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DOSSIER : Rencontres nationales
du tourisme et des loisirs sportifs

Dossier "Tourisme"
Sommaire du PLM 150

Le partage d’expériences, ferment du développement local

Deux ans après le premier volet, les deuxièmes Rencontres nationales du tourisme et des loisirs sportifs se sont déroulées les 6, 7 et 8 avril dernier. Pendant ces trois jours, Millau s’est transformée à nouveau en véritable capitale nationale des sports de pleine nature. En effet, ces rencontres ont rassemblé plus de six cents acteurs du secteur sportif et des loisirs de plein air, comprenant des élus, des prestataires de loisirs sportifs, des animateurs, des enseignants et des universitaires.
Tous ces professionnels ont pu échanger leurs observations sur le domaine qui les passionne. L’échange constructif a d’ailleurs été le maître mot de ces rencontres où il est apparu que la montagne pouvait jouer un rôle majeur.


Partenariats publics : Ciment des projets réussis

La loi reconnaît la place du sport dans la société. Le développement et la promotion des activités physiques et sportives relèvent de l’intérêt général. Parmi les activités offertes, les sports de nature attirent un nombre croissant de Français qui cherchent à se ressourcer au travers de pratiques néanmoins sécurisées.

S’il est difficile de dégager une doctrine générale et pédagogique de l’ensemble du secteur, on peut toutefois retirer de ces échanges de nombreux points d’achoppement constructifs.
Souvent la question du territoire pertinent fait débat, du fait de la non-concordance entre territoires de projets et territoires administratifs. Ainsi, un processus de négociation permanent entre les acteurs des politiques sportives permet de concilier ces deux logiques. D’autres questions similaires ont été posées lors des rencontres : comment articuler les différents échelons territoriaux pour favoriser un projet de territoire, ou quel rôle peut jouer une intercommunalité dans la gestion des sports de nature ?
Bien entendu, il n’existe pas de réponse systématique, mais l’échange d’expériences permet d’élargir l’horizon des possibles par rapport à sa propre problématique. A titre d’exemple, on peut citer la communauté d’agglomération
Nice-Côte-d’Azur qui a toujours revendiqué la compétence sportive. Pour améliorer l’offre touristique sur ce secteur, l’intercommunalité a mis en avant une politique mer et montagne sportive.

Désamorcer les conflits d’usage en amont

Pour ce faire, sa politique s’est déclinée autour de trois axes. L’un d’eux vise à aménager des équipements déclarés d’intérêt communautaire (création, entretien de voie d’escalade, d’une via ferrata, balisage de sentiers VTT…), par le biais d’un comité de pilotage rassemblant l’ensemble des acteurs (chasseurs,
professionnels du sport, association de protection de l’environnement).
Une telle démarche a pour but de désamorcer, en amont, de potentiels conflits d’usage du territoire. Ce dialogue préalable est apparu à l’ensemble des interlocuteurs comme absolument essentiel à la formalisation de tout projet de sport de nature, et permet à ces acteurs, aux préoccupations si différentes, de s’entendre et de se comprendre.
D’autre part, la communauté d’agglomération de Nice a favorisé l’animation sportive, en créant une école de kayak et en organisant un colloque intégralement consacré au sport de nature.
Un troisième axe de développement a consisté à créer et à financer de grandes manifestions sportives pour faire connaître la richesse territoriale de la communauté, notamment grâce à un grand raid annuel.

Une interface pertinente

Mais l’intercommunalité n’est pas seule à avoir un rôle à jouer, les parcs naturels régionaux représentent aussi une interface pertinente entre échelon départemental et communal. En effet, ceux-ci harmonisent les politiques départementales en les reliant aux potentiels locaux offerts à l’échelle communale ou intercommunale. Là encore, la consultation est essentielle, surtout pour un parc naturel comme le Vercors, à cheval sur deux département (la Drôme et l’Isère).
Le parc naturel régional (PNR) peut être un médiateur de choix pour assurer une cohérence des projets territoriaux et son inscription aux différents documents d’objectifs, comme une charte ou un plan départemental. Les parcs naturels régionaux se sont donc posés en véritables partenaires de projets sportifs de pleine nature. Ce partenariat semble essentiel pour ce secteur ou un partage clair de compétences fait défaut.


Sports et loisirs de plein air : Une réalité complexe en pleine expansion

Le but principal de ces rencontres était de décloisonner les différents acteurs pour permettre à ce secteur de se structurer au mieux afin de gérer son expansion.

