MOYENNE
MONTAGNE :
les stations à
l’heure des choix |
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Dossier "Tourisme"
Sommaire du PLM 138
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Les collectivités ici évoquées
obéissent à une définition
particulière qui prévaut
dans le recensement des
données collectées et analysées
par le cabinet Comète
pour le compte de notre
association. Il s’agit de communes
supports de stations
dont les activés touristiques hivernales sont dépendantes
des aléas d’enneigement et
situées quasi exclusivement
en Savoie.
Face à la pauvreté des statistiques
publiées en la matière,
les chiffres issus des
tableaux de bord financiers
Comète/ANEM constituent
les seules données fiables en tendance longue disponibles
depuis 1992.
Il faut néanmoins être
conscient de :
• l’étroitesse de ce panel qui
laisse sans réponse la situation
des communes supports
de stations, dont l’essentiel
de l’activité réside en dehors
du ski de piste ou qui ont des prédispositions pour le
tourisme
estival ;
• la difficulté de traiter objectivement
la grande diversité de ces collectivités
et
d’illustrer les nouveaux arbitrages
d’investissement auxquels
elles sont soumises du
fait de la recomposition de
la société montagnarde.
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| INVESTISSEMENTS
/ UNE DYNAMIQUE PRONONCÉE DEPUIS 1997 |
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La dynamique qui touche les stations
de moyenne montagne
s’inscrit dans une tendance
nationale : après une période de
recul et un point bas en 1995, le
taux d’équipement des communes
de moins de 10 000 habitants
est à nouveau nettement
orienté à la hausse.
Dans ce contexte
national, les communes supports de stations se distinguent par
l’ampleur de la reprise. Alors que les
dépenses d’équipement des communes
de moins de 10 000 habitants se sont
accrues d’un peu plus de 30% entre 1996
et 2000, les communes dans le panel des
tableaux de bord financiers ont multiplié les leurs par 2,5 !
L’ANEM a déjà souligné dans des rapports
sur la situation financière des stations de
sports d’hiver les spécificités de ces communes,
et notamment les aspects suivants :
• les volumes d’investissement par habitant
(en tenant compte des résidences
secondaires pour permettre la comparaison)
sont jusqu’à trois fois supérieurs dans
les communes supports de stations ;
• même après les difficultés rencontrées
dans le contexte des saisons faiblement
enneigées du début des années 90, les
volumes investis dans les stations restaient
30% supérieurs aux références nationales;
• les cycles d’investissement sont plus
marqués dans les stations qu’au niveau
national. Pour les communes de moins de
10 000 habitants, l’écart d’investissement
entre le point haut (1988) et le point bas
(1996) est de 40 %. Pour les communes
supports de stations de sports d’hiver,
l’écart est du simple au double (112%
entre 1988 et 1995). (Voir tableau 1)
Pour expliquer les ressorts qui sous-tendent
cette reprise soutenue de l’investissement,
il convient de prendre en compte
plusieurs facteurs :
• les communes supports de stations doivent
inscrire leur politique d’investissement
dans une économie liée aux produits
touristiques, d’où la nécessité d’intégrer
des cycles d’investissement et de renouvellement.
Le point haut d’investissement
du cycle précédent remonte aux exercices
1988 - 1989, soit il y a près de quinze ans;
• les stations doivent adapter leurs équipements
et leurs services aux évolutions
des attentes de la clientèle, ce qui impose
des investissements structurants et coûteux
(assainissement, traitement des déchets,
circulation, stationnement, diversification,
sécurisation de l’enneigement…) ;
• la succession de bonnes saisons au
cours de la période récente contribue à soutenir cette dynamique, en lui apportant
des moyens financiers;
• les emprunts liés au financement de la
phase d’investissement des années 80
arrivent à échéance depuis trois ans, ce
qui a favorisé le désendettement;
• les conditions de financement sont particulièrement
intéressantes. Au début de
1995, les taux d’intérêts étaient supérieurs à
6% et ont même grimpé jusqu’à 8%.
Depuis lors, les taux n’ont pratiquement
pas cessé de baisser, approchant même
2,5%, début de 2004. (Voir tableau 2)
INVESTISSEMENT COMMUNAL
PANEL DE STATIONS DES ALPES DU NORD (BASE 100 EN 1995)
Alors
que les dépenses
d’équipement des communes
de moins de
10 000 habitants se sont
accrues d'un peu plus de
30 % entre 1996 et
2000, les communes du
panel des tableaux de
bord financiers ont multiplié les leurs par 2,5.
EVOLUTION DE L’ENCOURS DE LA DETTE CONSOLIDÉE
PANEL DE STATIONS DES ALPES DU NORD (BASE 100 EN 1995)
Le mouvement de recul
de l’encours de la dette,
engagé après la pointe
de 1991 s'est interrompu
en 2000. La situation des
communes suppports de
stations se caractérise
par une très grande
diversité de situation vis-à-vis de la dette. |
| ENDETTEMENT
/ UNE GRANDE
DIVERSITÉ DE SITUATIONS |
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Cette reprise
de l’investissement
contribue au développement de
l’activité touristique. Elle ne doit
cependant pas masquer le fait
que la situation de ces communes
se caractérise par une très importante
disparité, notamment au
regard de l’endettement.
Le cycle actuel d’investissement est susceptible
de générer des contraintes fortes
pour certaines collectivités qui, trop fragilisées
par la succession d’hivers faiblement
enneigés, auront du mal à dégager seules
des marges de manœuvre suffisantes.
