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Dossier "Energie"
Sommaire du PLM 141
| C’est parti
pour la dérégulation |
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Au-delà des questions et des enjeux fondamentaux
tels que le développement des énergies renouvelables
et la préservation de l’environnement, des perspectivesémergent pour les collectivités grâce au nouveau
cadre juridique.
Le 1er juillet dernier, l’ouverture
du marché français de
l’énergie à la concurrence a
franchi une nouvelle étape. Les
petites entreprises, les artisans
et les commerçants, autant que
les collectivités locales peuvent
dorénavant choisir leur
fournisseur d’énergie.
Le mouvement d’ensemble
remonte à l’année 2000, avec
la loi du 10 février relative à
la modernisation et au développement
du service public de
l’électricité, transposition de la
directive européenne de 1996.
Dès lors, les consommateurs les
plus importants ont pu choisir
leur fournisseur d’électricité.
L’an dernier, la loi du 3 janvier
2003 relative aux marchés du gaz et de l’électricité et au service
public de l’énergie, a
modifié et complété la loi de
février 2000. Enfin, en
juin 2003, une deuxième
directive européenne a abrogé
celle de 1996, changeant la
donne : les marchés de l’électricité
et du gaz devaient être
ouverts au 1er juillet 2004 à
tous les clients, particuliers
exceptés.
Collectivités et mise
en concurrence
La transposition en droit français
de cette directive est à la
base du débat en cours. La
nouvelle organisation du marché
est fondée, d’une part, sur
la concurrence des activités de production et de commercialisation,
et, d’autre part, sur la
régulation des activités de
transport et de distribution.
Dans ce système, ayant fait
valoir son éligibilité une fois,
une collectivité ne peut plus
revenir à sa situation antérieure
et bénéficier des anciens
tarifs réglementés.
In extremis, plusieurs zones
d’ombre ont pu être éclairées au
cours de la discussion sur le projet
de loi sur le service public de
l’électricité et du gaz, avec
l’adoption définitive, le 22 juillet
2004, de l’article 30 qui prévoit
que " les dispositions du
code des marchés publics n’imposent
pas à l’Etat…, aux collectivités
territoriales… d’exercer… " la mise en concurrence.
Ainsi, les collectivités locales
peuvent choisir entre renégociation
des contrats et mise en
concurrence ou maintien du
statu quo.
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Un aménagement
du territoire plus souple
Son nouveau statut d’opérateur gazier et la dérégulation
du marché de l’énergie amènent Primagaz Franceà se repositionner sur le marché intérieur. À la clé : le
développement des réseaux.
Depuis les années trente, Primagaz
apporte le gaz là où il n’y a
pas de réseau. Aujourd’hui, les
deux tiers des communes françaises
se situent dans des zones
sans la moindre chance de voir
arriver le gaz naturel, le coût
d’investissement n’étant pas justifié.
Au regard des besoins énergétiques,
le fil conducteur du
développement historique de
Primagaz reste plus que jamais
valable.
Compatibilité avec le gaz naturel
Dans ces zones délaissées par
les grands réseaux, Primagaz
proposait jusqu’alors des bouteilles
ou des citernes. Condition
sine qua non : disposer du
foncier et d’un accès pour les
camions de livraison.
" Désormais, grâce à notre statut
d’opérateur gazier, nous pouvons
créer des réseaux locaux,
reliés à des centres de stockage
et, le cas échéant, le faire sous
forme de desserte de service
public. Qu’il s’agisse d’un lotissement
privé, d’une école,
d’une mairie et d’un gymnase
en microréseau, nous maîtrisons
toutes les formules techniques et administratives qui permettent
d’amener le gaz ",
explique Christian Hunault,
P-DG de Primagaz France.
La facturation s’effectue alors au
kWh consommé, avec un
compteur, comme en ville, sans
discrimination tarifaire pour les
communes les plus difficiles à
atteindre.
Chaque nouveau réseau est
conçu pour être compatible
avec un raccordement au gaz
naturel. En effet, la dérégulation
offre à Primagaz la possibilité de
fournir du gaz naturel aux professionnels
et aux collectivités. À partir de 2007, les particuliers
seront également concernés. " Si l’un de mes réseaux devient
accessible, dans des conditions économiques valables, au gaz
naturel, moins cher, j’opterai
pour la bascule. Nous avons
l’expérience nécessaire. Primagaz
est opérateur de gaz naturel
depuis quinze ans en Allemagne.
Qui plus est, la nature chimique
du gaz utilisé ne change
en rien les infrastructures techniques,
les relations administratives
et de communication avec
les clients ", conclut Christian
Hunault.
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Le lent développement
du parc éolien français
Comparativement à ses voisins européens, la France
affiche un retard notoire en matière d’énergie éolienne.
