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Dossier "Agriculture"
Sommaire du PLM 146
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LOI D'ORIENTATION : La synthèse des débats régionaux |
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Fruit d’un partenariat entre les chambres d’agriculture et les services de l’Etat, les
débats régionaux dans la perspective de la rédaction du futur projet de loi d’orientation agricole ont été particulièrement
denses et riches. " PLM» livre un aperçu de la synthèse qu’en a présenté la Commission nationale d’orientation.
Les compte rendus de la totalité
des débats rédigés par les Directions
régionales de l’agriculture
et de la forêt représentent une
compilation de 400 pages que la
commission nationale a synthétisée
en une cinquantaine de pages. La forte participation et le
foisonnement des contributions,
allant bien au-delà des représentations
habituelles du monde agricole, ont fait la preuve d’une
attente très forte, principalement
du côté des agriculteurs, qui sont
à la recherche de perspectives
d’avenir et de nouveaux repères.
Cette abondance confirme également
la pertinence du questionnement,
tel qu’il était organisé,
autour de cinq thèmes de
réflexion (organisation économique,
conditions de vie et de travail,
accès au foncier, relations
institutionnelles, vision partagée
de l’agriculture). La diversité des
sources d’expression confirme de
son côté que l’agriculture est un
enjeu fort qui se hisse au statut de
véritable thème de société.
Aller au-delà de propos
prudents ou traditionnels
Sur le plan du contenu, l’analyse
des propositions montre toutefois
une grande prudence dont il ressort
que les outils de la politique
agricole actuellement en place
ne sont pas du tout contestés. De
même, pour ce qui concerne les relations entre agriculture et
société, il s’avère que la vision
qui émane des débats régionaux
reste encore trop exclusivement
repliée sur l’activité agricole traditionnelle.
La commission nationale, si elle
a tenu compte de tous les propos échangés, a donc dû aller au-delà,
notamment en procédant à
des auditions, pour dégager une
batterie de propositions qui
iraient un peu plus de l’avant.
Celles-ci s’organisent autour des
quinze thèmes suivants :
● organisation de l’offre et des
filières;
● gestion des risques et des aléas;
● développement de nouveaux
débouchés;
● qualité et différenciation des
produits;
● statut de l’exploitant et de l’exploitation;
● accompagnement de l’installation,
de la transmission et de la
reconversion;
● situation des salariés agricoles;
● outils de mises en commun
(main-d’œuvre et matériel);
● outils de gestion globale de
l’espace foncier rural;
● politique des structures et des
outils;
● relations entre propriétaires et
fermiers;
● modes et niveaux d’organisation
et de concertation;
● services environnementaux et
territoriaux;
● évolution des régimes fiscal et
social;
● adaptation du dispositif de
recherche, de développement et
de formation.
Le ministre a annoncé que la
phase consacrée au débat est
désormais achevée et que la
période de définition des orientations
générales s’ouvre, afin de
conduire à un projet de texte
dont il a réaffirmé qu’il souhaite
la mise en application en 2006.
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ETUDE : Découplage et paiement
unique en montagne |
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Une étude récente du Groupement d’intérêt scientifique
(GIS) des Alpes du Nord décrit les effets sur les exploitations de montagne d’une pratique du découplage des
aides à l’agriculture telle que pourrait l’imposer l’accord final du cycle de Doha, lorsqu’il sera signé. Une anticipation
qui permet d’envisager dès à présent de nouvelles orientations pour la politique agricole de montagne.
L’Organisation mondiale du
commerce (OMC) a pour objet
de mettre un terme aux subventions
qui provoquent des distorsions
de concurrence sur les marchés
mondiaux. Les instruments
de la politique agricole commune,
notamment les aides
directes à la production et les
mesures de soutien au marché,
sont donc condamnés à poursuivre
leur adaptation engagée
depuis les accords de Marrakech
en 1994 qui avaient conclu
l’Uruguay Round(*). En renforçant
encore le découplage des aides,
c’est-à-dire en remplaçant les
aides proscrites par des aides
directes au revenu, l’Union européenne
devrait en venir à procéder, à partir de 2008, à un paiement
unique par exploitation.
C’est tout l’intérêt de l’étude du
GIS des Alpes du Nord que d’anticiper
ce scénario en fonction de
plusieurs hypothèses (découplage
partiel ou total) en l’appliquant
aux exploitations de montagne
nord-alpines, avec un intérêt particulier
pour les exploitations laitières
qui va jusqu’à distinguer les
zones spécifiques de production.
La fin annoncée
de l’agriculture de montagne?
Les résultats semblent alarmants
puisque les auteurs de l’étude
vont jusqu’à envisager l’éventualité
d’un abandon total de production
agricole en montagne.
C’est en tout cas une certitude
pour ce qui concerne l’élevage
bovin-viande en cas de découplage
total.
Pour faire face à ce traumatisme
annoncé, les auteurs de l’étude
préconisent en premier lieu l’évolution des producteurs
(compétences, rationalisation du
travail, réactivité au marché et
inventivité en matière de diversification).
Ils recommandent également
de procéder à une répartition
nouvelle et mieux ciblée
des droits à produire dans le secteur
laitier, ainsi qu’à une augmentation
significative des crédits
consacrés aux mesures de
développement rural.
Ils concluent enfin que dans un
système installé de découplage,
les exploitations de montagne
ont tout intérêt à ce que les références
historiques 2000-2002,
qui servent actuellement de base
au calcul des paiements directs
et avantage plus les exploitations
de plaine, soient progressivement
abandonnées.
Ce diagnostic éclairant intervient
au moment opportun pour que
les enseignements puissent en être tirés dans la cadre des
réflexions en cours à Bruxelles sur
l’avenir de la politique agricole
commune.
(*) Cycle de négociations commerciales
multilatérales (1986/1994) qui conduisit à
la création de l’ONC. |
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