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ATELIERS :
Services publics,
dérégulation de l’énergie,
gestion de l’eau, sécurité civile |
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Sommaire du PLM 144
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Quelles conditions pour une politique
réellement partenariale ?
Cette table ronde
devait surtout aborder la question des partenariats avec les services publics
qui se désengagent et les conditions du passage à " autre chose " sur les
territoires. Elle a permis un échange, quelques bons mots, et peut-être l’assurance
d’une mobilisation prochaine plus musclée des élus sur le sujet.
La Poste, la gare et la perception
qui ferment, depuis
quelques années, le propos
n’est pas nouveau. Les entreprises
publiques font pourtant
valoir leurs efforts dans leurs
missions de service public :
nombre invariant de points
contact depuis 1954 selon
Jacques Savatier, directeur des
affaires territoriales et du service
public, accès au haut
débit sur 90 % du territoire fin
2004, et presque 100 % fin
2006 selon Gérard Jaureguiberry,
directeur-adjoint des
relations avec les collectivités
locales de France Télécom.
Néanmoins, chez les élus de
montagne, c’est le sentiment
d’être " laissés pour compte "
qui prévaut. Depuis longtemps,
ils sont confrontés aux logiques
de rentabilité.
Anticiper les évolutions
et mutualiser les moyens
La péréquation des tarifs sur
l’ensemble du territoire demeure
et des solutions nouvelles
de partenariat permettent
de mieux anticiper, et de
mutualiser efficacement les
moyens pour mettre en place
les réponses adaptées aux
besoins des populations, encore
faut-il que les élus
connaissent ces possibilités…
Selon Jean-Dominique Poncet,
vice-président de l’APEMSP
(collectif fédérant les maisons
de services publics), c’est
le volontarisme des élus qui
permettra de dessiner à l’avenir
la nouvelle carte des services
sur le territoire, et les maisons
de services publics sont
l’une des réponses éprouvée
depuis dix ans. Un credo qui
n’a pas totalement convaincu
la moitié sceptique de l’assistance…
Joël Giraud, vice-président de
la région PACA et député des
Hautes-Alpes concluait l’atelier
en déplorant que " si les lois
avaient une juste application,
nous n’en serions pas là… ".
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Quels enjeux pour les collectivités
territoriales ?
L’ouverture du marché de l’électricité et du
gaz soulève actuellement les interrogations les plus nombreuses, sur l’avenir
des petites communes notamment. Le délégué Rhône-Alpes d’EDF,
Pierre-Yves Madignier, et François Brunéro, chef du département canalisé Primagaz, se sont voulus aussi didactiques que rassurants.
Les inquiétudes suscitées chez
les élus par la mise en concurrence
de la fourniture d’énergie
se résumaient dans la question
de Jean Launay, député du Lot,
membre du comité directeur de
l’ANEM : " Que devient désormais
la notion de service public
et cette déréglementation ne
va-t-elle pas aboutir à accroître
les inégalités entre les grandes
et les petites collectivités ? "
Sur ce point, Michel Derdevet,
directeur de la communication
et des relations extérieures chez
RTE (le gestionnaire du Réseau de transport d’électricité) s’est
voulu rassurant en rappelant
que " les rémunérations de RTE
sont fixées à travers des tarifs
publics [uniformes] (…),
contrairement à d’autres pays comme l’Allemagne, où des
négociations sont possibles ".
Le droit de garder ses tarifs
et d’en chercher de meilleurs
Pour François Brunéro, de Primagaz, " l’existence d’un tarif
national agit comme un facteurd’équité qui protège les communes
dont l’équipement plus
compliqué s’avère, de fait plus
coûteux ".
Les collectivités locales semblent
par ailleurs protégées,
puisque la loi leur permet de
rester au tarif actuel tout en les
autorisant à lancer des consultations
auprès d’autres fournisseurs.
Elles pourront d’ailleurs
se regrouper à cette fin sans
réelle contrainte géographique.
