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Dossier "Finances locales"
Sommaire du PLM 144
| Les élus et la réforme des dotations |
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La loi de finances pour 2004 a simplifié la dotation globale de fonctionnement
(DGF) en consacrant une nouvelle architecture articulée
autour du binôme part forfaitaire-part péréquation. Le centre de gravité
des enjeux afférents à l’attribution des dotations d’Etat semble donc
s’être déplacé vers des critères qu’il revient maintenant aux collectivités
de faire valoir pour que leurs charges spécifiques (espace, montagne,
tourisme…) soient compensées au moins partiellement. A cet égard, le projet de loi de finances pour 2005, en substituant le potentiel
financier au potentiel fiscal, a suscité nombre de réactions contrastées.
Parallèlement, l’autonomie financière des collectivités locales est
devenue un principe constitutionnel. Mais la question de la compensation
financière des compétences transférées dans le cadre de l’acte II
de la décentralisation reste toujours un sujet d’inquiétude et de polémique.
Et le projet de loi de finances pour 2005 ne leur apporte toujours
pas de réponses satisfaisantes.
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| PIERRE JARLIER
passe le relais |
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Après deux années intenses consacrées à
la modernisation de la loi montagne sous
tous ses aspects, Pierre Jarlier s’était penché
sur le dossier de la réforme des dotations
d’Etat avant son départ.
Il a été à l’origine d’un amendement sénatorial
prévoyant la prise en considération
des caractéristiques des territoires ruraux
dans la répartition des dotations, telles
que la faible densité de population et les
nouvelles obligations de nature environnementale,
non repris à l’Assemblée.
A propos de la réforme de la dotation globale
de fonctionnement, il a saisi Jean-
François Copé, avant notre XXe congrès,
qui s’est déclaré ouvert à ses propositions
de majoration de la dotation proportionnelle à la surface des communes, voire au
déplafonnement de celle-ci et à l’aménagement
du potentiel financier…
Tout cela n’a pas été intégralement repris
par l’Assemblée nationale. Nul doute que
le sénateur du Cantal restera mobilisé
pour la cause montagnarde, comme il l’aindiqué dans son discours, et rappellera au
ministre, lors du débat budgétaire au
Sénat, la position ouverte qu’il avait adoptée
alors. (voir ci-dessous les réponses du ministre)
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| Le potentiel financier,
un concept sensible |
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Destiné à remplacer le potentiel fiscal en tant
que principal critère de répartition des dotations
de péréquation, le potentiel financier vient d’être introduit dans le projet de loi de finances 2005. Sa vocation s’avère
plus large puisqu’il devrait constituer un indicateur plus complet du niveau de ressources réelles d’une collectivité.
Le potentiel financier sera désormais
utilisé pour les communes
isolées, l’ensemble des intercommunalités
à taxe professionnelle
unique (TPU) et les départements.
Même si sa composition
varie in fine en fonction du type
de collectivités, l’esprit reste le
même : approcher différemment
le potentiel fiscal (calculé en
appliquant aux bases des quatre
taxes directes locales le taux moyen national de celles-ci) qui
ne prenait en compte que les
recettes fiscales des collectivités
et ne permettait donc pas de
repérer les inégalités structurelles
de revenus entre elles.
Dotations 2005
garanties sans perte
En ce qui concerne les communes,
outre les ressources fiscales,
serait incluse la dotation forfaitaire
de la DGF. Par contre, ne
seraient intégrées ni les dotations
de péréquation de celle-ci, ni les
ressources exceptionnelles, ni les
redevances pour service rendu.
Seraient concernés par ce changement
de critère : la dotation
nationale de péréquation, la dotation
de solidarité urbaine (DSU),
les fractions bourgs-centres et
péréquation de la dotation de
solidarité rurale (DSR), la dotation globale d’équipement (DGE) et,
plus marginalement, la dotation
particulière relative aux conditions
d’exercice des mandats
locaux, ainsi que le fonds de solidarité de la région Ile-de-France.
