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"La réforme de la sécurité civile a le mérite
de réaffirmer clairement la gratuité des secours"
Martial Saddier, député-maire de Bonneville (74) aété étroitement associé depuis deux ans aux travaux
préparatoires de la loi n° 2004-811 du 13 août 2004.
Ce texte le concerne particulièrement puisque sa circonscription
recouvre le pays du Mont-Blanc. Il s’est
montré particulièrement actif lors de la discussion à
l’Assemblée et animera l’atelier consacré à ce thème
lors du 20e Congrès, le 14 octobre prochain.
PLM : De façon générale,
quels sont pour vous les éléments
primordiaux de ce texte
pour la montagne ?
Martial Saddier : La dernière
loi sur ce sujet datait de 1987
et nécessitait une réactualisation.
La grande satisfaction que
je retire de ce texte est qu’on y
réaffirme la gratuité des
secours aux personnes, sauf
cas exceptionnel. Si l’on va
plus loin, par exemple en se
penchant sur les débats au parlement,
on se rend compte que
la diversité de la montagne est
prise en compte puisque cette
gratuité est confortée sur
l’espace montagnard libre
(haute montagne, moyenne
montagne) alors que le régime
payant des secours sur pistes par l’intermédiaire des pisteurs
secouristes qui existait déjà se
voit doté d’une base juridique.
PLM : Estimez-vous
qu’une répartition
des rôles optimale
entre les différents
acteurs est désormais
assurée ?
M. S. : Oui, grâce à
la base législative
qu’il assure à un
système qui fonctionnait
correctement,
mais davantage
du fait des connivences humaines que de
l’organisation arrêtée. A partir
de l’amendement que j’ai
introduit à l’article 11, le préfet
du département désigne en
amont les services les plus compétents pour intervenir sur
l’incident signalé et la personne
qui assurera le commandement
des opérations de
secours.
Le plan ORSEC en montagne
devient donc un outil de prévention
répertoriant tous les
moyens et tous les risques. Il
permet la reconnaissance des
différents acteurs et leur mobilisation
en fonction de la typologie
des accidents.
PLM : Que pensez-vous de
la polémique autour du
fameux article 54 de la loi " démocratie de proximité "
de février 2002 ?
M. S. : Je crois sincèrement
qu’elle est stérile car cet article
a souvent été interprété de
façon trop restrictive ou partisane
mais il a eu le mérite
d’ouvrir le débat. Le remboursement
des frais de secours sur
les pistes disposait déjà d’une
base juridique avec l’article 97
de la loi montagne de 1985.
Par la suite, l’hypothèse de la
suppression de l’article 54
pour rassurer les maires de
communes de haute montagne
inquiétait les maires de station
craignant que l’on ne remette
en question le paiement des secours sur pistes. Le ministre a
invité les élus à réfléchir sur la
réalité de l’article 54 et pas seulement
autour des secours sur
piste. Désormais en cas d’intervention,
la solidarité financière
se répercute soit sur les SDIS
qui ne devraient pas refacturer
leurs dépenses aux communes
(art. 22), soit sur les moyens
d’Etat : CRS, peloton de gendarmerie
de haute montagne (PGHM)… Et si les services de
l’Etat interviennent hors département,
celui-ci en assume la
charge financière. Les communes
se voient cantonnées au
rôle de soutien de proximité
aux populations locales.
PLM : Pensez-vous vraiment
qu’il n’y ait aucun risque de
désengagement des unités de
l’Etat à l’avenir ?
MS : A court et à moyen terme,
c’est-à-dire pour les vingt ans à
venir, le nouveau cadre juridique
que nous avons dessiné
me paraît apporter des garanties
suffisantes en ce sens.
De toute façon, il faut relativiser
les enjeux financiers. Au
plan national, il s’effectue
1 300 000 sorties de secours
aux victimes par an, dont seulement
4 700 en montagne. Et
pourtant les unités spécialisées
de l’Etat jouissent d’une forte
notoriété en la matière.
Par ailleurs, si l’on prend
l’exemple du PGHM de Chamonix
(le plus important de
France), 60 % de ses activités
sont consacrées au secours en
montagne, le reste à des tâches
de police classique sur des
zones frontalières, donc l’Etat
ne peut pas faire l’économie
d’un service spécialisé.
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