« Les élus ne sont pas des boucs émissaires »
L’ élu local est amené à endosser un nombre croissant de responsabilités dans des domaines aussi divers que l’environnement, l’urbanisme et la sécurité, particulièrement accentuées en montagne. Cela n’est pas étonnant et s’explique par la fragilité exceptionnelle du milieu naturel montagnard ainsi que par la fréquence et la spécificité des menaces sur la sécurité, en matière de risques naturels et d’accidentologie, liée aux pratiques sportives sur ou hors domaine skiable. Mais si ce surcroît de responsabilité est légitime et incontestable, il n’en constitue pas moins une lourde charge dans le quotidien des élus, trop souvent dissuasive pour espérer de nouvelles vocations. Si, pour le citoyen, l’élu local représente à la fois un acteur et un interlocuteur de proximité, apprécié et irremplaçable, il ne doit pas pour autant devenir un fusible universel sur lequel se focaliseraient les sanctions de tous les manquements, omissions ou fautes inhérents à son vaste champ de responsabilités. Car, au-delà du seul mécanisme juridique d’imputation de la responsabilité, il faut tenir compte de la réalité du contexte qui bien souvent place l’élu devant l’impossibilité de disposer des moyens nécessaires à une bonne gestion, prévoyante et précautionneuse, de cette myriade d’obligations. Ce qui nous renvoie au sempiternel débat de l’adéquation des moyens aux compétences. Il devrait être au coeur des réflexions du prochain congrès, notamment en ce qui concerne la prévention et l’organisation des secours ainsi qu’une interrogation sur le rôle et la responsabilité éventuelle des maires concernant les grandes infrastructures nationales ou internationales (barrages, tunnels…), très nombreuses sur nos territoires.
Martial Saddier,
député de la Haute-Savoie,
secrétaire général de l’ANEM.