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Sommaire du PLM 146

Entretien avec Claude Muyard :
" Un rendez-vous incontournable "

Le Festival international des métiers de montagne s’est déroulé à Chambéry du 25 au 28 novembre dernier. Pour sa dixième édition, la manifestation a enregistré une affluence record, à la hauteur de la place que détient l’événement dans l’univers montagnard.

PLM : Créé en 1994, ce festival vient d’avoir dix ans. A-t-il, au fil des années, rempli ses différentes missions?
Claude Muyard : Oui. Pour les professionnels de la montagne, c’est devenu un extraordinaire lieu de rencontre sur les sujets qui leur tiennent à cœur, notamment la saisonnalité et la pluriactivité. Les tables rondes et les carrefours constituent autant d’occasions de soulever les problématiques en jeu, de faire le point, de rencontrer les administrations concernées et d’obtenir des réponses.
Par ailleurs, le festival participe à la découverte de la montagne et de ses activités par les jeunes. Les instituts de formation et les syndicats professionnels présentent les métiers et les filières d’accès. Une bonne partie des visiteurs sont des jeunes en instance d’orientation, des demandeurs d’emploi, ou encore des salariés désirant se qualifier ou se reconvertir.
Enfin, organisé tour à tour en France et à l’étranger, il offre une dimension internationale non négligeable, une ouverture sur d’autres expériences culturelles et professionnelles et sur différents aspects légaux et administratifs.
PLM : En quoi l’événement intéresse- t-il les élus de montagne?
C.M. : C’est un lieu de débat, une source d’informations. Les élus y trouvent des réponses en termes d’accessibilité à l’emploi, du droit de travailler au pays. Travailler en montagne implique des exigences qui se répercutent sur le rapport que les individus entretiennent avec leur activité professionnelle.
Le développement de leurs compétences apparaît comme l’un des facteurs de l’excellence de la vie en montagne. Ce n’est pas un hasard si l’ANEM, associée à d’autres opérateurs, a relevé le défi que représentait un tel festival.
PLM : Comment se dessinent les prochaines éditions?
C.M. : En dix ans, ce festival a su ne pas s’essouffler : il a même mûri. Les professionnels en font aujourd’hui un événement majeur. Signe de son attractivité, de nombreux partenaires en profitent pour organiser leur assemblée générale ou des réunions.
L’interactivité entre les différents intervenants, institutions et professionnels, s’avère de plus en plus évidente et constructive. Nous allons donc conserver les grands principes de fonctionnement, dont celui de la souplesse, qui nous permettront de répondre aux besoins émergents.

Claude Muyard, coprésident du Festival international des métiers de montagne.


Le Festival 2004 en bref

Organisé sur un espace total de 8 000 m2, le festival a accueilli l’an dernier 26 000 visiteurs. 22 carrefours thématiques ont été organisés, notamment sur le statut de saisonnier et la pluriactivité :
● la prise en compte des conditions de vie et de travail des saisonniers : véritable enjeu ou effet de mode ?
● comment définir et obtenir un véritable droit à la formation des saisonniers et pluriactifs ?
● quelles politiques publiques de formation pour vivre et travailler en montagne ?


Réhabilitation : Les parlementaires de montagne corrigent le tir

Lors d’un déjeuner de travail organisé au Sénat le 30 novembre 2004, les sénateurs de montagne ont établi le sens dans lequel ils modifieraient la mesure fiscale en faveur de la réhabilitation à l’occasion de la seconde lecture du projet de loi sur le développement des territoires ruraux (DTR).

Les représentants des stations de montagne et du littoral, d’Orcières-Merlette, de Métabief, de La Norma, de Saint-Jean-de-Monts, participaient à la rencontre et ont fait part de leur expérience.
De celle-ci, il ressort que les opérations de réhabilitation de l’immobilier de loisir (ORIL) ne concernent qu’un nombre modeste d’appartements, que
l’intervention financière des conseils généraux est certes coûteuse mais indispensable, que le dispositif fonctionne globalement mieux en montagne que sur le littoral et que la mise en marché souffre d’insuffisances telles que l’absence de clientèle étrangère ou de location hors saison.

Relancer le dispositif sans en amoindrir la portée

La question de la réduction de la durée de mise en location a ensuite été discutée pour savoir si elle serait de nature à constituer un facteur de relance suffisant. Plusieurs sénateurs s’y sont déclarés ouvertement hostiles en faisant valoir que l’objectif recherché était avant tout d’augmenter la fréquentation des stations en évitant les volets clos et que par conséquent réduire la durée obligatoire de mise en marché amoindrirait la portée du dispositif.
L’amendement préparé par l’ANEM consiste à rétablir la disposition votée au Sénat : réduction de 40 % de l’impôt sur les revenus fonciers (après déduction
des aides publiques du montant total des travaux) sur six ans, –10% les deux premières années, –5% les quatre suivantes, en contrepartie d’un bail de neuf ans dans le cadre d’un village résidentiel de tourisme (VRT).
En tout état de cause, les participants étaient unanimes à rejeter le resserrement du dispositif sur les zones de revitalisation rurale (ZRR) car l’expérience démontre qu’il est indispensable pour les zones montagne, littorales et thermales.

 

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