Comme le soulignait Alexis
Gellé, de la Fédération nationale
des collectivités concédantes
et régies : " La loi laisse à
la collectivité la liberté de prendre
le temps qu’elle désire
avant de se déclarer éligible. "
C’est peut-être pour cette raison
que seulement une dizaine
d’appels d’offres ont été lancés
depuis juillet 2004. |
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Comment concilier les contraintes
touristiques, urbanistiques
et environnementales avec les
enjeux économiques?
Pour les élus des communes de montagne, le problème de l’eau se pose souvent sous de nombreux
aspects : l’environnement, l’économie, l’urbanisme sont des thèmes intimement
liés à cette ressource. L’eau, il faut la trouver, la partager, et surtout
la payer.
Annie David, sénateur de
l’Isère, estime que " la voix
des élus de montagne doit se
faire entendre sur des sujets
aussi importants que la gestion
de l’eau ". Les parlementaires
de l’ANEM ont d’ailleurs
contribué à réussi à faire
passer plusieurs amendements
qui prennent mieux en
compte les particularités de la
montagne, notamment pour
ce qui relève de l’urbanisme
en bordure de lacs.
Pour Philippe Lagrange, directeur
commercial adjoint à la
Générale des eaux, " les élus
locaux doivent connaître parfaitement
les caractéristiques saisonnières liées aux usages
de l’eau dans leurs communes ", afin de leur apporter les
réponses les mieux adaptées.
Une question
stratégique délicate
Pierre Roux, délégué de bassin
Rhône-Méditerranée pour EDF,
reconnaît que la gestion de
l’eau en tant que ressource
hydroélectrique ne saurait se
passer des échanges d’informations
avec les riverains, les plaisanciers
et surtout les élus…
Les multiples interventions des participants à l’atelier ont
confirmé que l’eau représentait
bien une question stratégique
délicate non seulement
au regard de la législation à
respecter, mais aussi en
matière de coûts. Pour Eric
Versini, directeur régional de
Dexia Rhône-Alpes, " il faut
trouver des solutions de financement
adaptées à la durée de
vie des équipements. Aujourd’hui,
on peut faire des prêts à
5 % sur 50 ans ".
Evoquant l’avant-projet de loi
sur l’eau qui devrait être mis
en débat courant 2005, Annie
David a conclu l’atelier en
invitant les élus à faire remonter à l’ANEM leurs témoignages
et leurs propositions. |
| Secours et réforme de la sécurité civile |
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Un dispositif nouveau qui renforce
l’action préventive
Permettre l’expression de toutes les forces vives
du secours en montagne sur les dispositions
contenues dans la loi du 13 août 2004 et faire valoir leurs points de vue avant publication des textes d’application étaient les objectifs de cette rencontre.
La discussion a débuté par un
rappel du député-maire de
Bonneville, Martial Saddier.
Président de cette table ronde
il a évoqué certaines données
propres aux secours en général.
D’après l’article 2212-2 du
code général des collectivités
territoriales, " le maire est
chargé d’assurer la sécurité sur
sa commune ".
La gratuité des secours est un
principe général en France
remontant à 1733, qui s’applique à environ 1 300 000
cas par an. Le secours aux personnes
est gratuit, et les frais
sont pris en charge par la collectivité.
Martial Saddier a par
ailleurs précisé que les 4 700
sorties en montagne représentent
seulement 0,5 % des interventions
de secours.
Le préfet Marcel Peres a synthétisé
les conclusions de son
rapport, récemment remis au
ministre de l’Intérieur, sur la
gratuité des secours : " En
aucun cas, n’a été remis en
question le principe de gratuité
des secours dans les stations de
sports d’hiver.»
