|
Dossier "Environnement"
Sommaire du PLM 152
TOURISME RÉCEPTIF DANS LES HAUTES-ALPES :
La SCIC
remise au goût du jour |
|
 |
L’Agence touristique réceptive, créée à l’initiative du conseil général des Hautes-Alpes en 2003, avec un statut d’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée), pour combler un vide en la matière sur le département, multiplie les démarches novatrices pour assurer des missions en expansion, et notamment la gestion de la billetterie française des jeux Olympiques organisés à Turin en 2006.
Le montage, la commercialisation
et l’équilibrage financier de
produits de tourisme réceptif
(organisés et produits sur place
par des acteurs locaux pour valoriser
des ressources locales) relèvent
d’une mission délicate et
doit souvent être accompagnés
au départ par la puissance
publique. C’est bien ce qui s’est
passé récemment dans les
Hautes-Alpes autour de produits
réceptifs montagne.
Toutefois, le changement de
donne politique, de même que
l’ambition de la gérante de cette
société vis-à-vis d’un positionnement
sur des activités transfrontalières
ont amené cette dernière à
se poser la question de la fragilité
du statut d’EURL, même assorti
d’une licence d’agent de voyage.
A l’automne 2004, avec l’accord
du conseil général et à la suite
d’une étude juridique et fiscale
poussée menée par des juristes et
fiscalistes chambériens, il a été
décidé d’ouvrir au privé le capital
de l’ATR 05 et d’opter pour le statut
de société coopérative d’intérêt
collectif tel que défini dans la loi
n°2001-624 du 17 juillet 2001.
Un type de structure récemment modernisé
Il s’agit d’une forme d’entreprise
coopérative créée en 1947 mais
réactualisée en 2001, de forme
privée et d’intérêt public qui permet
d’associer salariés, bénéficiaires,
collectivités territoriales,
bénévoles ou tout autre partenaire
souhaitant agir de concert
dans un même projet de développement
local.
Sont donc désormais sociétaires
les principales entreprises de
remontées mécaniques, les principaux
hébergeurs, des transporteurs
locaux, des agences immobilières,
des enseignes d’articles
de sport, car l’objectif immédiat
consiste à mettre en ordre de marche
le potentiel d’offre réceptif du
département afin de tirer profit au
mieux des jeux Olympiques de
Turin dont le principal théâtre
d’opération se situe à environ une
heure de route des Hautes-Alpes.
|
| Un LOUP ABATTU
dans les Bauges |
|
 |
Dans la nuit du 1er juillet, un éleveur du massif
des Bauges, non loin de la station de
Margeriaz (Savoie), a abattu un loup qui s’en
prenait à son troupeau. Cette attaque s’est produite
sur un territoire où la présence du loup
n’était pas encore avérée. L’auteur du tir s’est
de lui-même signalé à la police. La survenance
de ce tir révèle plutôt crûment deux limites
fortes du protocole en question : d’une part,
les attaques de loups pouvant justifier une
riposte immédiate ne se produisent pas, loin
s’en faut, que dans les seules zones de présence
permanente du loup – ZPP – (où les tirs
individuels ne sont possibles qu’au terme
d’une procédure d’autorisation spéciale) ; d’autre
part, le nombre total d’ «enlèvements »
autorisables paraît bien en-dessous des
besoins réels de sécurisation des troupeaux.
Condamnant aussitôt ce geste non encadré, la
ministre de l’Ecologie et du Développement
durable, Nelly Olin, a fait part de sa décision
de ramener à cinq au lieu de six le nombre de
loups pouvant être abattu, d’ici mars 2006. On
peut s’étonner d’une sanction qui tend à rendre
collectivement responsable d’un acte isolé
l’ensemble du secteur pastoral.
|
Protocole sur le loup :
Des modalités d’enlèvement
assouplies pour 2005-2006 |
|
 |
Paru au «Journal officiel» du 18 juin 2005, le nouvel arrêté organisant les conditions d’enlèvement
du loup jusqu’au 31 mars 2006 se révèle plus ouvert que précédemment, en autorisant
les tirs de défense et le prélèvement de six loups.
Les médias grand public ont abondamment
glosé sur le fait de porter à six
le nombre de loups qu’il sera possible
d’abattre. Mais il faut rappeler que ce chiffre
ne fait que respecter la limite objective
de 10 % de la population avérée de
55 loups (la population réelle étant probablement
bien supérieure) qu’il est possible
d’éliminer sans compromettre la croissance
démographique de l’espèce, dont le
taux est de 20 %.
Quant à la possibilité d’autoriser les bergers à procéder eux-mêmes à des tirs de
défense, elle ne pourra être mise en oeuvre
que dans les zones de présence permanente
du loup (ZPP), établies localement
par arrêté. Celles-ci devraient correspondre
aux territoires sur lesquels les troupeaux
sont équipés des moyens traditionnels
de protection (chiens patous, regroupement
nocturne en enclos mobiles). En
tout état de cause, les tirs ne pourront pas être autorisés dans la zone centrale des
parcs nationaux.
Des évolutions
qui ne sastiferont pas les éleveurs
De surcroît, les autorisations de tirs ne
seraient délivrées qu’au terme d’une procédure
instruite au niveau départemental établissant
un nombre d’attaques donné, sur
une période de temps déterminée (trois
attaques sur un même troupeau en l’espace
de trois semaines).
Sachant que ce dispositif et son contingent
de six loups perturbateurs pouvant être
abattus s’applique sur neuf départements, il
est à redouter qu’une fois de plus ces nouvelles
modalités d’enlèvement, même
assouplies par rapport au précédent protocole,
ne satisferont pas les éleveurs,
compte tenu de la multiplication des crises
locales sur l’ensemble du massif alpin. |
|
 |
|