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DOSSIER :
Colloque de Grenoble
Un aperçu de la diversité
des témoignages nationaux |
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Sommaire du PLM 141
| ESPAGNE / MIEUX CONNAÎTRE NOS RÉALITÉS
MONTAGNARDES |
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Dans son intervention, le président du parlement de Cantabrique,
Miguel Angelo Palacio, a souligné l’importance
d’une meilleure connaissance de la réalité
montagnarde pour qu’elle soit reconnue dans
sa spécificité au niveau européen.
" Pour diverses raisons, nous
sommes en train de traverser un
moment historique. L’une d’elles
est l’ambition de la majorité des Européens
de se doter d’une Constitution
mentionnant explicitement les inégalités
sociales et économiques générées par
certaines difficultés physiques : insularité,
relief prononcé… A cet égard, je tiens à
souligner que la Constitution espagnole,
l’une des plus jeunes d’Europe, fait mention
de ces spécificités.
" En effet, l’article 130 de notre Constitution
donne mandat aux pouvoirs publics
pour la modernisation et le développement
de secteurs économiques, comme
l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’artisanat,
et ce dans l’objectif d’égaliser le
niveau de vie de tous les Espagnols.
Appréhension à tous les niveaux
" Dans ce même article, il est stipulé que
cet objectif suppose un traitement spécial
des zones de montagne. A défaut d’être
un modèle pour la Constitution européenne,
cet article peut être une référence
au service des valeurs de notre
association.
" Pour avoir une image consolidée de nos
objectifs, il me semble nécessaire d’effectuer
un approfondissement systématique
des connaissances de la réalité des sociétés
qui vivent dans les montagnes. Il s’agit
d’appréhender cette réalité à tous les
niveaux, en particulier au niveau social.
Cette réalité nous servira d’argument
ferme pour défendre, dans le cadre de
l’Union européenne, la légitimité de la
montagne à être reconnue dans sa spécificité
et à bénéficier de la solidarité du
corps social dans son ensemble. " |
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Eleni CHYTOPOULOU,
Conseillère de la Représentation Grecque auprès de l’Union Européenne :
" Il faut voir à plus long terme "
" Les zones
montagneuses de
Grèce représentent
avec 939 000 habitants,
9,1 % de la population et
21,6 % des exploitations.
L’accès difficile et les coûts élevés de construction des
infrastructures de base,
associés au faible nombre
de bénéficiaires, rendent
les investissements
au service d’intérêts
communs économiquement
peu viables et créent
des dilemmes pour les responsables
de la planification
et de la mise en place
de programmes de
développement régional.
Le développement
de la décentralisation
administrative et l’entrée de
la Grèce dans l’Union ont
constitué un effet de levier.
Pour que la Grèce puisse
participer aux programmes
communautaires, il fallait
en effet qu’elle acquière
une structure administrative
compatible avec les normes communautaires
(les nouveaux Etats
membres se sont
d’ailleurs engagés dans
un processus analogue).
Mais si, désormais,
plusieurs politiques
communautaires
permettent un traitement
financier spécifique
pour ces régions, il
n’en reste pas moins
nécessaire d’élaborer des
politiques à long terme
pour valoriser les zones
montagneuses. " |
| POLOGNE / LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LA NOUVELLE
GOUVERNANCE SONT ESSENTIELLES |
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Krysztof Komornicki, vice-président
de l’AEM, a pointé l’importance
de la gouvernance et de
l’existence d’associations d’élus
pour l’émergence d’une action
publique en faveur du développement
durable des territoires de
montagne.
" J’habite Wojtowice, un village
de 115 habitants, qui a reçu la
visite de MM.Ravelli et Borghi,
ainsi que les pères de la loi montagne
française, MM. Briane et de Caumont.
Ces visites ont été très importantes
car elles nous ont aidés à
comprendre l’importance
qu’il y a à travailler
ensemble sur la promotion de la gouvernance et sur
une législation efficace pour la montagne.
" Je souhaiterais rappeler la conception de
Michel Barnier, qui distingue deux types de
dialogue, d’une part avec le représentant
des collectivités territoriales dont les dirigeants
sont issus de la démocratie représentative,
d’autre part avec les partenaires
sociaux, qui bénéficient, dans le traité
actuel, de prérogatives importantes et spécifiques,
notamment dans le domaine législatif.
Ce type de dialogue, que l’AEM prône
depuis toujours, se met en place pour définir
la stratégie de développement régional
et local, mais les obstacles sont nombreux.
