| Aménagement du territoire |
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Dossier "Aménagement du territoire"
Sommaire du PLM 148
INSTALLATION EN MILIEU RURAL :
La ruralité comme
nouvel art de vivre |
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L’installation en milieu rural, longtemps limitée
au champ agricole, devient un fait de société. De plus en plus de citadins optent pour un retour au pays, voire pour
une implantation en territoire inconnu. Pour accueillir ces " migrants ", des réseaux spécifiques se mettent en
place. Parallèlement, émergent des politiques d’aménagement du territoire.
C’est une évidence : nos espaces
ruraux sont en pleine mutation.
Au-delà du phénomène de
périurbanisation, des zones
délaissées depuis des décennies
et marquées par l’exode rural
renouent avec la dynamique du
développement économique.
Les derniers recensements y ont
mis en évidence une reprise
démographique. Selon Jean-
Claude Bontron, directeur de la
SEGESA (1), " entre 1990 et
1999, le gain migratoire des
espaces à dominante rurale a été
de 254 000 habitants, celui des
communes rurales des
zones périurbaines de
plus de 370 000 ". (2)
Ces chiffres démontrent
non seulement l’attractivité
des communes rurales
situées à proximité
de pôles urbains, mais
aussi la montée en puissance
d’une partie des
zones rurales éloignées.
Qui sont ces " citadins
mobiles " ? En réalité, le
phénomène frappe tous
azimuts. Les "migrants»
recensés sont pour moitié
des actifs. Des ouvriers
aux cadres, en
passant par les jeunes ménages
ou les étrangers, les profils s’avèrent
particulièrement variés.
Les centrales de mobilité en plein essor
Certains reprennent ou développent
une activité agricole, d’autres accompagnent la décentralisation
de leur société ou créent
leur entreprise. D’autres, enfin,
optent pour le télétravail. Tous
sont animés par la même motivation
: renouer avec une certaine
qualité de vie.
Pour les territoires concernés, l’arrivée
de petites unités économiques
devient un gage de stabilité
démographique et économique.
Il convient donc de mettre
en place une véritable politique
d’accueil, d’organiser et de professionnaliser
l’offre territoriale et
les différents acteurs.
Sensibilisés à cette nouvelle
donne, progressivement, élus et professionnels se mobilisent. Pour
autant, la partie n’est pas gagnée.
Il existe en effet de nombreux blocages à surmonter pour que ces
installations constituent les fondements
d’un développement durable.
Offrir des locaux aux créateurs
d’entreprise ne suffit pas.
Pérenniser l’attractivité d’un territoire,
c’est aussi améliorer les services à la population, faire en
sorte que ces " migrants " aient
envie de rester.
(1) Société d’études géographiques économiques
et sociologiques appliquées.
(2) " Les nouveaux enjeux de l’accueil
territorial " , conférence du 15 décembre
2004, à Saint-Brieuc, pour Campagnes en
mouvement, rencontre des acteurs de
l’installation en milieu rural.
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ENTRETIEN
avec JEAN-CLAUDE DAURAT : " Régénérer notre
tissu économique " |
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PLM : Comment est née la
démarche d’accueil en Livradois-
Forez ?
Jean-Claude Daurat : Dès
la création du parc, il y a vingt
ans, la réflexion a porté tout à
la fois sur l’environnement et
sur l’économique. Face à la
baisse démographique, nous
avons imaginé des stratégies
pour attirer une population
extérieure. Cela s’est concrétisé
par des démarches de
communication sur nos territoires
et leurs savoir-faire
ancestraux. Des outils ont été
mis en place, notamment le
réseau Cap’Actif, ou encore le
concours créateur-repreneur d’entreprise.
PLM : Les résultats sont-ils à
la hauteur des espérances ?
J-CD : Chaque année, environ
quarante nouvelles activités se
concrétisent sur le territoire du
parc. Le taux de maintien est
supérieur à 80 %. Il s’agit
essentiellement de microprojets.
Néanmoins, ce développement
reste avant tout endogène.
Seulement 20 % concernent
des nouveaux venus.
PLM : Cette politique d’accueil
a-t-elle été déclinée en
termes d’aménagements ?
J-CD : Oui. La communauté
de commune du pays d’Arlanc
gère huit usines-relais. Se pose
par ailleurs un problème d’habitat
: le locatif privé se trouve dans un état de délabrement
avancé. Nous avons donc travaillé
sur des projets de logements
locatifs communaux ou
intercommunaux. Toujours sur
le pays d’Arlanc, nous avons
aménagé une vingtaine de
logements locatifs, tous ccupés
à ce jour.
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TEMOINS : Patrice Chauveau : " vouloir oser, même sans moyens »
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Patrice Chauveau, " migrant ", créateur de La Gentiane, à Bagnols (Puy-de- Dôme)
C’est suite à la Foire à l’installation en milieu rural, à Limoges, en juin 2003, que Patrice Chauveau a enfin pu finaliser son projet : une maison familiale de
vacances, basée sur une économie sociale et solidaire.
" La communauté de communes de Sancy-Artense m’a proposé de m’installer
dans un ancien centre de vacances fermé depuis plusieurs années. La Gentiane, société coopérative d’intérêt collectif, est née en février 2004. À moyen terme, elle devrait générer huit embauches (chômeurs, personnes au RMI) ", explique-t-il.
Parce que cette réussite n’a pas été sans difficultés, aujourd’hui, Patrice Chauveau n’hésite pas à conseiller les créateurs attirés par une implantation en milieu rural. " Il est fondamental de se faire entourer, de développer des partenariats, de ne pas se laisser abattre par la frilosité des banques ", conclut-il.
Pour en savoir plus : lagentiane-bagnols.org.
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