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FONDS STRUCTURELS :
Les élus de la montagne
anticipent les évolutions |
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Le bureau exécutif de l’Association européenne des élus de montagne
(AEM) a adopté, à l’issue de sa réunion à Bordeaux le 13 mars dernier, un avis sur les propositions
de règlements de la Commission relatifs à l’avenir de la politique de cohésion pour la période 2007-2013.
C’est sous l’angle du droit européen
de la concurrence, et plus
précisément du régime des aides
d’Etat à finalité régionale, que les élus européens de la montagne
ont souhaité exprimer leur réaction à l’égard des propositions en
cours de la Commission sur
l’avenir des fonds structurels à
l’usage de l’Union à vingt-cinq.
Ils rappellent ainsi avec force
qu’un traitement uniforme
de situations
objectivement non comparables
relève de l’iniquité.
Certes, ils pointent avec
une certaine satisfaction
que les lignes directrices
de la Direction générale
de la concurrence en
matière d’aides régionales
(Régional Aids Guide
Lines, "RAG») reconnaissent
d’ores et déjà le bien-fondé d’un
soutien public au surcoût permanent
induit par les faibles ou très
faibles densités de population
(respectivement moins de 12,5 et
moins de 8 hab/km2), notamment
dans le secteur des transports,
voire dans ceux d’autres activités.
Ceci devrait approximativement
englober la plupart des territoires montagnards européens… ainsi
que les îles. Néanmoins, le critère
de très faible densité de population
est surtout de nature à favoriser
la grande majorité des territoires
nordiques
Handicap territorial
sous-estimé
Mais là ou leur inquiétude se fait
jour, c’est que les mêmes lignes directrices n’abordent à aucun
moment les handicaps territoriaux
comme fondement légitime
d’aides publiques. La DG
concurrence adresse ainsi implicitement
aux territoires de montagne
(tout comme aux îles
et régions ultrapériphériques) une fin de non-recevoir quant à
l’éventualité d’une application
en la matière de l’article III-220
du traité constitutionnel qui
reconnaît justement la légitimité
de ces territoires à bénéficier
d’un traitement spécifique…
Cette approche semble d’autant
plus indéfendable que les futures
règles de fonctionnement des
fonds structurels telles que les a
proposées la Commission prévoient
un taux d’intervention
majoré pour ces territoires de 5%,
voire de 10 % en cas de handicaps
cumulés (cas de la Corse ou
des Baléares, par exemple).
Or, des deux secteurs de réglementation,
celui des aides régionales
est probablement celui dont
les territoires de montagne peuvent
espérer le plus en termes
financiers, étant donné les marges
de manœuvre très réduites que
proposeront les futurs fonds structurels
aux anciens Etat membres
de l’Union.
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CONVENTION ALPINE :
La France engage la ratification
de sept protocoles |
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L’Assemblée nationale a adopté en première lecture le
10 mars 2005 le projet de loi autorisant l’approbation de sept protocoles d’application de la convention alpine.
Signée le 7 novembre 1991,
la convention alpine n’a été
ratifiée par la France que le
30 novembre 1995, après que
les élus de montagne avaient
exigé et obtenu le dépôt, avec
les instruments de ratification,
d’une déclaration interprétative
qui permettait d’acter que la loi
montagne de 1985 en constituait
une application avant la
lettre.
Claudie Haigneré, ministre
déléguée aux Affaires européennes,
a d’ailleurs confirmé que
cette logique devrait également
s’appliquer au contenu des
protocoles soumis aujourd’hui à
l’approbation des parlementaires.
La plupart sont signés de
longue date. Les trois premiers,
portant sur la protection de la
nature, l’aménagement du territoire
et la forêt de montagne,
l’avaient été en 1994 ; les trois
suivants, consacrés à l’énergie,
au tourisme et à la protection
des sols en 1998. Le dernier en
date, relatif aux transports, qui
fut sans doute le plus âprement
négocié, a été signé en 2000.
Des conséquences
juridiques limitées
Leur entrée en vigueur devrait
donc, conformément aux propos
tenus par la ministre, ne
pas provoquer de
modifications juridiques
du droit
interne français, pas
plus qu’elle n’aura
d’incidence sensible
sur le contenu
des quatre grands
chantiers législatifs
annoncés d’ici l’été :
loi d’orientation
agricole, loi sur
l’eau, loi sur la
réforme des parcs
nationaux, et loi sur
les énergies renouvelables,
puisque comme l’a souligné en
séance le député de l’Isère et
président de l’ANEM, François
Brottes, ces projets sont d’ores et
déjà conformes à la logique du
développement équitable et
durable tel que vient de le définir
pour la montagne la récente
loi relative au développement
des territoires ruraux.
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L’OMC conforte
la réglementation
européenne
sur les signes de qualité |
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L’Organisation mondiale du commerce (OMC)
a publié, le 15 mars 2005, les rapports du
groupe spécial qui avait examiné les plaintes
déposées par les États-Unis et l’Australie
contre la réglementation communautaire des indications géographiques protégées (IGP) et
les appellations d’origine protégée (AOP).
Confirmant le bien-fondé de cette réglementation
du fait de sa transparence et de ses
procédures d’enregistrement et de contrôle
maîtrisées par les Etats de l’Union, l’instance
d’arbitrage international ne l’a pas considérée
comme étant contraire aux principes du libre-échange
dont l’OMC a la garde. En d’autres
termes, la pratique des IGP et AOP ne saurait
constituer une pratique discriminatoire d’effet équivalent à une entrave à la libre-circulation
des marchandises.