Des initiatives
de la société civile
" Les fonctionnaires n’apprécient pas les
initiatives de la société civile, peu contrôlables,
et nous devons les convaincre du
bien-fondé de nos actions. Autre difficulté,
la recherche du compromis, de mon point
de vue, est au cœur du concept de développement
durable de la montagne. Dans ce
domaine, nous avons obtenu quelques succès
depuis deux ans, notamment grâce à
l’action de l’AEM Pologne. Aujourd’hui,
l’intérêt de la logique transfrontalière ne
saurait être nié. Ainsi, le véritable héros de
la politique européenne à venir ne sera pas
l’Etat, mais la région. Dans ce contexte, les
projets à caractère transfrontalier revêtent
une importance particulière. Lorsque j’observe
les actions mises en œuvre par nos
voisins européens, je mesure notre retard,
qui, je l’espère, se réduira au cours des
années à venir, grâce à votre aide. "
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| BULGARIE / STRATÉGIE
NATIONALE ET DÉCENTRALISATION |
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Chavdar Roussev, responsable
de la coopération internationale
au sein de l’Association
nationale des municipalités bulgares
(ANMB) a témoigné dans
son intervention de la façon dont
la Bulgarie prépare son entrée
dans l’Union, prévue pour 2007.
" Les zones de montagne bulgares
regroupent 22 % de la population,
39 % de la superficie agricole, et
88 % des superficies forestières (densité de
population : 49 habitants/km2). " La loi relative au développement régional
considère que les zones de montagne
caractérisées par des handicaps spécifiques
doivent bénéficier d’une stratégie de développement
national et régional. Cette stratégie
n’a pas encore été mise en œuvre,
néanmoins des dispositions spécifiques de
soutien aux producteurs existent.
" L’ANMB a amorcé un dialogue avec les
autorités centrales pour la décentralisation.
Dans ce cadre, les représentants du Parlement
et des municipalités se réunissent
mensuellement pour en débattre. Cette
logique a abouti à la signature d’un accord
de coopération avec le gouvernement instituant
un comité interinstitutionnel, auquel
participe notre association, ainsi qu’une
préparation des autorités locales à l’entrée
dans l’Union européenne. La coopération
internationale constitue un outil efficace
pour préparer les autorités bulgares à l’entrée
de la Bulgarie dans l’Union européenne.
De son côté, la coopération transfrontalière
présente un potentiel important
pour le développement de projets et de programmes
dans les zones de montagne. " Nous espérons que le colloque qui nous
réunit aujourd’hui constituera l’amorce
d’un fructueux processus d’échange d’expériences
menées dans les zones de montagne
européennes.»
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Mihaela POP, Coordinateur de la réforme administrative en Roumanie : "Une politique en devenir en manque de financement"
" La politique
de la montagne
roumaine s’est
structurée sur la base
de deux textes : une
décision législative du
5 septembre 2002 qui
définit les zones de
montagne en tant que
zones agricoles
défavorisées de plus
de 600 mètres
d’altitude ou de plus
de 20 % de déclivité,
et une résolution
gouvernementale du
20 mars 2003
instituant un comité
interministériel
qui coordonne
l’action publique à l’égard de la
montagne. Les objectifs
assignés consistent à organiser les
conditions favorables
au rattrapage de ces
territoires à travers
quatre secteurs
d’activités principaux :
la modernisation
des exploitations
agricoles selon les
modalités du
développement
durable (en relevant
au passage la mise en
place d’un système
d’aide directe
au revenu des
producteurs analogue à celui des ICHN),
les entreprises de petite
dimension (artisans
et PME), la qualité
des productions
agro-alimentaires, et
l’agritourisme. "
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Enrico BORGHI,
Président de l’UNCEM (*) :
" La montagne, emblème de l'intégration européenne "
" Le nouveau
traité
constitutionnel
européen est une
extraordinaire
opportunité pour tous
les montagnards
européens.
En tant qu’Italien et
Européen, je tiens
d’ailleurs à saluer
l’effort accompli par la
France en la matière.
" La reconnaissance
juridique des zones
de montagne
dans ce nouveau traité
constitutionnel
européen représente
la condition essentielle
pour pouvoir
parler d’une politique
de l’Europe pour
la montagne.
Les montagnes me
semblent d’ailleurs
emblématiques
de l’intégration
européenne.
Il faut reconnaître la montagne comme
l’un des éléments
forts d’intégration et
de construction
d’une conscience
européenne.
L’Europe des
montagnes existe
déjà. Les montagnards
italiens et français se
parlent et travaillent
sur les deux
versants des Alpes,
indépendamment
du concept de
frontière.
" Dans un monde
où la globalisation
tend à effacer les
spécificités, la
montagne est capable
de donner naissance à une nouvelle
dimension grâce à
laquelle chaque
citoyen porterait
ses spécificités et ses
caractéristiques à
l’intérieur d’une
maison commune. "
(*) Unione Nazionale Comunità Enti Montani
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