L’Etat veut diversifier nos sources
d’énergie. Pour inciter des
acteurs privés à investir, il a
prévu divers moyens, dont
l’obligation, pour EDF, d’acheter
l’énergie produite. Pour
l’éolien, l’objectif est de
10 000 MW de puissance installée
en 2010. En 2003, la
France, deuxième gisement éolien d’Europe, ne disposait
que de 239MW, contre
14 609MW en Allemagne, 6 202 MW en Espagne, et
3 110 MW au Danemark.
"Vu l’écart qu’il nous reste à
combler pour parvenir aux
10 000MW, il paraîtrait inconcevable
de mettre fin à l’obligation
d’achat ", explique Pascal
Berlu, directeur des activités
éoliennes chez Théolia, jeune
société spécialisée dans le
développement, la promotion
et l’exploitation de centrales
d’énergie autonomes, utilisant
comme source primaire des énergies renouvelables.
Théolia crée des parcs éoliens
et revend l’énergie. Selon Pascal
Berlu, malgré le cadre
législatif existant, les investisseurs
privés comme Théolia
font face à de lourds freins
administratifs et à de nombreuses
campagnes de désinformation.
Pourtant, la production éolienne pourrait, elle aussi,
participer à un aménagement
intelligent du territoire, dans
une optique de développement
durable.
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| Entretien avec Jean-Louis CARLIER |
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Jean-Louis CARLIER,
Chargé des Relations extérieures à RTE (*) :
" Nous allons vers une surveillance accrue "
" En tant que gestionnaire du
réseau de transport d’électricité,
RTE est responsable de l’équilibre
offre/demande sur le territoire,
garant d’un accès égal au réseau,
sans discrimination.
En 2000, la consommation éligible,
en masse, correspondait environ
au tiers de la consommation française
totale. Les clients concernés, ceux qui
pouvaient opter pour la mise en
concurrence, étaient raccordés sur le
réseau haute tension et très haute
tension, que nous gérons.
Au 1er juillet 2004, nous sommes
passés potentiellement à deux tiers,
avec des nouveaux clients, raccordés
sur le réseau moyenne tension, qui
n’est pas à la charge de RTE. Par
définition, les nouveaux fournisseurs
deviennent garants de la puissance
fournie à leurs clients et participent à
l’équilibre global du système.
En ce qui nous concerne, nous allons
devoir accentuer notre surveillance
pour estimer les évolutions, anticiper
les éventuelles modifications de flux, éviter la mise en contrainte, suivre
encore plus précisément chaque
dispatching régional par rapport au
dispatching national, lui-même en
liaison avec l’international. "
(*) Réseau de transport d’électricité
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| Entretien avec Jean-Paul Amoudry |
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" Le mouvement de libéralisation ne doit pas pénaliser les petites communes isolées et fragiles
d’un point de vue économique et financier "
Pour le sénateur de la Haute-Savoie, qui est également
vice-président de l’ANEM, au regard des évolutions à venir concernant la fourniture d’électricité, la
vigilance reste de rigueur.
PLM : Que va changer le projet de loi pour les collectivités
locales ?
Jean-Paul Amoudry : Globalement, il devrait y avoir peu de
changements spécifiques à la montagne, à condition que la loi
soit assortie de dispositifs permettant aux opérateurs et aux
concessionnaires de maintenir les réseaux à bon niveau. Il va falloir
veiller à garder tous les mécanismes de péréquation pour
que l’entretien des réseaux en milieu rural ne pâtisse pas de la
logique du marché.
Néanmoins, la problématique de l’énergie réservée constitue
une évolution-clé. Jusqu’à présent, EDF traduisait cet apport
sous la forme d’une remise sur le prix du courant de 15 % à
20 %. Cette remise n’est plus possible avec la libéralisation du marché : pour pérenniser
l’attribution de cette énergie,
il convient de trouver
un autre système. La loi n’ayant pas encore finalisé cette clause, nous en reparlerons à
l’automne, en seconde lecture du projet de loi d’orientation sur
l’énergie.
PLM : Quels conseils donneriez-vous aujourd’hui aux élus de
montagne ?
J-P. A. : À ce jour, nous ne savons pas si l’éligibilité constituera pour
les communes un devoir ou une simple faculté. Devront-elles s’ouvrir
au marché ? Pourront-elles rester au tarif réglementé ?
D’ores et déjà, il importe que les collectivités de montagne fassent
l’inventaire de leurs besoins énergétiques, en perspective
de l’éventuelle mise en concurrence de leur approvisionnement.
Ensuite, elles pourront se rapprocher de leur syndicat
d’électricité, mettre en œuvre une démarche collective, avec
des groupements de commandes.
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Primagaz France livre
600 000 tonnes de gaz par
an, dont seulement un
quart en bouteilles. Il y a
quarante ans, les bouteilles
représentaient 95 % des
livraisons. En tonnage, la
répartition entre la clientèle
professionnelle et la clientèle
domestique est de 50/50.
En nombre, les particuliers
pèsent 80 %.
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