Pour les départements, la réforme
proposée vise dans un premier
temps à modifier le calcul du
potentiel fiscal en y intégrant
d’autres recettes fiscales régulières,
puis à introduire le potentiel
financier enrichi des dotations
forfaitaires et de compensation
de la DGF, ainsi que des droits de
mutation à titre onéreux et de la
taxe de publicité foncière.
Dans tous les cas, des mécanismes
de garantie ont été prévus
pour les dotations 2005 afin d’éviter
toute perte de recettes liée à la
réforme des critères d’attribution.
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| La position des élus face aux
perspectives de réforme |
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François Brottes a profité de
la venue de Jean-François Copé pour évoquer les préoccupations des élus de la montagne.
" Nous souhaitons faire de
la montagne un territoire d’excellence
dans le domaine environnemental, économique,
et des services… et donner
aux collectivités de montagne
les moyens réels de leur
développement.
Pour cela il faut : améliorer la
participation au niveau des
massifs, développer le partenariat
et la coresponsabilité en
matière de politiques d’Etat,
permettre une gestion foncière
au plus près du terrain, garantir une présence adaptée des services
de proximité et utiliser des
critères pertinents pour la péréquation
et la réforme des finances
locales.
Quatre principes de base à faire reconnaître
Nous souhaitons donc :
● conserver et valoriser le critère
proportionnel à la superficie
dans le calcul de la dotation
globale de fonctionnement
(DGF) des communes,
● clarifier le calcul du potentiel financier (pour ne pas surévaluer
leur bonne gestion par rapport à la lourdeur de leurs charges)
et en sortir la dotation
touristique,
● défendre les acquis liés à la
prise en compte des charges
territoriales spécifiques de la
dotation de fonctionnement
minimal (DFM) attribuée aux
départements,
● prévoir des garanties d’évolution
des dotations tenant compte
les charges nouvelles des transferts
de compétences… "
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| Les réponses engageantes du ministre
délégué à l’Intérieur |
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Jean-François Copé a apporté aux élus un certain nombre
de réponses parfois engageantes aux questions qu’ils ont soulevées devant lui sur l’avenir des dotations aux collectivités.
« La reconduction en 2005 du contrat de croissance va permettre une augmentation [dans le budget de l’Etat] de 2,8 % de l’enveloppe dévolue aux collectivités locales (contre 1,7 % en 2004). La masse de la dotation globale de fonctionnement (DGF) va progresser de 3,3 % en 2005 [avec un mode de répartition réformée qui prévoit] :
• la création d’une dotation de base de 50 à 125 € par habitant prenant mieux en compte la population,
• la création d’une dotation proportionnelle à la superficie de 3 €/ ha pour tenir compte des communes à grande superficie mais avec une faible densité de population… Mais je reste ouvert à la discussion pour aller au-delà des 3 € en fonction des spécificités de la montagne. La dotation de solidarité urbaine (DSU) va doubler en cinq ans. Pour les bourgs-centres, elle restera inchangée en 2005.
La dotation de solidarité rurale (DSR) va augmenter de 20 % en 2005. Parmi les 670 bourgscentres de montagne situés en ZRR, 664 vont y gagner.
64 départements percevront la dotation de fonctionnement minimale (DFM) au lieu de 24. Les quinze départements de montagne qui la percevaient déjà auront une augmentation garantie de 6 % de leur dotation.
Des mesures en matière de finances locales
vont être mises en place pour encourager l’intercommunalité
en milieu rural.
Quant aux services publics, le gouvernement a
compris depuis longtemps que c’est ensemble
(Etat + collectivités locales), que l’on pourra sauver
les services publics de proximité… ». Sur ce
point, Hervé Gaymard défend le projet de loi sur
le développement des territoires ruraux qui favorise
notamment les maisons de services publics.
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