Le mouvement de recul de la dette
ancienne va se prolonger encore quelques
années, mais il convient de distinguer
différentes situations :
• Les collectivités qui se situent dans ce
mouvement bénéficient de la disparition
de l’annuité ancienne qui laisse la place à celle
issue des nouveaux emprunts. Dans
la phase actuelle, cela permet de réinvestir
sans accroître l’annuité de la dette.
• Pour certaines collectivités, fragilisées
par les hivers sans neige ou par une activité trop réduite
au regard de leurs besoins financiers, il n’a pas été possible
de maintenir la cohérence entre la durée
de vie de leurs équipements et la durée
des emprunts qui les ont financés. Pour
faire face à leurs contraintes elles ont :
- soit allongé la durée de remboursement
de leur emprunt, ce qui les conduit actuellement à
ne pas bénéficier de la baisse des
annuités et accentue leur fragilité puisqu’elles
vont superposer la charge de nouvelles
annuités à d’anciennes qui n’ont
pas encore été soldées ;
- soit sollicité des concours extérieurs,
notamment auprès de collectivités supérieures.
Certaines interventions ont
conduit à soulager la collectivité d’une
partie du financement des équipements.
Mais, ce faisant, au moment du renouvellement
des installations, se posera de nouveau
le problème de la capacité de ces
collectivités à assurer l’annuité des
emprunts pour ces installations.
La présente période d’investissement est
porteuse de dynamisme et permet aux collectivités
supports de stations d’adapter et
de structurer leurs équipements. Le
contexte d’investissement, actuellement
favorable, ne doit pas occulter les
contraintes qui pèsent durablement sur les
communes supports de stations, en termes
d’endettement ou de maintien de capacité financière,
les charges de fonctionnement des communes subissant une pression
accrue depuis trois ans.
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| LE POINT DE
VUE D’UN
FINANCIER SPÉCIALISÉ |
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Entretien avec Pierre Laporte-Daube,
directeur départemental de Dexia - CLF
pour l’Isère.
"Notre métier consiste à accompagner
financièrement le développement local dans
une optique de microrégulation,
la macro étant plus du domaine des grosses
collectivités locales qui apportent des
subventions.
Aujourd’hui, ce métier évolue et, à côté des
traditionnelles analyses de ratios et
prévisionnelles destinées à mesurer l’impact
budgétaire des investissements actuels,
nous faisons de plus en plus de renégociations
de prêts de façon à faire bénéficier
nos
clients de l’évolution favorable des marchés.
Quoi qu’il en soit, nous notons
une mutation non négligeable au niveau des
investissements de ces collectivités.
Nous nous déplaçons en effet de gros
investissements passés liés à la saison d’hiver
(que les élus ne souhaitent
pas renouveler) vers des investissements
plus volatils pour la diversification
(investissements dans des services ou
commerces de proximité).
Souvent proposés dans des communes
périurbaines, ils correspondent à des
arbitrages en faveur de besoins identiques à ceux
de populations de la seconde
couronne urbaine. Les communes peuvent
difficilement les financer sur leurs seules
recettes fiscales d’où la taxe professionnelle
est souvent absente car les établissements
de coopération intercommunale dans lesquels
elles sont englobées sont plus tournés
sur la montagne pauvre que vers la plaine,
mieux fournie. "
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| GESTION / DES
INÉGALITÉS FACE AUX CONTRAINTES ET AUX ENJEUX |
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Les contraintes d’investissement
propres à ces communes se classent
en deux catégories (cycliques
ou liées à l’environnement
de la station). Les arbitrages
qui leurs sont apportés reflètent
les contraintes pesant sur ces
territoires et leurs élus du fait
de la grande diversité de leurs
occupants.
Les investissements cycliques de ces collectivités
obéissent à deux logiques, celle
du renouvellement des équipements existants
et celle de leur confortement en assurant
en particulier la garantie de matière
première via la neige de culture. Ils se doublent
d’investissements pour la vie quotidienne
de la population sur le site, aussi
bien permanente que touristique.
Ils s’organisent autour de trois axes :
• la partie environnementale : l’assainissement,
l’épineux dossier des déchets
–
collecte des ordures ménagères et collecte
sélective – et enfin la réhabilitation
du parc immobilier touristique ;
• l’accès et la circulation : au titre des
problèmes à gérer : l’accès à la
station, le
flux et le stationnement ;
• les investissements de différenciation
liés à l’après-ski et à la politique
spécifique
d’animation déterminée par les élus
et par le potentiel professionnel de la station.
Cette orientation rapproche les deux
types de populations rencontrées sur ces
territoires.
Cet éventail complet d’investissement
permet d’extrapoler sur des enjeux qui
dépassent largement le cadre touristique :
pression foncière, augmentation du prix
du logement et des terres, besoins grandissants
d’infrastructures et bien
sûr conflits dans les choix d’utilisation du
territoire.
En effet, des bascules importantes s’opèrent
entre les agriculteurs, les résidentiels
permanents ou secondaires et les activités
touristiques.
Ces enjeux sont cruciaux pour les communes
situées à la périphérie de grands
centres urbains dont les stations répondent à
la large vocation d’accueil à finalité de loisirs de proximité et
de renouvellement de la clientèle via l’apprentissage
du ski jeune ou l’accueil de classes de
découverte.
Or celles-ci n’ont pas les moyens de
financer les surcoûts liés à ce rôle
de fournisseur
d’aménités et ce n’est pas la répartition
des recettes de taxe professionnelle,
même et surtout en intercommunalité,
qui risque de rétablir la situation.
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