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Conduite par le président de l’ANEM, François Brottes,
et le secrétaire général, Martial Saddier, une délégation d’élus pyrénéens a été reçue le 25 avril par Serge Lepeltier, Dominique Bussereau, et le représentant
de Marie-Josée Roig sur le plan ours. La rencontre a abouti à un constat d’incompréhension, une nouvelle rencontre à court terme a néanmoins été proposée.
Porteuse des centaines de délibérations
de communes s’opposant à la réintroduction annoncée de
quinze ours femelles dans les
Pyrénées, la délégation de l’ANEM
a témoigné de l’émotion provoquée
par l’absence de concertation
réelle de la part de l’Etat avec
les véritables acteurs du massif.
Les élus ont souligné l’absence de
réponse satisfaisante aux questions
posées par le comité de
massif le 11 février, mettant l’accent
sur le problème de la sécurité
des personnes, ainsi que du
libre accès à la montagne, sur la protection des troupeaux et l’incompatibilité
entre prédateurs et
pastoralisme, et enfin, sur la question
de la responsabilité administrative
et pénale des maires.
Le ministre de l’Ecologie et du
Développement durable, Serge
Lepeltier, a confirmé que la décision
de l’État de réintroduire un
nombre significatif d’ours est irréversible, et que la concertation ne
pouvait porter que sur les modalités.
Il s’est néanmoins déclaré très
sensible aux témoignages.
Un débat renvoyé
à l’issue des concertations
Le ministre de l’Agriculture,
Dominique Bussereau, s’est dit
pour sa part favorable à une " ruralité active ", les professionnels
du pastoralisme n’ayant pas à
supporter les conséquences liées à l’introduction de prédateurs. Les
mesures concrètes de compensation
supposent que son ministère
se voie accorder les moyens financiers
correspondants. Raphaël
Bartolt, directeur de cabinet de
Marie-Josée Roig, ministre déléguée
à l’Intérieur, a souligné de
son côté l’atténuation de la
responsabilité des maires… tout
en admettant qu’elle pouvait être
mise en cause malgré tout.
Le ministre de l’Ecologie, reconnaissant
qu’il ne peut y avoir de
zones exclusivement réservées à
l’ours, a pris l’engagement de travailler à la fois sur les mesures
agricoles d’accompagnement, sur l’aménagement de la responsabilité
pénale des élus, ainsi que sur
les interdictions d’accès à certaines
zones en raison de la dangerosité
des ourses suitées.
Il a proposé une nouvelle rencontre à la délégation, avant fin
mai, une fois achevées les
concertations en cours et la mission
de deux inspecteurs généraux
de l’environnement et de
l’agriculture.
En remerciant le ministre de sa
franchise, le président Brottes a
exprimé la grande déception des élus, qui soulignent que la liberté
de divagation des ours dans les
Pyrénées va se traduire par l’interdiction
du libre accès à la
montagne pour les populations.
Dans ces conditions, les élus
marquent leur forte opposition à
l’oukase du ministre.
La délégation de l’ANEM
Chantal Robin-Rodrigo, députée des Hautes-
Pyrénées, Louis Althapé, maire de Lanne-en-
Baretous (Pyrénées-Atlantiques), Augustin
Bonrepaux, député et président du conseil général
de l’Ariège, Jean-Louis Idiart, député de la
Haute-Garonne, Jean Lasalle, député-maire des
Pyrénées-Atlantiques, François Maïtia, conseiller
régional d’Aquitaine et président de la commission
permanente du massif des Pyrénées.
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