TRANSPORTS
:
La montagne,
loin des
priorités
du gouvernement et de l’Europe |
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Dossier "Europe" Sommaire du PLM 136
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Les options
retenues et présentées
lors du comité interministériel
d’aménagement et
de développement du territoire
(CIADT) du 18 décembre
dernier ont pour ambition
d’inscrire l’espace français des
transports dans l’Europe du
futur. Elles tentent de concilier développement économique,
attractivité des territoires et
respect de l’environnement
afin de pouvoir faire face, dans
les meilleures conditions, à une croissance
prévisible du
fret marchandise de 40 % et
des flux de voyageurs de 60 %,
dans les quinze ans à venir. Soucieuse
de rééquilibrer
l’impact des différents modes
de transport, la stratégie
annoncée planifie les principales
infrastructures à l’horizon
2025 et opère un choix en
faveur de 35 projets prioritaires
sur la période 2004-2012
dans un souci d’évidente complémentarité avec
la politique
européenne en la
matière. Enfin, le gouvernement
ouvre des portes en
faveur de plusieurs types de
financements (comme les partenariats
public-privé) sur lesquels
les transports pourraient
faire figure de pionniers.
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| FINANCEMENTS
NOVATEURS : L’UNION FAIT LA FORCE |
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Devant l’ampleur des besoins
financiers en jeu dès qu’il s’agit
d’infrastructures de transports, le
gouvernement a souhaité enrichir
la panoplie des outils permettant
de conjuguer action publique et
privée. C’est ainsi que devraient être
prochainement intégrés dans
le droit national les partenariats
public privé (PPP) dont les modalités
seront précisées par ordonnance
en avril 2004.
Directement inspirés de l’expérience
britannique,
ces contrats ne possèdent pas
encore d’existence juridique en France,
même s’ils servent de base à des projets
fameux (viaduc de Millau, ligne ferroviaire
Perpignan-Figueras). On attend beaucoup
d’avancées pour cet outil, notamment pour
une meilleure mobilisation des financements
et une efficacité renforcée pour la
réalisation des projets.
En complément aux délégations de service public,
aux sociétés d’économies mixtes
(SEM) ainsi qu’aux marchés publics, les PPP
se présentent comme des outils adaptés aux
projets pour lesquels le résultat d’exploitation
n’est pas déterminant dans le financement,
surtout dans une logique d’aménagement
du territoire.
Son principe ayant inspiré des montages
parallèles un peu vulnérables juridiquement,
il semblait nécessaire de doter le PPP
d’un nouveau type de contrat sécurisant ses
adeptes décidés à tester ses qualités
supposées.
Ainsi la Caisse des dépôts et consignations
a été chargée par le ministre de
l’Économie et des Finances, Francis Mer,
d’étudier l’impact du PPP sur huit projets
d ’infrastructures de transports.
Partenariat public-privé pour
des projets de seconde liste
Il ressort des travaux que le PPP serait avantageux
dans six domaines : meilleure définition
des programmes par la puissance
publique, meilleure tenue des délais et des
coûts,
gains sur les coûts et la qualité de l’entretien,
meilleure sécurité de fonctionnement,
montage permettant une mobilisation
financière plus spontanée de l’usager à côté du
contribuable, segmentation des risques plus adaptée. Pour les
entrepreneurs,
le PPP équivaut à une fourniture
complète de la filière : financement,
conception, construction, maintenance,
exploitation de l’ouvrage répondant au
mieux à la commande publique.
En dépit de son caractère séduisant, le PPP
ne devrait pas pour autant être utilisé d’emblée
pour réaliser des projets majeurs tant
au plan national qu’européen car leur
financement est déjà principalement assuré par
des schémas
plus conventionnels. En revanche, il pourrait être utile sur
des projets de seconde liste, très spécifiques,
comme l’équipement du système ferroviaire
européen en nouveaux systèmes de
contrôle-commande.
A terme, l’engouement pour les PPP pourrait
rejoindre la tendance mondiale où, sur
3 000 PPP recensés, 400 ont trait aux
transports. |
| FINANCEMENTS
CLASSIQUES : LA PRUDENCE EST DE MISE |
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Les 35 projets prioritaires retenus
lors du dernier comité interministériel
d’aménagement et du développement
du territoire (CIADT) représentent
20 milliards d’euros
d’investissement, dont 7,5 à la
charge de l’Etat. A cela, s’ajoutent
les projets considérés comme prioritaires
par la commission de
Bruxelles et qui ont parfois des
déclinaisons à l’échelon national.