Le principe de gratuité toujours respecté
Il a ensuite démontré pourquoi,
selon lui, le secours en
montagne doit être gratuit : " Si
l’on compare à ce qui se fait en
mer, à activité comparable, le
principe de gratuité est toujours
respecté. Lors d’accidents
de la route, là encore le
principe de solidarité est toujours
retenu alors que la
responsabilité du conducteur
est fréquemment mise en
cause. "
Le préfet estime donc normal
que le secours soit pris en
charge par la nation, surtout en
montagne : " Elle permet des
activités éducatives, elle est
utile en retombées économiques et a un effet bénéfique
sur la santé. "
Jean-Henry Mir, maire de Saint-
Lary-Soulan (Hautes-Pyrénées),
s’est déclaré rassuré par ces éléments
: " Le plan ORSEC va
devenir un outil préventif. On
pourra sans concurrence mettre
tout le monde autour de la
table : le privé, le public et les
associations de secours. "
La parole fut ensuite donnée
aux représentants de la police,
des pompiers et des CRS. |
| Clarifier encore
le COMMANDEMENT
DES SECOURS |
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Le capitaine Emmanuel Quiblier,
directeur du peloton de gendarmerie de haute montagne
PGHM) de l’Isère estime que " la loi a réaffirmé le rôle de la
gendarmerie. Le texte clarifie une situation ambiguë puisque
jusqu’à aujourd’hui un pompier devait être au COS (commandement
des opérations de secours). La mixité du commandement
offre un gage de sécurité et pose une base juridique
solide à une situation qui existait déjà de fait ".
Est-ce vraiment un plus d’avoir un officier de police judiciaire
dans l’équipe de secours ? ", interroge un membre de l’auditoire. " Il est essentiel que l’enquête soit concomitante aux
opérations de secours ", répond le militaire. Il a ensuite donné
l’exemple de certaines interventions qui avaient nuit à l’enquête
judiciaire en effaçant des traces et des indices qui
auraient pu s’avérer précieux.
Le
lieutenant-colonel Linchenau, secrétaire général de la Fédération
nationale des sapeurs-pompiers, a sur le point de la
mixité du commandement des opérations de secours exprimé
quelques réserves: " Il n’appartient pas à un corps de discuter
et de revenir sur une loi quand le Parlement a tranché. Mais le
texte ne lève pas toute ambiguïté en ce qui concerne le commandement
dans tous les départements montagneux. Cela se
passe mal en ce moment, et il est nécessaire d’aller vite : il faut
déterminer une authentique coopération, trouver une place
pour les sapeurs-pompiers afin de garder un volontariat actif. "
Toujours selon le représentant des pompiers, " on ne peut pas
faire de la police judiciaire tout en exerçant des secours ".
Le commandant Petit-Jean, commandant de la Compagnie de
CRS des Alpes et représentant des CRS de montagne, est du
même avis que le capitaine Quiblier : " La loi a rassuré les CRS
grâce à l’article 2. CRS de haute montagne est un métier difficile
et il n’est pas question d’envoyer des équipes d’interventions
quand la chaîne de commandement n’est pas clairement
définie. "
Au niveau de la collaboration, le commandant a souligné que " sur le terrain, ce sont toujours des montagnards qui secourent
des montagnards, aucun problème de commandement
n’intervient ".
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| Gratuité NE
SIGNIFIE PAS absence de coût |
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La parole fut enfin donnée à Yannick Métairie, représentant
de la société privée Mont-Blanc Hélicoptères. Contrairement
aux services publics, sa société ne fonctionne que cinq mois
dans l’année, pour une trentaine de communes. Il arrive fréquemment
que des sociétés privées collaborent avec les services
de l’Etat. Lui aussi s’est félicité de cette loi, ne la jugeant
en aucun cas en contradiction avec son statut de société privée
: " Le secours est toujours payant, tout dépend qui
paye ", a-t-il conclu.
Tous les participants à cette table ronde ont insisté enfin sur
l’avancée majeure que représente ce texte, qui imposera désormais
d’aller plus loin sur le volet préventif. Finalement, il
permet de clarifier la situation et renforce l’autorité du préfet.
Lors de la rédaction du plan de secours, dans chaque département,
celui-ci devra déterminer, en fonction des risques et des
zones, quel corps de secours aura vocation à intervenir et à
commander. Il sera ensuite facile de savoir qui doit payer. En
l’occurrence, les interventions des corps de l’Etat devraient rester
gratuites, payées par la nation, devrait-on dire. D’un autre côté, la possibilité pour le maire de demander réparation, lors
d’une intervention payée par la commune, restera possible.
Des cas finalement très marginaux, remarque Martial Saddier. " La montagne est un sujet à propos duquel les uns et les autres
savent se rassembler ", a conclu le président de séance.
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