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Dossier "Urbanisme"
Sommaire du PLM 150
Directives territoriales d’aménagement
ou prescriptions particulières de massif ? |
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Les règles nationales d’urbanisme s’appliquant à la montagne répondent
à des intentions louables et largement partagées mais qui requièrent
des précisions pour pouvoir s’appliquer sans ambiguïté et de façon
appropriée à la réalité de chaque massif. De ce point de vue, la loi relative
au développement des territoires ruraux vient de confirmer le rôle
des prescriptions particulières de massif, alors que se poursuit le processus
d’élaboration des directives territoriales d’aménagement qui,
appliquées en montagne, peuvent sembler poursuivre le même objectif
et se révéler directement concurrentes. Une clarification des vertus
et contraintes respectives des deux catégories de règles s’impose.
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Prescriptions de massif : Une catégorie
de règles à faire émerger |
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Aucune des prescriptions particulières de
massif prévues par la loi montagne de
1985 n’a jusqu’ici vu le jour, révélant par
ce seul fait le besoin d’une précision des
règles d’urbanisme adaptée aux réalités
du terrain. Leur relance par la loi relative
au développement des territoires ruraux
(DTR) traduit-elle une meilleure disposition
d’esprit de l’Etat à leur endroit ?
L’article 201 de la loi relative au développement
des territoires ruraux confirme l’existence
des prescriptions particulières de massif
en complétant la rédaction de l’article
L145-7 du code de l’urbanisme. Bien qu’il
n’ait jamais été supprimé, son applicabilité
semblait sérieusement mise entre parenthèses
depuis l’institution des directives territoriales
d’aménagement (DTA) par la loi pour
l’aménagement et le développement du territoire
du 4 février 1995. En effet, dix ans
après l’entrée en vigueur de la loi montagne,
aucune prescription particulière de massif
n’a été mise en chantier. La logique des DTA
semblait avoir vocation à atteindre l’objectif
(qu’elle n’avait pu remplir) de préciser au
plus près du terrain les conditions d’application
des règles générales d’urbanisme.
Un contenu et une finalité
laissés intacts
Mais si les procédures d’élaboration des
DTA ont été engagées, une seule à ce jour
concerne la montagne : celle des Alpes du
Nord. De surcroît, les observateurs désespèrent
de la voir effective un jour, et, plus
encore, doutent qu’elle apporte les réponses
attendues par l’urbanisme local.
La réhabilitation des prescriptions particulières
de massifs (PPM) par la loi DTR semble
donc opportune, d’autant plus que les
comités de massif ont entre-temps acquis
de nouvelles capacités de travail et de proposition
sur un tel sujet. C’est pourquoi la
réécriture de l’article de référence laisse
intacts le contenu et la finalité des prescriptions
particulières de massif. Mais il
introduit deux précisions de taille : d’une
part, les PPM ne pourront porter que sur
des sujets que les DTA n’auront pas traités,
d’autre part, les comités de massif pourront élaborer leur propositions en recourant gratuitement
aux services de l’Etat.
Les PPM entrent ainsi dans une troisième
phase de leur existence. Reste à savoir si,
dotées de ce nouvel encadrement, elles
pourront enfin émerger.
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DTA Alpes du Nord : La publication du livre blanc
constitue une étape cruciale |
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Avec la publication du livre
blanc sur la DTA des Alpes du
Nord, l’Etat vient de franchir une étape décisive dans l’élaboration
de la directive en consignant diagnostic
territorial et orientations.
A terme, la DTA, qui par définition,
doit rester sans incidence
coercitive sur l’exercice des
compétences des collectivités
locales quant au contenu de
leurs documents d’urbanisme,
aura donc pour objet prioritaire
de veiller au fonctionnement
global de cet espace, combinant
montagne et réseau de villes,
notamment au regard des grandes
politiques de l’Etat interférant
avec l’aménagement du territoire
: répartition des activités
économiques, transports, préservation
des espaces naturels…
Des incidences annoncées
sur l’urbanisme
Néanmoins, le livre blanc envisage
que la DTA puisse avoir des
incidences sur l’urbanisme en
zone de montagne en y apportant
quatre types de précisions :
l’identification des terres nécessaires
au maintien de l’agriculture,
ainsi que celle des espaces,
paysages et milieux naturels
remarquables, les modalités de
la procédure chalets d’alpage, et
enfin l’extension de l’urbanisation.
Des précisions du même
ordre seraient également envisagées
pour les rivages lacustres.
On peut s’interroger sur la pertinence
de certaines de ces précisions
: par exemple, les espaces
remarquables sont en principe
clairement et suffisamment identifiés
par l’Etat, de même que la
procédure chalets d’alpage fait
déjà l’objet d’un encadrement
réglementaire minutieux.
De surcroît, les modalités de précision
envisagées pour les rivages
lacustres de montagne semblent
avoir perdu de leur intérêt
avec les aménagements apportés
par la loi relative au développement
des territoires ruraux. |
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Le lent processus
de la DTA |
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Le chantier de la DTA des Alpes du Nord a
démarré le 23 juillet 1996, date de l’instruction
adressée au préfet de Rhône-Alpes. Les études
préalables qui en sont ressorties et qui firent
l’objet, en cours de route, de deux réunions globales
de concertation, ont été adressées au
gouvernement en janvier 1999.
Le comité interministériel d’aménagement et
de développement du territoire (CIADT) qui suivit
en confirma la commande, et le préfet de
région reçut le 11 mai 2000 un mandat pour élaborer une proposition en l’espace de dix-huit mois. Ce mandat ne put être honoré, puisque le
18 décembre 2003, le CIADT préconisait la
rédaction d’un livre blanc, récapitulant diagnostic
et propositions d’orientations. Celui-ci fut
produit en décembre dernier et devait être soumis à l’avis des collectivités et des partenaires économiques et sociaux. L’entrée en vigueur
semble donc encore lointaine.
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