Un document de gestion
probablement inopérant
Alors que les troupeaux sont montés dans les estives
depuis plusieurs semaines, le nouveau protocole d’enlèvement
du loup, qui devait prendre la suite de celui
adopté à titre expérimental en 2000, n’a été rendu
public que le 19 juillet.
En dépit de trois réunions de
concertation entre janvier et
avril en vue de définir pour les
trois années à venir une gestion
locale du loup qui
recueille à la fois l’assentiment
des associations de protection
de l’environnement et celui
des élus et socioprofessionnels,
il semblerait que le nouveau
protocole d’enlèvement
ait rencontré à l’arrivée de
Serge Lepeltier, nouveau
ministre à l’Ecologie, quelques
hésitations quant à la formulation
définitive des outils à mettre
en place.
L’approche que devait introduire
le document consacre le
consensus selon lequel un prélèvement
annuel de 10 %, sur
une population en progression
de 20 à 30 %, constitue une
marge de manœuvre acceptable
par tous et gérée de façon
souple à la fois au niveau global
des effectifs recensés et au
plus près possible du terrain au
sein des départements.
Quel nombre
de retraits ?
La question la plus sensible
restait bien entendu l’estimation
du nombre de loups que
l’on pourrait ranger derrière
ces 10 %. Le chiffre de sept retraits semblait devoir constituer
un maximum, bien que le
chiffre de dix ait été évoqué à
diverses reprises. En définitive,
le nombre possible de
retraits à été fixé à quatre. Or,
avec une telle " enveloppe ",
il apparaît clairement que le
nouveau protocole retombe
dans les contradictions du
précédent qui s’était révélé
inopérant.
Des difficultés
d’application pratique
En effet, compte tenu de l’aire
d’expansion actuelle du loup
(sept au moins des dix départements
du massif alpin étant
concernés), cela reviendrait,
soit à n’autoriser qu’un seul
prélèvement par département,
soit à ne permettre le retrait de
plusieurs éléments perturbateurs
que sur le(s) premier(s)
site(s) soumis à d’importantes
attaques de troupeaux.
Dans ces conditions, il semble
assez probable qu’un tel protocole
conduise à un bilan de
l’estive 2004 qui ne puisse
satisfaire les éleveurs qui subiront
des prédations en fin d’estive,
et que le curseur devrait être rapidement révisé à la
hausse… avec toutes les difficultés
que cela peut recouvrir.
|