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Sommaire du PLM 144
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Forum " Jeunes montagnards " |
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Le forum " Jeunes montagnards " fut une expérience
enrichissante. En effet, si les contacts ont été un peu longs à
s’établir, il n’en demeure pas moins que les échanges furent très intéressants et productifs. Cette rencontre entre des jeunes de tous
les massifs et d’horizons divers a permis d’appréhender de manière transversale les problématiques de la montagne. Ce forum a
permis de créer des contacts et beaucoup de jeunes présents ont décidé de poursuivre ensemble une réflexion sur l’avenir de la
montagne. Une très bonne ambiance a régné pendant ces trois jours avec le mélange des accents, les anecdotes locales et les plaintes
envers les " plats pays ". Peut-être sommes-nous en train d’assister à la naissance d’une jeune communauté montagnarde ?
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Les jeunes montagnards répondent présents |
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Ils sont arrivés d’Auvergne, des Hautes-Alpes, de l’Ariège, du Jura ou de Corse.
Une vingtaine d’entre eux se sont rendus au cœur du massif de Chartreuse
pour échanger, parler, écouter, critiquer, regretter, et proposer de bonnes
idées pour faciliter la vie quotidienne des jeunes sur les territoires de montagne.
La diversité de leur massif d’origine les a rattrapés, car certains d’entre
eux ont découvert des réalités montagnardes dont ils ignoraient tout, comme
la pluriactivité. Cela ne les a pas empêchés de se retrouver sur l’essentiel.
Jérôme Mathieu est agriculteur. Il
a 25 ans : " Le maintien des jeunes
qui veulent faire ce métier est
directement en concurrence
avec les pratiques touristiques,
industrielles et les problèmes
d’habitat. " Il propose alors d’envisager
un système de " réserve
foncière ", avec un constat simple
: " Il est plus facile de garder
les agriculteurs du cru qui veulent
rester, que de réintroduire
des paysans après qu’ils ont
disparu… comme le loup… "
Cette suggestion d’un " zonage "
supplémentaire ne doit pas
occulter la nécessaire implication
des élus. Yannick Gast, jeune
conseiller municipal des Hautes-
Alpes, est aussi pluriactif, spécialisé
dans les activités de plein
air : " Ce n’est pas seulement au
niveau des communes que l’on
va régler le problème, c’est au
niveau départemental, régional
et national. Quand les propriétaires
de la vallée de la Guisane pensent être assis sur une mine d’or, et
que le foncier passe à 2 000 francs le m2, il faut que les communes
puissent faire des réserves foncières
sans avoir immédiatement un
projet. "
Le logement,
difficulté principale
François Brottes, député de l’Isère,
aujourd’hui président de l’ANEM,
va dans ce sens, en présentant le
projet législatif en cours sur les
réserves foncières. " Le département
apparaît comme le niveau le
plus adapté pour capter le foncier
et neutraliser pour longtemps certains
espaces à vocation agricole… Mais sans la volonté des élus, il ne se passera rien. "
Il n’y a pas que les agriculteurs
en montagne. Lætitia Narbey,
exploite un gîte d’étape aux Rousses,
dans le Jura. " Nous aussi, on
fait vivre la montagne. On a dû se
battre contre la SAFER pour s’installer,
lâche-t-elle un peu amère.
Aujourd’hui, il y a des logements
sociaux construits aux Rousses
mais ce sont les frontaliers qui les
habitent, pas les pluriactifs. "
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PIERRE SAURAT, Lavelanet (09): " Le ciment d’une relation
naissante " |
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" Comme lors de tout premier rendez-vous galant, chacun reste sur la réserve
et tâche de ne pas se dévoiler de trop. Si force est de reconnaître que dans le
cadre du forum Jeunes il en était de même, le travail commun de synthèse mis
en forme par deux de nos collègues s’est avéré être le ciment d’une relation
naissante.
Nos différences respectives, qu’elles aient été géographiques, mues par des
expériences personnelles ou autres, n’ont pas été des facteurs de dispersion ou
de clivages. Elles n’ont fait que renforcer nombre d’entre nous dans l’idée qu’il
nous appartient de faire connaître notre vision d’un projet de vie crédible en
zone de montagne qui soit le fruit d’une réflexion par-delà les massifs tel que
cela a pu se dessiner durant le congrès de l’ANEM.
Depuis et grâce à l’ANEM qui a rendu ce premier contact possible, des échanges
nourris ont déjà vu le jour entre nous afin de voir et d’imaginer les suites à donner à cette première rencontre."
