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Fin mars, un tiers des conseils généraux
concernés a émis un avis défavorable au transfert de 20 000 kilomètres de routes nationales de l’Etat, d’ici début 2006. Les élus départementaux dénoncent les incertitudes liées à la carte des transferts, à l’état du réseau transféré,
aux modalités de compensations financières accordées par l’Etat. Enfin, ils s’interrogent sur la position des régions.
Le premier sujet de méfiance des
élus dans cette affaire se concentre
sur le manque d’éléments
chiffrés fiables concernant l’évaluation
du patrimoine routier
transféré, de même que le coût
de sa remise en état. En effet, ils
n’ont rien pu obtenir de concret
avant de se prononcer et le
cahier des charges régissant les
documents communicables parles directions départementales de
l’équipement court jusqu’au
13 août 2005, soit un an après la
publication de la loi organisant,
entre autres, ce transfert de compétences.
Ils réclament en outre la réalisation
d’études contradictoires pour
mieux appréhender l’état du
réseau, sachant que les estimations
déjà effectuées, en particulier
sur les départements de montagne,
ont de quoi inquiéter
(35 millions d’euros pour l’Ariège).
La revendication majoritaire
porte sur un étalement du transfert
dans le temps susceptible de
permettre à l’Etat de procéder aux
travaux nécessaires et de rendre
les portions du réseau concerné
plus cohérentes, surtout pour les
axes urbains ou parallèles aux
autoroutes. Mais ce principe de
l’étalement a été exclu d’emblée
par le législateur.
250 millions d’euros
annoncés pour 2006
Les prochaines échéances ne
plaident guère en faveur de la
concertation, puisqu’en septembre
l’Etat définira par décret la
carte du réseau routier restant de sa compétence, et avant la fin de
l’année, les routes nationales
choisies seront intégrées dans la
voirie départementale par arrêté
préfectoral. Au 1er janvier 2006,
le transfert devrait donc s’avérer
effectif et s’accompagner de
celui des agents correspondants.
En termes de compensation des
charges, le ministère annonce un
montant de 250 millions d’euros
en 2006 pour la gestion des routes,
auxquels devrait s’ajouter
1,83 milliard d’euros correspondant
au transfert, en 2008, des
agents de l’Equipement (entre
32 000 et 35 000) et TOS (techniciens
et ouvriers de service de
l’Education nationale).
Le ministère de l’Equipement
précise que les crédits transférés
visent un maintien du réseau
transféré en l’état mais ne sont
pas prévus pour assumer son
amélioration, rien n’est dit par
ailleurs du parc de matériel précédemment
dévolu aux DDE,
pas plus que d’un éventuel transfert
d’une convention de développement
de ce réseau.
Des règles de répartition
qui restent à établir
Les crédits seront prélevés sur le
produit de la taxe spéciale sur
les conventions d’assurance
(TCA) contre les risques relatifs
aux véhicules, dont les départements
pourraient moduler le
taux en 2007.
Pour l’instant, aucune règle de
répartition de la TCA entre les
départements n’a été établie et les
dispositions de projet de loi de
finances 2006 relatives à ces crédits
seront fixées durant l’été, alors
même que le décret délimitant le
réseau routier national, tout
comme les arrêtés de transfert, ne
seront pas encore publiés.
Enfin, se pose la question de la
participation future des régions
sur ce réseau transféré, alors
qu’elles constituaient jusqu’à
présent le premier contributeur net au financement routier dans
les contrats de plan Etat-régions,
avec 1,598 milliard d’euros à
leur endroit.
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