque de
troupeau n’ait été
signalée dans le
Queyras et que
deux seulement
aient eu lieu dans le Dévoluy.
Cette précipitation traduit néanmoins
un des effets pernicieux du
protocole tel qu’il a été arrêté. En
permettant l’abattage d’un nombre
trop limité de prédateurs au regard
de ce qui serait nécessaire à la protection
des unités pastorales, tout
en respectant un effectif suffisant à
un bon état de préservation de
l’espèce, les préfets alpins ont pu
légitimement céder à un sentiment
d’urgence, de crainte de ne pouvoir
disposer de droits de tirs.
Retraits et préservation
incompatibles ?
Bien que modeste, le nombre de
retraits autorisés par le protocole
semble également constituer le
grief à partir duquel la Commission
européenne a engagé fin juillet un
recours en infraction contre la
France. Elle considérerait que tout
retrait contrevient à la bonne application
de la directive habitats et de
la convention de Berne.
C’est oublier un peu vite que la
directive ne vise qu’un état de préservation
satisfaisant des espèces
protégées et que la convention de
Berne autorise expressément des
mesures de régulation de ces
mêmes espèces… |
SECHERESSE
La montagne n’est qu’en partie
épargnée |
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Comme le fait ressortir la carte ci-contre
sur les effets de la sécheresse sur la ressource
en eau, les territoires les plus sévèrement
touchés par la sécheresse se
concentrent avant tout sur l’ouest. La quasi
totalité du territoire est concernée, placée
au moins sous vigilance. Mais la moitié
occidentale des Pyrénées, et le sud du
Massif central et des Alpes, bien au-delà
de la montagne sèche traditionnelle,
connaissent des restrictions d’eau assez
draconiennes, tandis que la situation des
départements du Cantal et de l’Aveyron,
au coeur même du Massif central, se
retrouvent en situation préoccupante. Un
tableau d’ensemble qui laisse entendre
que la fonction de château d’eau de la
montagne française devrait être soumise à
très rude épreuve dans les temps à venir.

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