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Le projet de
mise en réseau des écoles présenté par
Xavier Darcos en marge du grand débat national a de quoi
inquiéter tout particulièrement les territoires
de montagne. Abondamment débattue au cours de l’assemblée
générale d’Ecole & Territoire à Albi,
la perspective d’une loi sur la réforme de l’école
a fait l’objet de prises de position unanimement critiques
de la part de plusieurs associations d’élus.
Bien qu’il s’agisse d’un mode
d’organisation déterminant
pour l’identité de l’école de
demain, la mise en réseau ne
figurerait pas dans la prochaine
loi sur la réforme de l’école au
motif que cela relève du
domaine réglementaire.
Or cet " aménagement réglementaire "
condamnerait irrévocablement
les classes uniques
et les écoles à deux
classes en les fermant systématiquement.
Un tel parti pris ne
tient pas compte de leur efficacité en matière de qualité de
vie scolaire et de résultats
pédagogiques dans les enseignements
fondamentaux. En
outre, sa mise en œuvre
conduirait à la fermeture d’un
nombre considérable de petites
structures de proximité et, de
ce fait, pénaliserait fortement
les zones de montagne.
Les réseaux proposés se mettraient
en place sur la base de
regroupements des écoles par vingt , voire trente
et plus ; une telle densification des établissements
scolaires, défendue au
nom de la capacité à proposer
une offre pédagogique de qualité,
risquerait d’aboutir à la
duplication en milieu rural des
difficultés que rencontre l’Education
nationale en milieu
urbain et se traduirait en tout état de cause
par un retrait territorial conséquent des écoles de
proximité.
Empêcher
le retrait de l’Etat
Enfin, pour financer le fonctionnement
de ces réseaux, les
moyens de l’Etat et ceux des collectivités
territoriales (les enseignants
pour l’Etat, le transport
pour les départements, les
locaux et équipements pour les
communes ou leurs groupements)
seraient mutualisés et
gérés par la caisse des écoles, ce
qui pourrait être la porte ouverte à
un retrait progressif de l’Etat de ses missions régaliennes
en matière d’éducation
(à savoir, l’égalité de
contenu de l’enseignement
dispensé).
Ce projet de mise en
réseau, sous couvert
d’organiser une offre
pédagogique moderne,
diversifiée et de qualité,
reviendrait donc à priver
l’école de toute
portée significative en
matière d’aménagement
du territoire, dimension
qu’elle assurait jusqu’ici sans
pour autant la reconnaître
explicitement. Ce n’est donc pas un hasard si plusieurs associations
d’élus, l’Association
des maires de France en tête,
ont réagi négativement. |