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Contrairement à ce qu’avait laissé entendre
le président de la République dans ses vœux (et le numéro de "PLM» du
mois de février), le texte de la charte de l’environnement a été adopté
solennellement par le Congrès le 28 février 2005, en même temps que la loi
constitutionnelle qui permet l’adoption du traité constitutionnel européen.
Le principe juridique de précaution devient désormais une norme juridique
de la plus haute autorité.
Adopté avec 531 voix pour, et
23 voix contre (pour une majorité
requise de 333, soit les 3/5 des
suffrages exprimés), la charte de
l’environnement revient de loin.
En effet, les rangs de ceux qui s’y
étaient déclarés opposés en soulignant
la portée juridique dangereuse
du texte, avaient été
rejoints par un nombre non
négligeable de parlementaires
mécontents de son inscription au
même ordre du jour du Congrès
que la question du traité constitutionnel,
estimant qu’on escamotait
le débat-texte.
A noter que ces deux sources de
mécontentement, l’une technique,
l’autre politique, transcendaient
largement les clivages
politiques traditionnels entre
majorité et opposition. Néanmoins, peu de parlementaires de
la majorité sont allés jusqu’à
confirmer par leur vote leur réticence
envers le texte.
Quant à ceux de l’opposition,
hormis les membres des groupes
communistes, peu ont formalisé
leur abstention (comptabilisée
pour la prise en compte des
résultats), la plupart ayant choisi
de ne pas participer au vote, permettant
ainsi que la majorité des
3/5 soit atteinte.
Des inconnues à éclaircir
Ces défections expliquent un
décompte qui en d’autres circonstances
aurait dû se révéler
beaucoup plus favorable à la
charte, le nombre de non-votants
atteignant le chiffre de 242, soit plus d’un quart des effectifs
totaux du Congrès.
Quoi qu’il en soit, la charte de
l’environnement est maintenant
adoptée et seul l’avenir montrera
si les réticences exprimées au
cours du débat étaient fondées.
Celles-ci trouvaient leur origine
dans l’incertitude juridique qu’introduirait,
dans le droit positif, le
statut constitutionnel de principes
tels que celui de précaution dont
la portée concrète et les limites
restent toujours à déterminer.
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