 |
Le forum Agriculture & Société, qui a tenu sa session
biennale à Brest le 14 avril dernier, a rassemblé agriculteurs, chercheurs et acteurs socio-économiques des territoires,
pour dresser le constat de l’évolution des perceptions diverses des territoires ruraux et des conflits qui en découlent.
L’objectif du Forum " Agriculture & Société ", résultant de l’initiative
des agriculteurs, créé il y a
deux ans, est de mettre en
lumière les complémentarités de
la société et de l’agriculture,
pour qu’elles mènent en commun
des projets d’avenir.
Cette seconde édition, qui a rassemblé
quelque 600 participants,
s’est plus particulièrement intéressée
aux mutations de l’activité
agricole entre déclin et sursauts
(en termes d’éventuelles délocalisations,
ou bien de contribution à la production d’énergie renouvelable), mais aussi à la sensibilisation
des jeunes aux enjeux
agricoles et à la recherche des
principes d’une cohésion territoriale
optimale entre villes, banlieues
et campagnes, en fonction
des multiples usages en concurrence.
Mais au-delà de ces exercices
de prospective, l’intérêt principal et le plus immédiat de
cette manifestation est de révéler
l’état le plus actuel des perceptions
et usages concurrents de
l’espace rural. L’évolution sociologique
la plus marquante réside
dans le constat que désormais,
et de manière semble-t-il irrévocable,
l’espace rural n’est plus
l’apanage de l’agriculture.
Des contentieux
en augmentation
Si dans les années 70, on ne
relevait comme " conflits de
ruralité " que des questions
foncières relatives au remembrement,
les sources
de contentieux se sont désormais
multipliées et s’appliquent à des enjeux à forte connotation
environnementale. Ainsi,
le monde des professionnels agricoles
doit affronter leur mise en
cause, principalement du fait du
milieu associatif, dans des
domaines tels que l’irrigation, le
drainage et la qualité des eaux.
En retour, à cause du développement
des espaces résidentiels
périurbains sur ces deux dernières
décennies, les conflits d’usage
relatifs aux dommages subis par
les agriculteurs sur leurs terres
agricoles provoqués par des actes
de vandalisme tendent à se multiplier.
Il en va de même avec les
dégradations dues à la fréquentation
croissante des espaces naturels,
en parallèle avec l’essor
d’activités de loisirs mécaniques
(VTT, 4x 4, quads…).
Cet état des lieux éclaire ainsi de
façon concrète les réflexions de
ces rencontres qui visent à proposer
des moyens pour substituer
de façon appropriée la complémentarité
des usages à la
logique de concurrence.
|