Association Nationale des Elus de la Montagne
Accueil
Recherche
Prise de contact Abonnements
 

Consulter le rapport Au delà du changement climatique, les défis de l'avenir de la montagne

 
 
L’un s’en va, l’autre arrive…

Sommaire du PLM 135

Au 1er janvier, l’ANEM a connu un événement d’importance. Pierre Rémy, qui fut un des initiateurs de l’association, et qui en a été le délégué général depuis sa création en 1984, a souhaité se consacrer à l’action internationale en faveur de la montagne. Pierre Bretel lui a succédé dans ses fonctions.


PIERRE RÉMY :
" Je souhaite prolonger mon action sur le plan international "

Le départ de Pierre Rémy est l’occasion de faire avec lui un point rapide sur ce qu’ont été les vingt premières années de l’association.

PLM : Comment est née l’ANEM ?
Pierre Rémy : En 1983, une équipe de parlementaires de la montagne de tous horizons politiques – conduite par Louis Besson – a décidé de prendre en main la réflexion sur l’avenir de ces territoires et sur les politiques à y conduire. Elle s’est déplacée dans tous les massifs pour prendre en compte les attentes des montagnards. Elle a proposé une mesure phare : une loi sur la montagne. Le projet gouvernemental les a laissés sur leur faim. Les parlementaires ont donc décidé de le réécrire en associant toutes les forces vives de la montagne. Cela a permis de mettre au point un texte qui a été voté à l’unanimité. A la même époque, j’appartenaisà la Fédération française d’économie montagnarde et j’ai été associé à cette préparation. Mais je trouvais regrettable que seuls les socioprofessionnels soient organisés pour la défense de la montagne. Je pensais que le moment était venu et favorable à la mise en place d’une structure plus spécifique à la disposition des élus de montagne, puisque ceux-ci
avaient su se dégager de tout esprit partisan et étaient prêts à travailler ensemble. C’est ainsi qu’est née l’ANEM, qui a constitué le point de convergence de ces différentes démarches.
PLM : Avec 4 200 communes adhérentes et 7 000 élus au total, que représente l’ANEM par rapport à l’ensemble de la montagne française ?
P.R. : Le nombre des adhérents a rapidement progressé durant les premières années d’existence de l’association. Il semble stabilisé à 4 200 communes. Il correspond au premier classement des communes de montagne effectué en 1960-1961 avant que des extensions successives ne portent ce classement à 6 000 communes. En fait, le taux d’adhésion peut varier sensiblement d’un département à l’autre en raison des circonstances locales et de la capacité d’entraînement de nos responsables départementaux. Nous avons donc encore une bonne marge de progrès.
PLM : Comment l’influence de l’ANEM s’est-elle développée ?
P.R. : Au vu des résultats qu’elle a obtenus. Et ceux-ci ont été nombreux, parfois spectaculaires, comme dans le domaine des finances locales. L’ANEM peut mettre à son bilan un surplus annuel de 380 millions d’euros pour l’ensemble des collectivités de montagne. Capacité à construire et défendre des dossiers de haute qualité, pugnacité de ses dirigeants et notamment des parlementaires, union indéfectible de tous les montagnards sur les enjeux essentiels, telles sont les trois raisons majeures de ses succès. Se relancer sans cesse, ne jamais se satisfaire des situations, faire preuve d’une imagination toujours en éveil, avoir des convictions indéracinables, définir sur la durée des objectifs simples et poursuivis avec une grande constance, sont, me semblet-il, les qualités essentielles de l’ANEM. Et aussi savoir dépasser les intérêts spécifiques de la montagne pour les intégrer dans des problématiques plus larges, voire universelles, et de ce fait donner un écho beaucoup plus considérable à sa démarche.
PLM : Est-ce la fin de votre activité pour la montagne ?
P.R. : Nous venons de créer l’APMM, l’Association des population des montagnes du monde, pour défendre la cause de la montagne sur le plan mondial. Il faut donner à cette association toute sa dimension d’efficacité, de représentation, de solidarité entre les montagnes du monde. Il reste du chemin
à parcourir… Voilà à quoi je compte m’employer avec tous ceux qui ont déjà rejoint cette association – et ils sont de plus en plus nombreux !


PIERRE BRETEL :
" Je travaille avec les élus depuis plus de vingt ans "

Le nouveau délégué général a un parcours professionnel consacré aux collectivités locales et aux services publics locaux.

