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Dossier "Finances locales"
Sommaire du PLM 146
Réforme de la taxe professionnelle :
des réactions contrastées parmi les élus locaux |
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Avec 23,4 milliards de recettes votées
par les collectivités locales en 2003, la taxe professionnelle représentait entre 13,5 et 16,5% de leurs ressources.
Rien d’étonnant dès lors à ce que les élus aient diversement réagi aux différentes options du rapport Fouquet, en
fonction des collectivités dont ils ont la charge.
La première innovation introduite
par ce rapport consiste en
la redéfinition totale de l’assiette
de la taxe. Déjà amorcée en
1999 avec la suppression de la
part salaires, elle subirait désormais
une véritable métamorphose
en étant basée à 80% sur
la valeur ajoutée (au lieu de
50% actuellement), ou subsidiairement,
sur l’excédent brut
d’exploitation, mais c’est bien la
valeur ajoutée qui est visée.
Maintien du lien
entre territoire et activité
Le seul impact de ce changement
fera baisser de façon substantielle
la cotisation des industries
(de 300 à 1600 millions d’euros)
et augmenter de 500 millions
d’euros la part des activités commerciales.
Les 20% résiduels de
l’assiette seraient constitués par
la valeur locative foncière afin de
préserver le lien physique entre
territoire et activité économique,
disposition à laquelle sont attachés
maires et présidents d’établissements
publics de coopération
intercommunale (EPCI). Par ailleurs, les équipements et biens
mobiliers échapperaient désormais
totalement à la taxation.
En second lieu, la taxe professionnelle
rénovée fonctionneraitavec un taux local, voté par les
collectivités, mais encadré par
un plancher et un plafond déterminés
par le législateur, afin
d’éviter les disparités trop fortes
entre territoires. L’Association
des maires de France (AMF) souhaite
que l’écart entre le plan-cher et le plafond préserve la
marge de manœuvre des collectivités
concernées.
Suppression illogique
de la part régionale
En troisième lieu, le rapport préconise
la suppression de la part
régionale de la taxe, ce qui représenterait
une diminution de l’imposition
des entreprises de l’ordre
de 2 milliards d’euros, pour limiter
les transferts de charge. Une telle mesure mécontente fortement
les régions qui déplorent
que leurs recettes fiscales soient
de plus en plus en contradiction
avec leurs compétences.
Pour mettre en place une telle
réforme, il semble nécessaire
d’aménager une longue phase
de transition. Douze ans sont
prévus à partir de l’année-test
2007, avec une répercussion
annuelle de l’impact du changement
par douzième. Parallèlement,
la commission se montre
favorable à une compensation
dont les modalités restent à définir
; soit modulation des dotations
de l’Etat, soit recyclage des
surplus de recettes des collectivités
gagnantes avec la réforme.
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| DGF : Les acquis de la montagne en partie préservés |
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A l’issue de la commission mixte paritaire relative à la loi de finances pour 2005, les deux chambres se sont prononcées fin décembre sur la version définitive du texte qui réforme la
dotation globale de fonctionnement (DGF).
En ce qui concerne les communes
de montagne, le bilan est
plutôt satisfaisant puisque la part
superficiaire de la DGF reste
maintenue à 5 euros par hectare
contre 3 pour les autres.
De la même façon, en cas de
diminution de dotation en 2005
pour les deux fractions de la
dotation de solidarité rurale
(DSR), les mécanismes de garantie
ont été entérinés.
En revanche, le coefficient multiplicateur
de la DSR pour les
bourgs-centres situés en zone de
revitalisation rurale (ZRR) a été
fixé à 1,3 au lieu de 1,5 au Sénat
(mais 1,15 à l’Assemblée). Pour
les intercommunalités, le resserrement
du montant des dotations
par habitant entre les établissements
publics de coopération
intercommunale (EPCI) ruraux
les plus pauvres et urbains les mieux dotés est effectif et prévoit
une procédure d’accélération du
rattrapage.
Pas de garantie de croissance
pour la DFM en 2006
Enfin, les départements éligibles
en 2004 à la dotation de fonctionnement
minimale (DFM)
n’auront qu’une garantie de progression de 6% en 2005, alors
que l’Assemblée avait adopté un
dispositif leur assurant une progression
moyenne de 13%.
Aucune garantie sur sa croissance
en 2006 pour les 24 départements éligibles en 2004 (dont
15 de montagne) n’est assurée.
L’absence de simulations fiables
a empêché toute avancée significative
sur l’avenir. Il faudra
donc se montrer particulièrement
vigilant lors du débat au
Parlement en juin prochain sur
le rapport d’évaluation de la
réforme qui présentera son
impact précis et concret. |
| Le juste prix
de l’enlèvement
des ordures ménagères |
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Avec 4,14 milliards d’euros en 2003, la TEOM
(taxe d’enlèvement des ordures ménagères)
se situe au quatrième rang des impôts
locaux. Jusqu’à présent, elle était calculée
sur la base de la valeur locative des propriétés
foncières bâties à laquelle était appliqué
un taux unique, système générant de
nombreuses iniquités car complètement
déconnecté du service fourni.
Désormais, grâce à un article additionnel
apporté par le Sénat à la loi de finances
pour 2005, les communes et groupements
de communes pourront moduler le taux de
leur TEOM pour tenir compte des différences
de coût d’une zone à l’autre. Les collectivités
auront la charge de la définition des critères
susceptibles de faire varier le taux
(fréquence des ramassages, par exemple).
Par ailleurs, à service équivalent, sur un
même territoire, les taux devraient être
harmonisés à l’issue d’une période de dix
ans. Des taux incitatifs pour les communes
qui accepteraient sur leur territoire l’installation
d’unités de traitement pourraient être
instaurés.
Puis, afin de limiter les disparités les plus
criantes du fait de l’obsolescence des
valeurs locatives, communes et EPCI pourront
voter un dispositif de lafonnement de
la base d’imposition de la TEOM.
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