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DOSSIER :
Le pastoralisme en devenir |
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Sommaire du PLM 151
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La loi relative au développement
des territoires ruraux a introduit
plusieurs avancées en matière de
pastoralisme. Toutes se rattachent
aux 42 propositions du groupe de
travail interministériel qu’avait
présidé en 2001 le sénateur de la
Haute-Savoie et président de la
SEA (Société d’économie alpestre),
Jean-Paul Amoudry. Des rencontres
nationales du pastoralisme,
organisées le 1er mars par
l’Association française de
pastoralisme et l’Assemblée
permanente des chambres
d’agriculture ont permis de faire le
bilan critique de ces mesures en
présence des acteurs du secteur.
Elles ont aussi permis d’établir une
radioscopie d’une activité
économique qui peut
se revendiquer du développement
durable et qui s’avère stratégique
pour l’aménagement du
territoire montagnard en termes
d’entretien de l’espace
et de prévention des risques.
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Profil économique
Le poids du pastoralisme
en France aujourd’hui |
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Que ce soit en termes d’actifs agricoles, de cheptels ou de volume
de production, le secteur pastoral représente une véritable économie
dont la place n’est pas négligeable. Mais de par l’importance
des superficies, le poids du pastoralisme porte avant tout sur
l’aménagement du territoire.
Les données rendant compte de
la réalité économique du pastoralisme
sont à la fois tirées du
recensement agricole et des
enquêtes pastorales. Il en ressort
que 60 000 exploitations, soit
18 % des élevages, sont impliquées
dans ce secteur. Cette
activité emploie l’équivalent de
88 000 actifs à temps plein,
dont 7 200 salariés.
Quand au cheptel concerné, il
est relativement conséquent
puisqu’il représente plus d’un
cinquième (22 % du cheptel
français). Avec 4 millions de
têtes, les ovins constituent la
première catégorie de bétail utilisé
par l’élevage pastoral, principalement
dans les Alpes du
Sud et dans les Pyrénées.
Viennent ensuite les bovins,
avec 2,5 millions de têtes, par
lesquels s’identifient le pastoralisme
du Massif central et celui des Alpes du Nord. Les caprins
ne viennent qu’ensuite avec
229 000 têtes, et bien plus loin,
quelque 76 000 chevaux.
Entretien du paysage, prévention
des risques, biodiversité
Mais c’est de par son emprise
territoriale que le poids du pastoralisme
est le plus parlant. Mis à part quelques départements
littoraux, principalement autour
du Marais poitevin, le pastoralisme est un fait avant tout montagnard
dont seule la partie nord
des Vosges semble exclue. En
tout, ce sont près de 4 millions
d’hectares dont la gestion est
assurée par cette activité.
Outre l’entretien et le maintien
de l’ouverture des paysages,
immédiatement perceptibles, le
pacage des unités pastorales
contribue de façon irremplaçable à la prévention des risques
naturels (en évitant les avalanches
que provoqueraient les herbes
longues couchées par la
neige dans le sens de la pente),
ainsi qu’à la biodiversité, en permettant à certaines graminées
de se reproduire.
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Modes de gestion
Un secteur où prime
l’organisation collective |
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Principalement marqué par le mode d’organisation collective du
groupement pastoral, le pastoralisme présente des outils de gestion
aux formes très diverses d’un territoire à l’autre.
Parce qu’elle porte nécessairement
sur des espaces ouverts qui
impliquent un grand nombre de
propriétés foncières dont les
tenants sont parfois difficiles à
mobiliser, l’activité pastorale ne
peut souvent se développer
qu’en recourant à des formes
juridiques collectives.
Ainsi la création (ou plutôt la
reconnaissance) des groupements
pastoraux destinés aux éleveurs, d’une part, et des associations
foncières pastorales destinées
aux propriétaires, d’autre
part, remonte-t-elle à la loi
n° 72-12 du 3 janvier 1972 relative à la mise en valeur pastorale
dans les régions d’économie
montagnarde. Il existe aujourd’hui
plus de 900 de ces groupements
pastoraux. Ce statut est un
agrément qui peut prendre des
formes juridiques diverses : association
de la loi de 1901, syndicat
professionnel, coopérative…
Une grande hétérogénéité
entre départements
Certaines formes de gestion pastorale
collective peuvent se développer
en dehors de cet agrément.
On constate ainsi une grande
hétérogénéité dans la fréquence
des groupements pastoraux d’un département à l’autre selon que les traditions locales d’élevage
sont plus ou moins collectives.
Ainsi, la technique des groupements
pastoraux est très ancrée
en région PACA du fait de la tradition
de transhumance, et reste
indispensable à la viabilité économique
d’élevages individuels
comptant entre 300 et 800 ovins.
A l’inverse, la relative proximité
des surfaces d’estive par rapport
aux exploitations rend moindre
la nécessité de regrouper les troupeaux
et/ou celle de gérer collectivement
les parcours. Des départements
qui ont peu de territoires
d’estive peuvent néanmoins
connaître une activité pastorale
importante (comme c’est le cas
en Lozère, par exemple).
Enfin, dans certaines régions, ce
sont les collectivités locales qui
assurent la gestion de la majeure
partie du domaine pastoral, et
notamment dans la partie occidentale
des Pyrénées, à travers
les commissions syndicales.
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| Le QUINQUENNAT
comme règle
de droit commun |
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Un des apports notables au pastoralisme
de la loi relative au développement des
territoires ruraux est d’inscrire la gestion
des estives et parcours dans la durée.
La notion de convention quinquennale de
pâturage devient désormais l’outil central
de la gestion pastorale : les collectivités
ou associations foncières pastorales peuvent
ainsi conventionner le pâturage de
leurs terrains sur une durée de moyen
terme qui leur assure une certaine garantie
de durée quant à l’entretien des espaces
en cause. Il faut signaler que cette
période de cinq ans est un minimum qui
s’applique de droit s’il n’existe aucun
arrêté préfectoral sur le sujet.
Par ailleurs, afin d’encourager la constitution
d’associations foncières pastorales,
les propriétaires des terrains qui en
sont membres sont exonérés de taxe sur
le foncier non bâti. La durée de cette
exonération vient de passer de neuf à
dix-neuf ans.
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| La commission nationale pastorale tarde à venir |
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Désormais inscrite dans la loi,
l’instance en charge au
niveau national des questions
pastorales et placée auprès
du ministère de l’Agriculture
ne s’est toujours pas réunie.
Parmi les propositions du
groupe interministériel figurait
la création au sein du
ministère de l’Agriculture
d’une commission nationale
permanente consacrée à
l’économie pastorale.
L’article 126 de la loi relative
au développement des territoires
ruraux a donné un fondement
légal à la commission
consacrée à l’agriculture
de montagne et étendu sa
compétence aux questions
relatives au pastoralisme.
Même si cela ne coïncide pas
tout à fait avec l’intention
initiale des professionnels du
secteur de disposer d’une
instance qui leur soit propre
au niveau national, cela n’en
constitue pas moins une
reconnaissance en tant que
composante à part entière de
l’économie agricole.
En outre, il est envisageable
que cette dimension pastorale
des attributions de la
commission agriculture de
montagne isole dans l’organisation
de ses travaux des
ordres du jour exclusivement
consacrés aux questions pastorales.
La commission en question
ne s’est encore jamais réunie
dans cette nouvelle configuration,
et ce malgré l’appel
en ce sens des professionnels
porté par le président de
l’Assemblée permanente des
chambres d’agriculture lors
des premières rencontres
nationales du pastoralisme le
1er mars dernier.
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