PLM : Votre parcours vous a amené à travailler souvent avec les élus ?
Pierre Bretel : Je travaille à leurs côtés depuis 1982, année emblématique, s’il en est. En effet, je suis " tombé " à l’Association des maires de France, dans le monde des élus et des collectivités locales, l’an I de la décentralisation. J’étais principalement chargé de la fiscalité et des finances locales à travers le suivi du transfert de compétences et de leur compensation, des dotations telles que la DGF, sans oublier les taxes locales, professionnelle notamment. J’ai été amené à m’intéresser aussi à d’autres secteurs tels que l’aménagement du territoire, la planification, le développement local, les nouvelles technologies de l’époque (satellite et câble) aussi bien à l’AMF qu’en administration centrale pendant quelques années. Autant de dossiers qui ne semblent pas avoir perdu de leur actualité au moment où l’on parle de l’acte II de la décentralisation…
PLM : Ensuite, vous avez eu une activité de conseil auprès des collectivités locales ?
P.B. : En effet, j’ai intégré une filiale de l’Union nationale Hlm afin de développer un pôle de conseil et d’expertise indépendant, dédié aux collectivités locales et à la défense de l’intérêt général, encore cruellement manquant à cette époque, après dix ans de décentralisation. L’expertise technique, juridique et financière fédérée par la direction des collectivités locales au sein de Habitat et Territoires Conseil a permis aux autorités organisatrices de services publics (eau, assainissement, chaleur, élimination des déchets…) et aux gestionnaires de patrimoine de rétablir l’équilibre avec les opérateurs et les délégataires de services publics. Cette confrontation aux réalités de la gestion locale sur le terrain a enrichi mon expérience.
PLM : Quel est votre regard sur l’ANEM ?
P.B. : Ce qui frappe, c’est tout d’abord la très grande richesse de son champ d’investigation lié à la spécificité de son " recrutement» à tous les niveaux de collectivités, sans équivalent dans d’autres associations d’élus : maires, conseillers généraux et régionaux et parlementaires. C’est une singularité très séduisante par rapport aux autres, certes plus homogènes, mais peut-être plus limitées et plus spécialisées. Je suis particulièrement impressionné par la masse des dossiers traités aussi bien par les permanents que par nombre d’élus, tous étant très impliqués et très productifs, véritables militants de la montagne. Dans une telle configuration, on se sent naturellement enclin à épouser une telle cause appréhendée globalement.
PLM : Quelles seront vos actions prioritaires ?
P.B. : Ce seront d’abord celles assignées par les élus qui m’ont fait confiance et tout d’abord le président, Pierre Jarlier, et le secrétaire général, François Brottes. Pour l’immédiat, c’est l’actualité législative avec les lois responsabilités locales et développement des territoires ruraux, puis viendront la réforme de la DGF, les lois de péréquation et protection du patrimoine naturel, avec pour objectif d’y intégrer les mesures contenues dans la proposition de loi déposée l’été dernier par " le parti montagnard ", qui a transcendé à travers ce texte les obédiences partisanes, comme il l’a fait en 1985.
Cette année sera marquée par le 20e anniversaire de l’ANEM. Ce sera l’occasion, d’une part, de célébrer, au cours du congrès d’octobre, cette belle entreprise, ses initiateurs et un bilan très solide, et d’autre part, de se projeter sur l’avenir pour s’adapter aux nouveaux besoins et défis apparus depuis pour faire fructifier de la meilleure façon tout l’acquis.
PLM : Prévoyez-vous des évolutions ?
P.B. : l’équipe administrative devra probablement renforcer ses moyens et son efficacité sur le plan de la communication interne avec les adhérents en adaptant ses outils (site électronique, revue…) aussi bien qu’externe en donnant au public et à la société française, dans la presse et les médias généralistes, une autre image de la montagne plus en phase avec la réalité profonde de la moyenne montagne.
Le renforcement de l’équipe sur ce plan et sa cohérence accrue au service des instances de l’association permettra, je l’espère, une meilleure visibilité de l’ANEM et de la communauté des élus de la montagne. Son installation dans de nouveaux locaux où les adhérents pourront rencontrer l’équipe et se réunir fera du siège de l’ANEM la maison commune des montagnards.


TRIBUNE LIBRE : " Le système de péréquation va être paralysé "

Depuis la création des communautés de communes, leur dotation connaissait toujours une progression bien supérieure à l’inflation ; ce ne sera pas le cas cette année.
En effet, la réforme des dotations prévue par le gouvernement n’apporte aucun crédit supplémentaire. Elle se borne à regrouper, dans la DGF, la compensation de taxe professionnelle, ce qui accroît artificiellement la masse à répartir. Pour que la péréquation progresse, il faudrait limiter le plus possible la progression de la dotation forfaitaire qui peut être fixée entre 45 et 55% de l’augmentation de DGF. Malheureusement,à l’issue d’âpres discussions entre le Comité des finances locales et les promoteurs de cette réforme, elle a été fixée à 50 %, ce qui est bien insuffisant. De ce fait, l’augmentation des dotations globales réservées aux communautés de communes sera légèrement inférieure à l’inflation, avec de fortes disparités à l’intérieur de chaque strate. Ainsi, les communautés rurales à taxe additionnelle ne recevront que 16,62 euros par habitant, les communautés à TPU (taxe professionnelle unique) et à DGF bonifiée, 28,23 euros, alors que les communautés d’agglomération auront 40,34 euros. Cela prouve bien que cette répartition inégalitaire ne tient nullement compte de toutes les compétences et de toutes les charges croissantes assurées par les communautés rurales en matière de services publics, téléphonie mobile, NTIC, télévision, ainsi que pour la prévention des risques naturels. De plus, en raison d’une " erreur " qui revient à gonfler artificiellement de 24 millions d’euros la DGF à répartir, la DSR (dotation de solidarité rurale) est annoncée en augmentation de 2,93%, mais sa progression réelle ne sera que de 1,93%.
En conclusion, s’il n’y a pas davantage de volonté politique pour une réelle péréquation, on va assister à une érosion des dotations réservées à l’intercommunalité et aux communes défavorisées.

Augustin Bonrepaux, député de l’Ariège, membre du Comité des finances locales.

 

PLM Magazine
Pour la Montagne
Couverture du dernier PLM
n°187 - oct. 2008
n°186
n°185
n°184
Archives PLM

 

 

Activités legislatives & parlementaires Chiffres, institution de la montagne Dossiers PLM ANEM Annuaire des liens Archives
ANEM - Association National des Elus de la Montagne ANEM - Association Nationale des Elus de la Montagne - 7, rue de Bourgogne - 75007 Paris
Tél. 01 45 22 15 13 - Fax 01 45 22 15 26 - g.nicolle@anem.org
Crédits et Mentions légales - Votre avis sur le site