Dans ses conclusions, en des termes sibyllins,
le groupe spécial suggère tout au plus de
modifier le règlement communautaire de
manière à ce que ces conditions d’équivalence
et de réciprocité ne s’appliquent pas à
la procédure de demande d’enregistrement
d’indications géographiques situées dans les
autres pays membres de l’OMC, ce qui est
déjà le cas dans la pratique. |
EXPÉRIMENTATION :
L’Agence interrégionale du massif
des Vosges dans l’impasse ? |
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Dans notre numéro 130 de mai 2004, nous nous faisions
largement l’écho des débuts prometteurs de l’expérimentation vosgienne relative à l’entente interrégionale de massif portée par l’Agence interrégionale
du massif susceptible de se transformer à terme en établissement public. Ce schéma n’est plus d’actualité.
En avril 2003, les trois présidents
des régions concernés (Alsace,
Franche-Comté, Lorraine) se sont
portés candidats, au nom de leur
collectivité, auprès du Premier
ministre, pour expérimenter une
démarche spécifique sur le massif
vosgien en matière de politique
de la montagne.
Il s’agissait d’obtenir que les
trois régions se voient confier la
mission d’assurer elles-mêmes,
au moyen d’une structure partenariale
de pilotage, les fonctions
d’animation, de coordination et
de financement de la politique
interrégionale du massif. Le
Premier ministre et Jean-Paul
Delevoye, alors ministre de l’Aménagement du territoire,
ont répondu favorablement à
cette requête, le 17 mars 2004,
en rappelant leur attachement
aux grands principes d’engagement
de l’Etat en matière de
politique de la montagne.
Parallèlement, dès novembre
2003, ils avaient impulsé,
avec les représentants des régions
et le président du conseil général
des Vosges, Christian Poncelet, un
protocole d’expérimentation,
confiant à l’Agence interrégionale
du massif des Vosges (alors sous
statut de la loi de 1901) une mission
d’animation du partenariat
sur ce secteur, en complément du
travail effectué par le préfet coordonnateur
de massif et par son
SGAR (secrétariat général aux
affaires régionales).
La région Alsace
ne donne pas suite
La vacance du poste de commissaire
de massif était déjà à
l’époque perçue comme provisoire,
puisqu’il ne devait pas y
avoir transfert de personnel ni de
fonds d’Etat de celui-ci vers
l’agence. Pour conforter le cadre
juridique de cette opération,
l’agence devait se transformer
en syndicat mixte avant le 31 décembre 2004. Dans l’intervalle,
des élections sont intervenues,
et seule la région Franche-
Comté a délibéré en ce sens.
La région Lorraine conditionnait,
quant à elle, son accord à celui
des deux autres régions, et la
région Alsace, jusqu’alors très
impliquée sur ce dossier, a décidé
de reporter sa décision à la
réunion plénière suivante, dépassant
ainsi l’échéance stricte du
31 décembre 2004.
L’Etat a donc décidé de reprendre
la main en la matière,
notamment pour l’écriture du
futur schéma interrégional de
massif et lancé le recrutement
d’un nouveau commissaire de
massif après une vacance de
poste de près de trois ans.
Les élus en appellent, quant à
eux, à une implication du
comité de massif dans ce programme,
par le biais d’actions
rassemblant tous les partenaires
du massif, une fois que les relations
avec les acteurs institutionnels,
dont l’agence interrégionale,
auront été clarifiées.
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SERVICES PUBLICS EN MILIEU RURAL :
La contribution
de l’ANEM en bon chemin |
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Si les élus de la montagne ne
participent pas en tant que tels à la conférence sur les services publics en milieu rural annoncée par le
Premier ministre, leur contribution sur la spécificité de leurs territoires sollicitée par Frédéric de Saint-
Sernin est en cours d’évaluation.
La conférence nationale sur les
services publics en milieu rural,
annoncée en novembre par le
Premier ministre devant le
congrès des maires, tiendra sa
session d’installation le 17 avril.
Cette instance, a priori temporaire, comprendra 48 membres,
dont six parlementaires (trois
députés et autant de sénateurs),
dix maires de l’Association des
maires de France (AMF), représentant
les communes, quatre
membres de l’Association des départements de France (ADF),
représentant les présidents de
conseil général, deux membres
de l’Assocation des régions de
France (ARF), représentants des
présidents de conseil régional,
deux représentants des présidents
de conseil économique et
social régional, ainsi que des
représentants de l’administration
et des divers opérateurs de services
publics. Elle sera présidée par
Paul Durieu, maire de Camaretsur-
Aigues (84), et membre du
comité directeur de l’AMF.
Elle est supposée organiser ses
travaux autour de quatre thèmes
d’ores et déjà identifiés : l’ancrage
territorial de l’offre de services
publics, la diffusion des
expériences innovantes, les relations de
partenariat de mutualisation
et de financement,
et enfin la rénovation
de la concertation
locale. Initialement envisagé pour juin, à l’issue
d’une ultime réunion plénière, le
rendu des conclusions sous
forme de propositions devrait
intervenir en septembre.
A la suite du courrier de Frédéric
de Saint-Sernin, secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire, au
président François Brottes, et de
la réunion du comité directeur du
3 mars, l’ANEM a confirmé son
intention de fournir une contribution
sur chacun des thèmes de
travail de la conférence.
Celle-ci vise à faire prendre en
compte les spécificités des territoires
de montagne telles que,
par exemple, la durée plutôt que
la distance, pour apprécier l’accessibilité
aux services.
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