|
Dossier "Finances locales"
Sommaire du PLM 145
 |
Les propositions de l’ANEM acceptées pour partie
Le dialogue entamé avec Jean-François Copé, ministre chargé
de l’Intérieur, avant et pendant le XXe congrès de l’ANEM (voir PLM n° 144, pages 6 et 7), a continué au Parlement et porté ses fruits.
La réforme de la DGF, débattue
dans le cadre du projet de loi de
finances pour 2005, a déjà été
examinée par les deux assemblées.
Tout d’abord, à l’Assemblée
nationale, la dotation de
base – égale au produit de la
dotation par le nombre d’habitants – a été resserrée dans une
fourchette de 1 à 2 (de 60 à
120 €, contre 50 à 125 € initialement),
en fonction des strates démographiques, ce qui est favorable
aux petites communes.
Ensuite, le principe de la création
d’une dotation proportionnelle à
la superficie marque un progrès.
Celle-ci, d’un montant de 3€ par
hectare, a été majorée de 2€
pour les communes de montagne à l’Assemblée nationale.
Enfin, au Sénat, sur proposition
de Pierre Jarlier, en phase avec le
groupe montagne, le gouvernement
a accepté de ne plus plafonner
le montant de cette dotation
au niveau de celui de la
dotation de base (hormis le cas
extrême des communes de
Guyane) afin de ne pas léser
notamment les plus petites communes à faible population.
Sortir la dotation superficiaire
du potentiel fiscal
Une déception demeure sur le
calcul du potentiel financier. En
effet, la dotation superficiaire a été créée pour compenser de
lourdes charges induites par un
vaste territoire réparties sur un
faible nombre d’habitants. Son
montant devrait donc être retiré
du potentiel financier, sauf à
reprendre d’une main ce qui est
donné de l’autre. Le gouvernement
s’y oppose et aucune
assemblée n’a voté cette disposition. En ce qui concerne la première
fraction (bourgs-centres)
de la dotation de solidarité rurale
(DSR), la réforme substitue le
potentiel financier au potentiel fiscal et resserre les conditions
d’éligibilité.
La solidarité envers le rural
sensiblement renforcée
Sa croissance avantage les communes
situées en zone de revitalisation
rurale (ZRR), car si l’enveloppe
globale progresse de 20%
(+ 80 millions d’euros) à l’intérieur
de celle-ci, la part destinée aux
ZRR est majorée. En effet, les sénateurs de montagne, en phase
avec le gouvernement, ont
demandé le rétablissement du
coefficient majorateur de 1,5
(contre 1,15 à l’Assemblée nationale).
Cela va dans le sens souhaité
par l’ANEM depuis des années.
Au surplus, le Sénat a adopté un
autre amendement proche de
celui préconisé par notre association,étalant sur deux ans la perte
d’éligibilité ou une importante
diminution de la DSR du fait de la
réforme. Un amendement sénatorial
prévoit qu’un rapport présentant
notamment les principaux
résultats et les difficultés de la
réforme sera présenté au
Parlement avant le 30 juin 2005.
Le bilan est donc plutôt positif
pour les communes de montagne.
Reste à espérer que les conclusions
de la commission mixte
paritaire ne remettront en cause
aucun de ces acquis.
|
 |
Ne pas diluer le rural pauvre
Pour 2005, la croissance de la
dotation de fonctionnement minimale (DFM) pour les départements antérireusement
éligibles a été initialement fixée à 6 %. Mais à partir de 2006 les
mécanismes devraient faire l’objet d’une refonte complète, et un premier bilan
pourra être établi de la substitution du potentiel financier au potentiel fiscal.
La réforme de la dotation
de fonctionnement minimale
(DFM), d’un montant de 162
millions d’euros, distribuée à 24
départements en 2004, dont 15
de montagne, prévue dans le
projet de loi de finances pour
2005, s’inscrit dans le cadre
d’une réorganisation de la péréquation
départementale autour
d’une composante urbaine
(constituée par la nouvelle dotation
de péréquation urbaine,
DPU) et d’une composante rurale
(actuelle DFM, élargie à l’ensemble
des 64 départements
ruraux).
Une progression endiguée
Le montant de la nouvelle DFM
(qui regroupera ainsi en une dotation
unique l’ensemble des montants
destinés aux départements
en milieu rural au titre de la péréquation)
correspondra à la part de
dotation de péréquation 2004 attribuée à des départements non
urbains (64) ainsi qu’à la masse
totale de la DFM en 2004.
Compte tenu de ces éléments, à
l’Assemblée nationale, Michel
Bouvard, député de la Savoie, a
fait adopter un dispositif limitant
les plus fortes hausses, portant
ainsi la progression minimale de
la DFM à 6 à 12 % pour l’ensemble des départements.
Ensuite, les sénateurs de montagne
ont proposé de préserver de
façon pérenne une quote-part de
30 % de la DFM au profit des 24
départements éligibles en 2004,
mais ils n’ont pas été suivis. Ils
ont tenté en vain d’apporter certaines
précisions sur le critère
voirie, le gouvernement assurant
une évaluation objective du
transfert de la voirie.
|
| Le comité des finances locales élit un nouveau président |
|
 |
La récente invalidation par le Conseil d’Etat de l’élection de Didier Migaud à la présidence
du Comité des finances locales (CFL) avait introduit un climat d’attente au
sein d’une instance appelée à statuer régulièrement sur les modalités de répartition
des principaux concours de l’Etat aux collectivités locales. L’élection de Gilles
Carrez, député du Val-de-Marne, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale,
lors de la réunion du 7 décembre 2004, devait mettre fin à ce climat.
De la même façon, la constitution de la commission chargée d’évaluer les compensations
des transferts de compétences liés à l’acte II de la décentralisation a fait
l’objet d’un projet de décret examiné lors du CFL du 26 octobre. Elle devient une formation
restreinte du CFL présidée par un élu, conformément à l’engagement du
gouvernement. Elle comprendra 22 membres désignés en son sein par le CFL, dont
11 représentants de l’Etat, 2 des régions, 4 des départements et 5 des communes
et EPCI. Elle se réunira en trois sections, une par niveau de collectivités locales, avec
un nombre égal de représentants de l’Etat et d’élus dans chacune d’elles.
|
|
 |
|