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RAPPORT
SÉNATORIAL :
La péréquation
interdépartementale
en question |
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Sommaire du PLM 135
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La loi votée en 2003 amorçant
la seconde phase de la décentralisation érige
explicitement à
l’article 72-2 de la Constitution
la péréquation au rang
de principe constitutionnel,
puisqu’il s’agira de " favoriser
l’égalité entre les collectivités
territoriales ". Une réforme du
système de péréquation,
essentiellement basé sur la
Dotation globale de fonctionnement,
semble donc le corollaire
de cette consécration,
d’autant plus qu’elle vient
après la critique qu’en avait
fait début 2002 le Commissariat
général au plan pour la
partie communale et intercommunale.
Aujourd’hui, les
interrogations se concentrent
sur la péréquation interdépartementale
ainsi que l’atteste le
récent rapport sénatorial cosigné par Jean-François
Poncet et Claude Belot et dont l’analyse
fait l’objet du présent dossier
de "PLM».
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PÉRÉQUATION
:
UNE APPROCHE DIFFÉRENTE SUR LES PRINCIPES |
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Pour les auteurs du rapport,
la priorité consiste à permettre à tous
les départements
de faire face à leurs obligations légales
de façon homogène sur tout le
territoire. Il faut donc corriger les
inégalités, afin d’éviter de figer
ou d’aggraver la fracture territoriale,
et trouver des critères correctifs
permettant d’intégrer les
spécificités de territoires de type
montagne.
Le rapport sénatorial a été rédigé en
collaboration étroite avec l’Association
des départements de France et un cabinet
privé. Il a repris la définition de la péréquation à
l’article 72-2 de la Constitution, à
savoir que l’égalité en question, comme
cela a été débattu au Sénat, " doit
prendre
en considération non seulement les ressources
dont les collectivités disposent,
mais aussi les charges qu’elles doivent
assumer ".
C’est la raison pour laquelle la réflexion
sur la définition de nouveaux critères de
péréquation applicables en 2005 semble
devoir être obligatoirement précédée
d’une évaluation correcte de l’écart de
ressources
et de charges entre départements.
C’est à cette tâche délicate que s’emploie
l’essentiel du rapport en excluant les
DOM et Paris, aux particularismes trop marqués, pour ne pas
altérer les moyennes
nationales.
Un autre postulat important suppose que
tous les départements préservent leur
niveau de ressources antérieur et que toute
réforme ne pourra s’opérer que sur la
durée, pour éviter une résistance massive.
Débusquer des inégalités
autres que financières
De même, afin de ne pas aggraver la dégradation
de l’autonomie financière de certains
départements et donc l’antagonisme
supposé entre péréquation et autonomie,
le rapport préconise le recours à la péréquation
verticale et non horizontale, ce qui
semble viser explicitement la DFM (Dotation
de fonctionnement minimale). Les
auteurs considèrent enfin que la définition
constitutionnelle de la péréquation autorise
la recherche de sources d’inégalités,
allant plus loin que les seuls critères financiers,
d’où la proposition de critères susceptibles
d’intégrer des éléments géographiques, économiques,
culturels. Ils affirment ainsi, et c’est intéressant
pour la montagne, que le contexte géographique,
par nature exogène et non maîtrisable,
constitue un facteur évident d’hétérogénéité,
générateur d’inégalités… à corriger
!
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DGF DES DÉPARTEMENTS
:
UN EFFET PÉRÉQUATEUR ACTUELLEMENT FAIBLE |
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La
DGF des départements
se compose de quatre dotations
(forfaitaire, de péréquation, de
progression minimale, de
fonctionnement minimale– DFM). Seules la seconde
et la quatrième, qui représentent 58%
du total, répondent à des objectifs
péréquateurs.
D’après le rapport, l’effet
péréquateur de
la DFM est réduit car cette dernière ne représente
que 5% de la masse de la DGF
et la corrélation entre bénéficiaires de la
DFM et départements les plus pauvres,
mesurée à partir d’un ensemble d’indicateurs
socio-économiques, est très faible,à l’exception du taux d’urbanisation
et de la longueur de voirie par habitant.
Pour les autres critères (pourcentage des
personnes de plus de 60 ans, nombre de
RMistes, revenu par habitant, proportion
de logements sociaux), les liens de corrélation
sont mauvais.
Pour ce qui est de la dotation de péréquation, il s’avère
que sa corrélation
avec le niveau de ressources est faible
car l’impôt sur les ménages, qui intervient
pour 60 % dans le calcul de la
dotation de péréquation, annule dans
une large proportion l’impact du potentiel
fiscal (40 %).
En résumé, la corrélation est quasiment
nulle entre l’ensemble de la DGF et le
niveau de pauvreté des départements du
fait de l’historique de cette dotation et
parce qu’elle est liée à la population et
non au niveau de ressources. |
INDICE SYNTHÉTIQUE
:
UN NOUVEL INDICATEUR DE COÛT
DIFFICILEMENT CONTESTABLE |
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L’ambition clairement assignée
à
ce rapport consiste à définir
un niveau de péréquation à
partir duquel les départements
doivent pouvoir assumer leurs
compétences obligatoires en
rendant le même niveau de service
sur l’ensemble du territoire
national dans des conditions de
pression fiscale identiques,
indépendamment des choix
politiques qui peuvent être faits.