Pour pouvoir faire face à l’ensemble
de ces engagements financiers,
les pouvoirs publics ont envisagé plusieurs solutions où prudence
et attentisme prédominent.
Pour les projets d’intérêt purement
national,
une agence spécifique a été prévue
pour être opérationnelle début 2005. Celle-ci gérera la part de l’Etat et sera alimentée
notamment par l’intégralité des
dividendes des sociétés autoroutières perçues
par l’Etat actionnaire. Elle pourra également
avoir recours à l’emprunt encadré et devrait bénéficier d’autres
dotations budgétaires, dont le montant et l’identité ne sont, à ce
jour, pas encore connus. Du côté européen, la multiplication
des listes de projets prioritaires a induit une certaine
confusion et quelques inquiétudes
sur des situations de concurrence quant au
financement de certains dossiers.
Bruxelles, aiguillon
des projets transnationaux
Ainsi, le programme Quick Start, annoncé par
la Commission en novembre 2003, afin de démarrer rapidement
un certain nombre de projets et de faire sauter les verrous
transfrontaliers, est parfois vécu comme une menace sur les
priorités définies
en Europe, communiquées en octobre
dans le cadre du réseau européen des
transports.
Du coup, les ministres de l’Economie et
des Finances n’ont augmenté que de 10%
les taux de cofinancement sur les tronçons
de projet Quick Start d’intérêt européen.
Il
semble de plus en plus évident que désormais
Bruxelles se contentera d’un rôle
d’aiguillon pour débloquer les projets
transnationaux et favoriser l’implication
de partenaires financiers privés par l’intermédiaire
de la Banque européenne d’investissement
et renoncera donc au financement
direct.
C’est ainsi que la vraie priorité ira aux projets
portés politiquement et financièrement
de part et d’autre de leur trajet et considérés
comme potentiellement rentables (liaisons
ferroviaires de la péninsule Ibérique).
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| EUROPE : INCOHÉRENCE
ET DISCONTINUITÉ DU RÉSEAU FERROVIAIRE À GRANDE VITESSE |
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La grande vitesse ferroviaire possède
un potentiel d’attraction commerciale élevé qui repousse les
limites horaires acceptables audelà des trois
heures et explique la progression spectaculaire des
réseaux européens en la matière.
Malheureusement, les pays qui
maîtrisent la technologie nécessaire
et la clientèle requise (Allemagne,
Italie, France, Espagne)
sont aussi ceux qui se sont approprié le
concept dans une optique résolument nationale, freinant
par
là même les interconnexions et la
notion essentielle de réseau.
En dépit des récents discours engagés
sur
l’interconnexion et l’intermodalité des
infrastructures de transport depuis un an
et des pressions croissantes exercées par
la Commission, force est de constater de nombreuses incohérences
dans le
schéma européen de la grande vitesse,
même si le gouvernement français a fait
quelques concessions (tunnel Perpignan-
Figueras)
A titre d’exemple, les priorités retenues
par le sénateur Joly dans son rapport sur
les différents réseaux européens et les
obstacles à leur connexion sont marquées
par des préoccupations nationales. Elles
sont reprises par le gouvernement dans
les conclusions du comité interministériel
d’aménagement et du développement du
territoire (CIADT) du 18 décembre 2003.
Les intérêts transrégionaux
dans la logique européenne
Qu’il s’agisse du TGV Est ou Atlantique,
les tracés obéissent de toute évidence à des
préoccupations d’aménagement du
territoire, légitimes mais incompatibles
avec les exigences européennes en
matière de liaisons intermétropoles, et surtout indifférentes à l’état
d’avancement
du réseau et aux impatiences marquées
de l’autre côté de la frontière.
Pourtant, c’est bien la continuité du
réseau à grande vitesse qui va gager la
rentabilité du système et devrait déterminer
les choix. Ainsi le rapport Joly se
déclare favorable à la liaison avec l’Italie
via le Lyon-Turin où les conditions d’une
exploitation rentable du fret semblent
peser sur la décision, même s’il faut l’associer à
une logique passager vu la lourdeur
des investissements. Mais ici,
comme pour l’Espagne (réouverture de la
ligne Pau-Canfranc ou inscription au programme
Quickstart de la ligne Dax-Vittoria),
les élus italiens se sont mobilisés avec
ceux de la région Rhône-Alpes.
Ce sont bien les intérêts transrégionaux qui
s’avèrent les meilleurs alliés d’une politique
européenne logique des réseaux, à la
différence de priorités nationales apparaissant
de plus en plus décalées.
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