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Permettre aux collectivités
de mieux maîtriser la
gestion de leur espace et des ressources naturelles.
L’ANEM n’a eu de cesse, depuis sa création,
de faire respecter le principe de la libre administration (ou gestion)
du territoire (espace et ressources) par la collectivité locale
selon les principes de décentralisation, d’autonomie
et de subsidiarité. Elle est intervenue pour que les lois
nouvelles respectent ce principe et pour que les dispositions plus
anciennes évoluent dans ce sens, notamment dans les domaines
suivants:
• Convention alpine. Les conditions de ratification de la convention,
premier traité international ayant pour objet la montagne,
négocié en 1989 à l’insu des élus
concernés et qui ne portait que sur des engagements environnementaux
sans s’intéresser aux possibilités de développement,
ont été rigoureusement encadrées : il est entendu
que la loi montagne française en constitue une application
anticipée et que la convention n’a pas vocation à s’appliquer
au-delà de la zone de montagne alpine. La portée de
certains protocoles, transports, tourisme, sols, a été recadrée.
• Natura 2000. L’ANEM a obtenu l’engagement (hélas!
plus ou moins bien tenu) qu’aucun site ne serait imposé contre
l’avis du conseil municipal dès lors que celui-ci adoptait
une délibération formelle. L’action individuelle
d’information des 4 200 communes adhérentes sur les
propositions de l’administration a mis celles-ci en mesure
de conduire une véritable négociation à partir
de ces informations. L’ANEM a considéré néanmoins
que la mise en œuvre de la directive ne respectait pas l’autonomie
de gestion des collectivités, et à ce titre l’a
attaquée au Conseil d’Etat qui s’est déclaré incompétent.
L’ANEM poursuit activement son action pour que les communes
prennent la pleine maîtrise de la mise en œuvre de cette
directive.
• Ours. Dans l’ouest des Pyrénées, l’ANEM
a obtenu avec les élus locaux que l’on quitte le domaine
de la contrainte (réserves Lalonde) pour celui du partenariat
dans la gestion de l’ours (création de l’Institut
patrimonial du Haut-Béarn qui rassemble tous les acteurs)
et ne désespère pas d’atteindre le même
résultat pour les autres territoires concernés, afin
de redonner aux populations locales le contrôle de leur espace
et des activités qu’elles y conduisent.
• Loup. L’ANEM exerce par de multiples moyens une pression
constante pour que soit reconnue l’incompatibilité entre
loup et pastoralisme, ce qui devra conduire à des zones réelles
d’exclusion ainsi qu’à la régulation de
l’espèce, pratiquée au plus près du terrain
et si possible par les acteurs locaux eux-mêmes, propositions
qui ont été reprises dans le rapport de la commission
d’enquête de l’Assemblée nationale conduite
par les députés de montagne, Christian Estrosi et Daniel
Spagnou.
• Gestion des risques. L’ANEM progresse vers l’objectif
de faire de la gestion des risques une gestion partagée et
si possible partenariale entre l’Etat et les élus, qui
doivent pouvoir faire valoir pleinement leur connaissance du
territoire et le sens de leurs responsabilités dans les décisions
d’occupation de l’espace et de protection contre les
risques.
• Charte de l’environnement. L’ANEM a invité les
4 200 communes, les 42 conseils généraux et les 11
régions adhérant à l’association à exiger
du législateur que les dispositions et principes très
généraux qui figurent dans la charte ne puissent pas,
en raison de leur caractère quasi constitutionnel, conduire à faire
des zones à haute valeur environnementale, comme la montagne,
des parcs en raison de la limitation étroite des possibilités
de développement à laquelle pourrait conduire ce texte,
si son interprétation reposait sur le seul juge.
• Par sa proposition de loi, l’ANEM souhaite franchir un nouveau
pas :
> reconnaissance explicite dans le droit de l’environnement de la capacité des
collectivités à gérer leur territoire de façon autonome
dans le cadre des lois et règlements. Ce qui suppose qu’elles soient
très étroitement associées à leur élaboration
en amont ;
> procédure concertée de gestion partenariale pour les espaces à fort
enjeux environnementaux qui peuvent être considérés comme
d’intérêt national ;
> transfert progressif des compétences de gestion de ces espaces ou
ressources aux collectivités (par exemple, parcs nationaux) ;
> ressources nouvelles attribuées aux collectivités au travers
d’un fonds de gestion départemental de l’espace pour mobiliser
les moyens techniques nécessaires à une gestion de haute qualité.
Au total, sur les dossiers environnementaux les plus importants
et les plus sensibles, les élus et collectivités de
montagne reprennent progressivement depuis vingt ans un contrôle
qu’ils avaient perdu, en se dotant de nouvelles capacités
juridiques, politiques, techniques et financières. |