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AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

Dossier "Aménagement du territoire"
Sommaire du PLM 142

Enfance et tourisme

Le pari des classes de découverte

L
a formule pédagogique variée des classes de découverte a connu un grand essor jusqu’en 1994-1995. Aujourd’hui, ces classes enregistrent une désaffection criante. Plusieurs réflexions ont été engagées sur les enjeux éducatifs comme économiques par le Conseil national du tourisme, des opérateurs associatifs et dernièrement, à l’initiative du Premier ministre, par
Béatrice Pavy, députée de la Sarthe.

Suite à une enquête du ministère de l’Education, réalisée en 2003, démontrant une diminution du nombre et de la durée des séjours en classes de découverte, le Premier ministre chargeait en janvier dernier Béatrice Pavy d’une mission sur les classes de découverte. Son objectif : donner une nouvelle impulsion à ces classes, en identifiant notamment le rôle que pourraient jouer les collectivités territoriales et les professionnels du tourisme.
Dans son rapport remis le 28 juin dernier, la députée recommande de mieux accompagner les enseignants qui les organisent et de sensibiliser les parents et les élus. En rappelant les mérites des classes de découverte, elle appelle à une prise de conscience généralisée des réponses que ce type de classes peut apporter aux problèmes de l’école aujourd'hui (incivilité, désintérêt des élèves, mise en cause du bien-fondé même des apprentissages).

Création d’un groupe interministériel

En une cinquantaine de propositions, le rapport répond aux difficultés rencontrées afin de simplifier la vie des enseignants et des organisateurs. Interrogée sur les suites données à son rapport, Béatrice Pavy a précisé qu’il lui a été indiqué que la prochaine loi d’orientation sur l’éducation devrait comporter un article sur ces classes. Elle souhaite quant à elle la mise en place d’un groupe de travail parlementaire comprenant notamment des élus de la montagne.
L’intérêt manifesté par les ministères du Tourisme et de la Jeunesse et des Sports devrait se concrétiser dans le cadre d’un groupe de travail interministériel. " Je souhaite vivement qu’il n’y ait plus d’amalgame entre les classes de découverte et les accidents survenant en matière d’hébergement de jeunes ", insiste-t-elle, proposant une harmonisation de la réglementation
relative aux structures d’hébergement.


Entretien avec Guy Vaxelaire

" La sécurité constitue un objectif prioritaire "

Conscients de l’enjeu touristique des classes de découverte, lesélus de la montagne ont tiré la sonnette d’alarme sur les difficultés dues à leur diminution. Cette inquiétude s’est traduite en 1999 par la commande d’un rapport du Conseil national du tourisme et par plusieurs initiatives. Parmi elles, la politique volontariste de Guy Vaxelaire, maire de La Bresse (Vosges) et
vice-président de l’ANEM.

PLM : Quelles sont les raisons de votre attachement aux classes de découverte ?
Guy Vaxelaire : Les enjeux de ces classes sont doubles. Le premier est avant tout éducatif, car elles favorisent l’éveil, la découverte d’un milieu différent et la vie en collectivité. Deuxième enjeu important pour un élu local, elles induisent des retombées économiques et touristiques. Un enfant qui vient en classe de découverte, ce sont peut-être des parents qui viendront ensuite et c’est un touriste de demain. Pour toutes ces raisons, un enfant devrait bénéficier au moins dans sa vie scolaire d’une telle classe.
PLM : Quels moyens aviez-vous pour les développer ou du moins les maintenir ?
G. V. : L’objectif premier a été la sécurisation. Ainsi, une convention a été signée le 27 septembre 2000 entre l’office de tourisme (établissement public local), le service sports et loisirs de la commune et l’inspecteur d’académie. Elle prévoit tout : l’agrément des éducateurs et des intervenants, le cadre d’intervention et l’accueil des classes. Ainsi pour le ski de fond ou alpin, tout est pris en charge et organisé par des professionnels (école de ski, hébergement). Les pistes de ski de fond, plutôt conçues pour des sportifs, ont été adaptées.
Nous avons également des classes vertes avec des accompagnateurs environnementaux permettant la découverte de tourbières, lacs, ou d’usines (saboterie, confiserie). Enfin, la base ludique (piscine, salle multi-activités, bowling, mur d’escalade, tennis couvert, etc.) est mise à leur disposition.
En Savoie, des associations de défense, conscientes de l’importance économique de ces classes, se sont constituées avec la création de sites d’information en relation avec l’inspection académique. Par ailleurs, le conseil général alloue des subventions aux familles savoyardes et à la rénovation des centres d’accueil.
PLM : Qu’en est-il dans les Vosges et quel rôle pourrait jouer selon vous les autres collectivités territoriales ?
G. V. : Il n’y a pas d’association de défense dans les Vosges mais la convention a été diffusée dans les autres départements de la région et auprès des directeurs d’école. Pour le financement, à ma connaissance, le conseil général accorde des aides variables de 50 à 60 euros selon la situation de
l’école en ZEP ou en REP, et selon que le séjour se déroule dans ou hors département. Il est évident que les autres collectivités territoriales devraient s’impliquer et se sentir concernées.
Quant à l’Etat, il devrait inclure ces classes dans le programme scolaire car elles favorisent l’éveil et le lien social.

 

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