Une fois acquis le principe d’une mesure
objective des inégalités de recettes et de
charges propres aux départements, il a été
décidé de ne considérer que leurs charges
obligatoires afin de pouvoir déterminer la
marge dont ils disposent réellement pour
individualiser leurs politiques.
En second lieu, s’est imposée la notion d’indice
synthétique de coût au lieu de la
dépense par habitant. Cet indice permet de
neutraliser en amont les choix budgétaires
des départements. Il est calculé en multipliant
un indicateur physique réel propre au
département par un coût moyen national.
Les données " moyennes " obtenues tant
pour les ressources que pour les charges
permettent de mesurer l’écart de richesse
entre les départements après prélèvement
de leurs charges obligatoires.
Les ressources prises en compte ont été le
potentiel fiscal par habitant, les dotations
versées par l’Etat, celles relatives à la
suppression
de la vignette, à la réduction des
droits de mutation, et enfin le contingent
d’aide sociale versé via la DGF.
Dix-sept millions d’euros à trouver
Du côté des charges intégrées
dans l’analyse,
on peut citer celles relatives aux collèges
et aux transports scolaires, à la voirie,
aux personnes âgées, à l’enfance, au
RMI, qui sont évaluées suivant la méthode
précédemment exposée. En revanche,
pour les dépenses afférentes aux SDIS et
aux handicapés, sont prises en compte les
sommes réellement dépensées dans le
département.
Les charges par habitant sont soustraites
des ressources par habitant. Le solde ainsi
obtenu constitue le point de départ du
calcul des inégalités. L’indice final porte sur 88,6 % des dépenses
de fonctionnement des départements.
Une fois défini, il apparaît que plusieurs
départements ne sont pas en mesure de
faire face à leurs charges obligatoires dans
des conditions de pression fiscale et de
niveau de prestation acceptables. En
outre, cette situation devrait s’aggraver
avec la mise en place des nouveaux transferts
de compétence. Le groupe de travail évalue à 17 millions d’euros par an le
déficit à combler pour rétablir la situation. |
SYSTÈME
PROPOSÉ :
DES PRINCIPES PARFOIS EN CONTRADICTION |
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Après les constats d’usage et
l’explicitation du raisonnement
basé sur l’indice synthétique, le
rapport détermine les principes
devant guider la construction
du nouveau mécanisme péréquateur.
• Le respect de l’autonomie fiscale qui,
selon les auteurs du rapport, condamne à
terme la péréquation horizontale.
• Un calendrier en deux temps prévoyant
le regroupement des dotations d’Etat avant
de s’intéresser aux critères de répartition,
ce qui paraît logique dans le contexte
parallèle de réforme des finances locales.
• La mise en œuvre de moyens suffisants :
on peut se montrer un peu sceptique
connaissant la nécessité de raisonner à une
enveloppe quasi constante (750 millions
d’euros) du fait des contraintes sur le budget
de l’Etat.
• Raisonner dans le cadre du contrat de
croissance et de solidarité (progression
de l’enveloppe normée = taux de l’inflation
+1/2 du taux du PIB) : la remarque
sur le principe précédent s’applique
aussi, puisqu’on assisterait simplement
dans ce cas à une nouvelle redistribution
des enveloppes, sachant que la dotation
globale ne devrait diminuer pour aucun
département.
A la recherche de critères tenant
compte des charges réelles
• Une mise en œuvre progressive s’appuyant
sur l’affectation d’une partie substantielle
de l’augmentation annuelle des
dotations de l’Etat pour parvenir
aux correctifs souhaitables.
Si cette prudence n’est pas
contestable, elle semble
contradictoire avec l’idée cidessous
qui implique une
action urgente.
• Mettre en place des instruments
de péréquation reflétant
les écarts de ressources et de
charges entre les départements.
En fait, ici, ce ne sont pas tant
les instruments que les critères
utilisés qui sont visés et, en particulier ceux qui
semblent suspects car
sans lien proportionné avec ces dépenses
ou recettes. Il est dommage que le potentiel
fiscal superficiaire (préconisé par
l’ANEM), qui est révélateur d’une vraie
charge liée au territoire, ne soit pas retenu
comme indicateur de dépense obligatoire.
• Enfin, tenir compte de la nouvelle phase
de décentralisation voulue par le gouvernement
tant sur les transferts de compétences
que sur leur financement. |
DES PRÉCONISATIONS
INDEXÉES
SUR LA RÉFORME DE LA DGF |
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La loi de finances
pour 2004 prévoit
une scission de
la DGF en deux parts.
La première, non
péréquatrice,
comprendrait les
dotations forfaitaires,
impôt-ménage, ainsi
que le contingent
d’aide sociale, la
compensation de la
suppression de la part
salaires de la TP et
95 % de la DGD.
La seconde engloberait la
dotation potentiel
fiscal et la DFM.
La réforme des
mécanismes de
répartition devrait être
discutée courant
2004. Mais d’ores et
déjà, il faut souhaiter
que l’indexation de
la part forfaitaire soit
la plus faible possible
pour dégager une
vraie marge de
manœuvre pour la
péréquation.
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