Le domaine du sport et des loisirs de nature a connu un développement prodigieux lors de la dernière décennie, que ce soit en nombre de pratiquants ou en diversification des activités proposées. Ainsi, il existe aujourd’hui de forts potentiels et de nombreux besoins découlant de cette explosion. Les Rencontres nationales ont permis de mesurer ce développement et ses conséquences, afin de permettre l’organisation d’un secteur multiple et complexe.
Les sports de nature sont difficilement observables. Ils sont souvent pratiqués de manière informelle et non compétitive, sans passer par une inscription à un club ou à une fédération. Ils apparaissent donc difficilement recensables et imperméables à un système d’organisation du sport qui reste complexe en France.

Un secteur en perpétuelle mutation

Les activités sportives de pleine nature sont multiformes et touchent une pluralité d’acteurs. Il existe une multiplicité de structures rendant difficiles les relations entre toutes les personnes physiques ou morales concernées. La réglementation du secteur est abondante et change constamment. Les politiques sportives elles-mêmes sont à géométrie variable et étroitement dépendantes des différents niveaux de territoire qui se les approprient.
Les Rencontres nationales du tourisme et des loisirs sportifs ont pallié ces difficultés en rassemblant des d’acteurs d’horizons variés, pour que tous ces professionnels puissent réfléchir ensemble à un développement maîtrisé et harmonieux de leur discipline.


Commissions des espaces et sites : Des lieux de construction indispensables au sein des départements

Les rencontres se sont conclues en abordant le thème des commissions départementales des espaces, sites et itinéraires relatifs aux sports de nature (CDESI). Ces commissions sont créées selon la volonté du conseil général pour appuyer sa stratégie départementale par un processus de concertation.
La commission des espaces et sites est un organe consultatif qui fait des propositions au département. Elle organise des échanges et des débats au sein
du territoire où elle est compétente, de façon à optimiser la concertation sur les projets entre acteurs et échelons locaux.
Cette commission ne peut pas empêcher les communes ou les intercommunalités de mener leur propre projet, elle a seulement vocation à conseiller et à mettre en place un programme et, surtout, des plans politiques d’actions, pour le développement des sports de nature. Il s’agit des plans départementaux des espaces, sites et itinéraires.

Un interlocuteur privilégié pour les communes


Les départements pilotes qui ont déjà mis en place des CDESI en ont tiré un net bénéfice, tant par une meilleure compréhension des acteurs entre eux que par de nouvelles coopérations entre pouvoirs publics et acteurs privés.
Ces CDESI, qui sont encore en train de se mettre en place, vont donc réaliser un état des lieux nécessaire à un développement maîtrisé des sports de pleine nature et constitueront de fait un interlocuteur privilégié pour toutes les communes qui veulent favoriser un développement touristique reposant sur ce vecteur.


PLEINE NATURE : Un potentiel sportif difficile à appréhender

Il est ressorti des rencontres de Millau que le potentiel de développement de la pratique de sport de pleine nature est énorme. Si le nombre de pratiquants est difficile à relever précisément, la vente du matériel peut constituer une méthode d’observation indirecte. Or celle-ci a connu une croissance deux fois plus importante que celle des autres sports.
Ce marché représentait 1,3 milliard d’euros en 2004. Autre indicateur de l’engouement pour les sports de pleine nature : les derniers jeux Olympiques d’Athènes. Six médailles d’or sur onze, remportées par la France, proviennent de ces disciplines. Enfin, ces derniers s’inscrivent parfaitement dans la perspective de développement durable, qui est au centre des politiques publiques.
D’ailleurs, à ce sujet, Jean-Luc Gayraud, vice-président du conseil général de l’Aveyron, président de la communauté de communes de Millau-Grands Causses, et président du Centre de ressources tourisme de pleine nature, a rappelé que le ministère va doubler les fonds dédiés au développement durable et augmenter les crédits du fonds national de développement du sport (FNDS) pour les régions concernées.


FILIÈRES : Un vecteur de développement local à décliner

L’enjeu porté par le mouvement sportif est très important en termes de développement local, ainsi qu’en termes socio-économiques. Une seule activité représente l’implantation de plusieurs établissements constituant les différentes
étapes d’une filière : des structures d’encadrement ou d’enseignement, des établissements de location de matériel, de formation ou d’entretien des sites.
Il s’agit donc d’une filière alimentant de nombreuses petites et moyennes entreprises et de nature à revitaliser les territoires. Les sports de pleine nature véhiculent une image dynamique de loisirs, de liberté, d’aventure, de performance, d’éducation et de sensibilisation à l’environnement ainsi que de développement personnel. Ils consolident l’image positive d’un territoire et ont un impact direct et indirect sur l’économie de celui-ci.
Enfin, le foisonnement des initiatives de ce milieu permet de prolonger les saisons touristiques sur toute l’année, ce qui est important en zone de montagne. Cependant, l’initiateur d’un projet, qu’il soit public ou privé, ne sait pas toujours comment établir des synergies de partenaires publics ou privés susceptibles de favoriser le développement de ces activités.

 

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