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Dossier "Energie"
Sommaire du PLM 146
Entretien avec Jacques Bozec : " Transposer les acquis
de l’énergie réservée " |
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L’Anroc* veille à ce que les bénéficiaires de l’énergie
réservée ne pâtissent pas de l’ouverture du marché à la concurrence et retrouvent un coût similaire ’accès à l’énergie.
PLM : Pourquoi la problématique
de l’énergie réservée redevient-elle d’actualité ?
Jacques Bozec : Les communes,
notamment de montagne,
se sont vues attribuer,
depuis la loi du 16 octobre 1919
sur l’énergie hydraulique, un
tarif de facturation préférentiel
pour une partie de leur consommation
d’électricité.
Cette puissance affectée avec un
rabais de l’ordre de 15 à 30%
est appelée " énergie réservée ".
Par ailleurs, un second décret,
du 2 février 1955, spécifie que
la mise à disposition s’effectue
directement sur site.
Aujourd’hui, l’ouverture du marché,
liée à la dérégulation du
secteur de l’électricité, remet
tout cela en cause.
PLM : Quel va être l’impact
financier pour les bénéficiaires
de l’énergie réservée ?
J. B. : Dans l’immédiat, rien ne
va changer. Les questions vont se
poser lorsqu’ils feront valoir leur éligibilité et devront contractualiser
avec leur gestionnaire de
réseau d’une part, un fournisseur
d’autre part. Jusqu’alors, en effet,
le prix préférentiel facturé par
EDF était calculé globalement. Il
incluait la fourniture et l’acheminement.
Dorénavant, la fourniture
et l’acheminement seront facturés
séparément.
Un amendement relatif au mode
de calcul a donc été intégré
dans la loi du 3 janvier 2003. Il
stipule que " l’énergie réservée
est cédée au bénéficiaire par le
concessionnaire de la chute
d’eau à un tarif fixé par arrêté du
ministre chargé de l’électricité ".
Mais l’arrêté prévu n’a pas
encore été mis en œuvre et le
tarif n’a pas été fixé. Pour l’heure,
le flou persiste.
PLM : Quelles vont être les
prochaines étapes ?
J. B. : La loi du 3 janvier 2003
indique clairement que le bénéficiaire
doit payer l’acheminement
en plus. C’est pourquoi un second
amendement a été déposé. En
substance, il
encadre le calcul
du nouveau
tarif. Il
propose que
le dispositif
prenne en compte la perte du
bénéfice sur l’acheminement et
que le rabais sur la fourniture, en
ce qui concerne l’énergie réservée,
soit augmenté. L’examen de
cet amendement n’interviendra,
a priori, que début 2005, en
seconde lecture du projet de loi
d’orientation sur l’énergie.
(*)Association nationale des régies de services
publics et des organismes constituéspar les collectivités locales ou avec leur participation.
Jacques Bozec,
délégué général de l’Anroc. |
| Energie réservée : Le point sur le partenariat
ANEM / EDF |
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A la suite du dernier comité directeur, une douzaine d’élus ont rencontré les dirigeants
et techniciens d’EDF pour réfléchir ensemble à l’avenir de cette disposition datant de 1919, et un peu bousculée
dans sa forme, sinon dans son principe, par l’ouverture récente du marché de l’électricité pour les collectivités.
L’ensemble des participants ont
déploré le vide juridique résultant
de l’absence de publication
du décret supposé fixer les tarifs
de fourniture d’énergie réservée
à l’issue des avancées apportées
par la loi du 3 janvier 2003 relative
aux marchés du gaz, de
l’électricité et au service public
de l’énergie (art. 58).
Il s’avère que le groupe de travail
doit traiter une problématique
double consistant, d’une
part, à simplifier le dispositif, et
d’autre part, à trouver un aménagement
pour faire respecter le
droit de la concurrence, eu égard aux rabais consentis tant
sur la fourniture que sur la distribution
de ces contingents
d’énergie réservée.
Dans le cadre de la discussion,
EDF précise qu’elle continue
d’honorer les contrats souscrits
par le passé à titre conservatoire
en les assortissant de clauses de
révision annuelle. On se place
bien dans le domaine de la réquisition par rapport à une
certaine quantité d’énergie produite
et distribuée jusqu’alors
par EDF. Cette réquisition préfectorale
s’effectue au profit des départements qui ensuite en
répercutent le contenu sur les
différents bénéficiaires, disposant
ainsi d’une certaine marge
de manœuvre.
Quoi qu’il en soit, certains élus dénoncent le grignotage
du système depuis
vingt, ans car tous les préfets
ne semblent pas réquisitionner
l’intégralité du
quota dévolu, ce qui place
les conseils généraux dans
une situation délicate.
Bien quantifier
les enjeux
EDF, de son côté, se plaint
des frais de gestion excessifs
par rapport au volume
d’énergie réservée et pointe
les problèmes de compatibilité
avec le droit européen
de la concurrence,
mais aussi avec le code
général des collectivités
territoriales pour ses dispositions
relatives aux aides accordées
par les conseils généraux.
De fait, pour remédier à cette
situation confuse, il semble utile
de bien quantifier les enjeux
propres à l’énergie réservée et
de faire preuve d’imagination sur des solutions de substitution
qui ne remettraient pas en cause
les avantages acquis, souvent
conçus comme un dédommagement
vis-à-vis des nuisances
subies par les collectivités et
riverains au moment de l’installation
d’usines hydro-électriques
(obtenir une contrepartie basée
sur autre chose que de la puissance électrique mise à disposition,
réfléchir dans une perspective
plus large de gestion de
l’eau et de meilleure utilisation
des bassins versants).
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