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| DOSSIER : PRODUITS DE MONTAGNE |
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Sommaire du PLM 142
| Comment marier identité et qualité ? |
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La conférence organisée à
Cordoue les 24 et 25 juin
2004 par Euromontana a
réuni près de 80 représentants
d’organisations socioprofessionnelles
et de chercheurs
de différents pays européens pour débattre des
résultats de l’étude conduite depuis deux ans par Euromontana
sur la stratégie d’information
pour le développement
de produits agricoles
de qualité dans les zones de
montagne européennes. A
partir des constats éclairants
que cette étude a permis d’établir,
un projet de charte des produits alimentaires de
qualité de montagne a été
soumis à l’appréciation des
conférenciers. Ce document
a pour ambition de servir
d’outil aux organisations qui
en seront signataires et s’engageront à en défendre le
contenu tant auprès de l’Europe
que de leurs autorités
nationales compétentes, afin
de parvenir à la mise en
place dans le cadre de
l’Union européenne d’un
régime des produits de montagne
de qualité qui soit à la
fois fiable et lisible pour le
consommateur.
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| Territoires de production / un usage trop discret du mot montagne |
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Au total, la mention montagne
reste floue et elle est peu mise en
avant par les producteurs euxmêmes
qui, majoritairement,
valorisent leurs produits en
recourant aux noms locaux de
leurs terroirs.
L’étude coordonnée par Euromontana se
révèle d’une grande richesse et pleine
d’enseignements. Sur l’identité des territoires
de production en premier lieu, la
grande diversité des dix terroirs observés
permettant d’en déduire quelques caractéristiques
communes : s’ils ne présentent
pas de particularité sur le plan démographique,
montrant en cela que la démarche
qualité n’est pas nécessairement liée
à la dynamique économique locale d’ensemble,
l’altitude maximale de production
peut atteindre 2 500 à 2 600 m, et la
plupart du temps ces terroirs sont des
zones protégées.
S’agissant des marques sur lesquelles
s’appuient les productions étudiées, on
distingue, d’une part, les marques " officielles " européennes (c’est-à-dire les
indications géographiques protégées –
IGP – et appellations d’origine protégées – AOP –, ou encore les systèmes de traçabilité
garantie – STG –) qui ne concernent
que quatre des produits étudiés), ou bien
nationales (telles que label rouge, qui
couvrent cinq produits étudiés), et d’autre
part, les marques " privées ", très diversifiées
et concernant soit un seul produit
soit plusieurs.
Une spécificité organique
flagrante
Ces deux familles peuvent se combiner
entre elles mais si un certain nombre de
produits (principalement les viandes et les
fromages) recherchent le cumul entre
marque européenne et d’autres signes
distinctifs de qualité, la plupart ne recourent
qu’à un seul de ces marquages… très
majoritairement privé. On relève par
ailleurs que 22 des produits étudiés (pourtant
typiques de la montagne) n’arborent
aucun signe distinctif de l’une ou l’autre
famille.
Une nette majorité des produits étudiés
(65 %) sont " intégralement " montagne.
Parmi ceux qui recourent à des interventions
extérieures à la montagne figurent
principalement le miel (du fait du déplacement
saisonnier des ruches) et les boissons.
La montagne constitue un facteur
marqué dans les qualités organiques des
produits, surtout s’agissant des animaux
(espèces locales) et encore plus pour les
végétaux.
Mais au total, le fait le plus marquant
révélé par l’étude c’est bien que l’écrasante
majorité de ces produits, pourtant
typiquement montagnards, exploitent très
peu cette dimension dans leur affichage et
leur présentation.
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| Etude Euromontana / Un cadre et une méthodologie de qualité |
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L’étude d’Euromontana a concerné
quelque 122 produits (viandes,
miels, fruits, fromages, jus de fruits
ou plantes) de dix territoires de
montagne répartis entre huit pays
européens : France, Italie, Grèce,
Roumanie, Espagne, Norvège, Pologne
et Royaume-Uni.
Réalisée entre octobre 2002 et septembre
2004 dans le cadre du 5e programme
Recherche et Développement de la Commission,
cette étude a rassemblé sous la
coordination d’Euromontana de nombreux
partenaires de huit pays différents.
Dix zones d’étude ont été délimitées au sein desquelles 122 produits ont été étudiés.
Ces produits sont soit des produits
agricoles bruts (35 au total dont 23
étaient d’origine animale, et 12 d’origine
végétale) soit transformés (87 en tout),
allant du jus de pomme aux salaisons en
passant par les fromages.
