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Alors que dans
la seconde partie de sa proposition de loi, forte de vingt articles
thématiques complets, l’ANEM
suggère
de redonner vie aux ZRR, le gouvernement semble
considérer qu’il s’agit d’un concept
daté méritant un simple
sursis. La première lecture du texte Gaymard à l’Assemblée
confirme cette impression.
Le projet de loi Gaymard
consacrait initialement un titre
de deux articles traitant respectivement
de la redéfinition du
zonage ainsi que des aides
apportées aux entreprises et un
article isolé spécifiant un nouveau
dispositif fiscal destinéà encourager la rénovation
du bâti ancien à destination de
location permanente. C ’est
cette configuration qui a été proposée à la
discussion lors de la première lecture à l’Assemblée
nationale.
De son côté, la partie de la proposition
de loi ANEM entièrement
consacrée aux ZRR a
manifestement servi de source
d’inspiration aux nombreux
parlementaires qui ont tenté de
multiplier les amendements visant à muscler le dispositif
soumis à leur approbation.
Au total, le bilan de cette première
lecture est maigre. On
enregistre bien une extension
du périmètre existant aux communes
appartenant à un établissement
public de coopération
intercommunale à fiscalité propre situé dans
un arrondissement ou un canton répondant
aux critères démographiques
définis à l’article
1465A du code général des
impôts, de façon à intégrer les
effets démographiques du dernier
recensement et de les lier
aux structures porteuses de
projet comme les EPCI.
Des lacunes à combler
Cependant, on regrette
le refus
du gouvernement d’intégrer
davantage les bourgs-centres,
dont tout le monde reconnaît
pourtant le rôle fédérateur et
dynamisant qu’ils sont seuls à pouvoir
jouer sur ces territoires Nous ne reviendrons pas sur les
différentes
mesures fiscales à destination essentiellement des
entreprises qui vont dans le bon
sens, même si leur impact est
limité. En revanche, on peut s’interroger
sur les lacunes qui persistent
et qui traduisent un certain
manque d’ambition et de
moyens en faveur du concept de
revitalisation rurale, auquel on
n’a jamais vraiment donné les
moyens de faire ses preuves.
Ainsi, rien n’est prévu pour
l’après 2006 et les mesures
continuent de se concentrer sur
les entreprises. Elles sont souvent
financées sur les recettes
des collectivités locales et ignorent
quasi systématiquement
les particuliers. Ainsi, les collectivités
sont supposées s’impliquer
plus qu’ailleurs pour
pallier les carences de l’initiative
privée.
Surtout, aucun " chef de file» n’est désigné pour
piloter clairement cette politique de développement
local, alors que
l’ANEM a toujours valorisé le
rôle essentiel que les départements
pourraient jouer en la
matière. |