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NICOLAS PONS, Briançon (05) : " Les jeunes sont une composante
de la vie de nos montagnes " |
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" Le forum des jeunes montagnards a été très riche en débat vu les différents
participants venant de tous les massifs. Nous avons constaté que les problématiques
ne sont pas forcément les mêmes suivant les massifs mais certaines
nous rapprochaient, surtout celle d’être des montagnards.
Cette implication prouve que les jeunes sont une composante de la vie de nos
montagnes et surtout qu’ils sont impliqués ou souhaitent apporter leurs contributions
par des actions. Nous participons tous activement de manière différente
pour faire de nos montagnes des espaces de vie.
Tous les sujets n’ont pas été abordés : il convient donc de reconduire ce forum
lors des congrès prochains.
Mesdames, messieurs les élus, certains jeunes sont prêts à travailler avec vous
pour pouvoir prendre la relève !»
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Services publics ou services
au public ? |
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Le débat est devenu plus vif lorsqu’il a été question
des services. Quels services ? Des services publics ? Des services au public ?
" En zone de montagne, on s’est
fait à l’idée que les services
publics ne peuvent plus être partout.
La gare et la ligne ferroviaire
qui va avec, c’est fini depuis bien
longtemps, dit Yannick Gast.
Quant à la Poste, on accepte de
faire un déplacement pour aller
au village voisin. On ne peut plus parler de services publics. Ce
sont des EPCI (établissements
publics de coopération intercommunale)
qui doivent monter
leurs services. "
Si les expériences de maisons de
services publics ne répondent
pas à tous les besoins, quelles
sont alors les priorités qu’il faudrait
définir et défendre afin de
ne pas avoir le sentiment d’être
des citoyens de seconde zone ?
La santé ? L’éducation ? Internet
et l’ADSL partout ? Mais que dire
alors de l’emploi et du logement?
C’est Cécile Durr, animatrice
d’un PAJ (point d’action jeunesse) à Saint-Laurent-du-Pont,
qui pose la question.
De l’imagination, des idées,
des propositions
" Dans un territoire proche d’une
agglomération, on voit arriver
des gens qui viennent habiter ici
pour le cadre de vie. Conséquences
? Les services de proximité
augmentent (loisirs, petite
enfance), les loyers aussi. Les jeunes
locaux ne peuvent plus accéder
au logement. Leurs revenus
ne sont pas suffisants, leur situation
pas assez stable. "
Cécile Durr propose de développer
un parc locatif adapté aux revenus de ces jeunes pour qu’ils
puissent rester sur place, de faciliter
la signature de contrats avec
plusieurs employeurs pour assurer
aux jeunes un minimum de
neuf mois d’activité sur l’année.
Des idées, des propositions, place à l’imagination, même si certaines
choses existent déjà : " Et si on
mettait des taxes sur les propriétaires
de résidences secondaires
pour qu’ils louent aux saisonniers
? Et si on créait des guichets
uniques de concertation pour les
pluriactifs ? Et si des déductions
fiscales étaient proposées pour
réaménager des bâtiments et leur
attribuer un usage locatif ? Et si on
obligeait les offices d’HLM à
construire en montagne ?»
On les avait invités pour prendre
la parole, donner leur point de
vue. Au final, les jeunes ont joué
leur rôle de " poil à gratter ",
puisqu’ils ont souhaité rapporter
eux-mêmes leurs propos, histoire
de ne pas se faire prendre la parole par les élus. On n’est
jamais mieux servi que par soimême. " Comptez sur nous pour
ne pas nous faire oublier… ",
ont-ils dit aux élus présents. La salle a répondu " d’accord ".
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LAETITIA NARBEY, Les Rousses (39) : " On a pris le temps d’écouter
des personnes de terrain " |
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" Ce que je retiens de ce forum ? Tout d’abord un réel plaisir d’y avoir participé,
d’avoir pu échanger avec des jeunes d’autres massifs, que l’on ait pris le temps
d’écouter des personnes de terrain attachées au particularisme montagnard.
Les échanges avec les principaux élus de l’ANEM ont été réels : MM. Brottes et
Jarlier en personne, sont intervenus pour accompagner nos réflexions. Néanmoins,
nous avons regretté le peu de temps disponible au vu des très nombreux
sujets à aborder. De plus, la restitution de nos discussions et de nos attentes a été difficile à intégrer dans le protocole minuté du congrès. Peut-être serait-il également judicieux d’orienter les débats par thèmes ? Dans tous les cas,
j’espère que cette initiative se pérennisera. "
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