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L’accident intervenu récemment dans le tunnel du Fréjus ne constitue
malheureusement qu’une nouvelle illustration de la vulnérabilité des voies d’accès et ouvrages d’art existants
indispensables à la traversée intra et intermassifs pour le fret routier marchandise. Ceux-ci se révèlent inadaptés
à l’absorption d’un trafic à croissance exponentielle qui génère de nombreux dommages collatéraux en termes
de pollution, dangerosité et sur lequel il est difficile de mettre en cause des responsabilités objectives en
cas d’accident. Il est donc impératif d’élargir la gestion du problème à l’échelle européenne, ne serait-ce que
pour mutualiser les investissements nécessaires et les responsabilités entre transporteurs et pouvoirs publics.
Pour l’ensemble de ces raisons, que les élus de montagne dénoncent avec constance, car ils sont en première
ligne lors des situations les plus dramatiques, le comité directeur de l’ANEM, réuni le 9 juin dernier, a adopté
une motion sollicitant le recours urgent et préférentiel aux solutions qui font aujourd’hui consensus en matière
de transports de marchandises en montagne.
Motion
« Considérant la multiplication
des accidents liés au transport
routier de fret de marchandises
par les poids lourds dans les
grands tunnels des Alpes,
Considérant la croissance exponentielle
et inéluctable du fret
routier de marchandises surtout
international mais aussi national
(matières dangereuses,
hydrocarbures, grumes…) qui
implique la construction
concertée de voies d’accès
adaptées, assorties d’ouvrage
d’art sécurisés,
Considérant la maîtrise technique
qu’ont acquise les opérateurs
du ferroutage et la nécessité
de pratiquer la vérité des
coûts entre ce mode de
transport et le transport routier
de marchandises pour opérer
des arbitrages efficaces, en
fonction des situations,
Considérant l’exaspération des
populations et des élus des sites
traversés devant la dégradation
de la situation et la multiplication
des nuisances (danger, pollution…),
Considérant la recherche systématique
de la responsabilité desélus en cas d’accident mortel
généré par le « fret marchandises
camion » excessif sur les territoires
dont ils ont la charge,
Considérant les priorités établies
par le gouvernement d’une part
(schéma national des transports,
contrats de plan Etat-régions), et
l’Union européenne d’autre part
(grands projets structurants),
Le comité directeur de l’ANEM,
réuni à Paris le 9 juin 2005,
demande au gouvernement que
l’Etat :
● Reconnaisse clairement les
grandes traversées de massif
comme des priorités absolues et
incontournables du schéma
national des transports publics
et les dote des financements
correspondants, y compris en
collaboration avec les régions
sur les CPER ou leurs successeurs
ou par crédits affectés à
l’alimentation de partenariats
publics/privés adaptés dans lecadre des programmes de
l’Agence de financement des
infrastructures de transport
(AFIT),
● Intervienne auprès du commissaire
européen aux
transports pour défendre ses
chantiers prioritaires sur les
grandes traversées de massif et
les fasse reconnaître comme tels
par l’Europe en plaidant pour
une concertation des financements
et un respect du calendrier
des dossiers transnationaux,
● Agisse auprès de l’Union
européenne pour étudier la
mise en place d’une majoration
de la taxe d’aménagement du
territoire spécifique au transit
international en complément de
l’Eurovignette, afin de financer
ces grosses infrastructures par
ceux qui les utilisent le plus,
● Affirme ses choix en matière
de ferroutage et mette en place
un système plus incitatif pour
les entreprises de transport
concernées, notamment en termes
d’organisation du service,
● Revoie le régime juridique de
la responsabilité pénale en
matière d’accidents dans les
ouvrages d’art indispensables
au transport
routier de marchandises
en
montagne. »
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