En France, ce sont les territoires des deux
Savoie qui ont été couverts par l’étude et
21 produits qui ont été étudiés, dont la
palette est représentative de celle de l’étude
dans son ensemble : viandes, miels,
vins, fromages, fruits, salaisons.
Pour chacun de ses produits l’étude a
consisté à cerner son identité, à retracer
la communication qui l’a accompagnée
et le mode juridique de labellisation
emprunté.
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| Contraintes et stratégie / ce qui fait le produit montagne |
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Les produits de montagne ont une
identité bien particulière qui tient
tout autant à leurs qualités organiques
intrinsèques qu’à l’environnement socio-économique
dans lequel ils sont élaborés.
Les qualités organiques des produits alimentaires
de montagne sont distinctes de
celles des productions similaires d’autres
territoires, et offrent généralement un intérêt
gustatif et/ou sanitaire supérieur, issu des conditions imposées par le milieu. Par
exemple, le différentiel de température
jour/nuit a une incidence sur l’acidité des
fruits, les races animales, et de manière
encore plus marquée, les espèces végétales
peuvent souvent n’avoir aucun équivalent
hors de la montagne. Ce différentiel
reste toutefois ténu et difficile à réguler.
La dimension humaine de ce différentiel
est également très importante. Ainsi, aux
difficultés spécifiques de production
(cycles végétatifs courts, croissance plus
lente, rendements plus faibles), viennent
s’ajouter une population agricole généralement âgée et en diminution d’effectifs,
la prédominance de la dimension artisanale
et par conséquent la rémanence de
la tradition, du fait de la saisonnalité qui
contraint à changer de lieux de travail
(estives…) et la forte dispersion des entreprises.
L’ensemble de ces conditions a deux
conséquences déterminantes : la variabilité
du niveau de qualité et des capacités
financières limitées.
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| Qualité / Une charte européenne pour les produits de montagne |
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L’objectif de la charte européenne
des produits alimentaires
de qualité de montagne est
de faire en sorte que la dénomination
montagne ne puisse être
utilisée que dans les conditions
fixées par la charte.
La charte définit un produit de montagne
selon quatre principes fondamentaux :
- le produit est élaboré à partir de matières
premières provenant des zones de
montagne au sens de l’application faite
par chaque Etat membre de la directive
sur les zones agricoles fragiles,
- toutes les étapes de transformation sont également effectuées en montagne,
- les conditions de production et de transformation
se déroulent dans le respect de
l’environnement montagnard (notamment
par une application rigoureuse des
dispositions relatives à la qualité de l’eau),
le simple respect de ces conditions réglementaires étant en soi suffisant pour
conférer aux qualités intrinsèques du produit
une spécificité marquée et qualitativement
supérieure (en termes gustatifs ou
sanitaires),
- les producteurs s’engagent à la transparence
et à la traçabilité de leur produit en
livrant toute information pertinente.
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| Une stratégie de communication |
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Un des objectifs de
l’étude visait à proposer
une stratégie de
communication pour la
promotion des produits
de montagne. Les
conclusions
diagnostiquent le
besoin d’un centre de
ressources qui permette à la fois aux
producteurs et aux
consommateurs de
disposer d’une
meilleure lisibilité de
leur identité commune.
Plusieurs outils ont ainsi été proposés.
Outre l’ouverture
d’un site web
(voir ci-dessous), le
développement de
voyages d’études
permettra aux
producteurs de
montagne de découvrir des projets concrets et
d’échanger directement
avec leurs promoteurs
(non seulement les
producteurs, mais aussi
les administrations et
les élus des collectivités
territoriales)… Leur
financement pourrait se
concevoir dans le cadre
des programmes
européens
Leader + (tourisme
rural) ou Interreg III c
(coopération
interrégionale). Enfin,
une action de lobbying
devrait être conduite
par les signataires de la
charte des produits de
montagne pour obtenir
la reconnaissance par
les Etats membres et
l’Union européenne des
principes qu’elle
contient.
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| Un site web pour les produits de montagne de qualité |
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Dans le cadre
de la stratégie de
communication à mettre en œuvre,
les producteurs et
organismes qui ont
contribué à l’étude ont
prévu d’ouvrir
un site Internet qui
servira de vitrine en
ligne à chacun des
produits étudiés, et
sera ouvert à ceux qui
respecteront les principes de la charte.
Cet outil devrait également servir
de lien de
communication entre
les producteurs
concernés qui pourront
ainsi échanger
actualité
et expériences.
L’ouverture du site
est annoncée
pour le courant
septembre 2004.
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