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Entretien avec Michel Bouvard
A l’issue du bureau de l’AEM qui s’est
tenu à Strasbourg
le 18 décembre, Michel Bouvard, en tant que
président, livre à " PLM " son sentiment
sur le développement
de l’association et sur les enjeux montagnards
actuellement en discussion au niveau communautaire.
PLM : Est-ce que le fait d’avoir
maintenant un bureau permanent à
Bruxelles permet à l’AEM
d’être mieux prise en compte
par les instances européennes ?
Michel Bouvard : C’est de
toute façon une sorte d’obligation
pour toute association
représentative d’avoir un bureau
sur place pour entretenir des
contacts réguliers, notamment,
pour ce qui nous concerne, avec
la DG Régions. Nous effectuons
un travail de veille législative, car
mieux vaut intervenir en amont,
avant la publication d’une directive
européenne que de tenter de
la faire modifier a posteriori. Il
est certain que notre présence à Bruxelles
a donné une meilleure
visibilité à l’AEM : notre association
vient d’être sélectionnée
pour être le chef de file d’une
analyse sur l’efficacité des politiques
transfrontalières en zone
de montagne.
PLM : Est-ce que le désaccord
autour de l’adoption de la Constitution,
dont le texte prenait en
compte la notion de handicap
naturel, vous inquiète ?
M.B. : Bien entendu, je suis,
comme tout un chacun, désolé de ce qui s’est
produit. Mais je suis convaincu qu’il ne s’agit
que d’un contretemps momentané.
Je note pourtant que le mot
de " montagne " ne figurait pas
explicitement dans le projet
constitutionnel. Ce qui m’inquiète
plus, c’est la restriction du
budget communautaire qui est
envisagée et qui peut apparaître
comme une sorte de mesure de
représailles à l’encontre des pays
qui ont empêché l’accord sur la
Constitution. Mais un telle évolution
pénaliserait aussi nos propres
pays.
PLM : Est-ce qu’il vaut la peine
de se battre pour les objectifs 2 et 3 qui peuvent concerner plus
directement la montagne, puisque
la part la plus importante des
fonds est attribuée à l’objectif 1 ?
M.B. : Ce n’est pas un phénomène
nouveau. Le plus gros des
crédits a toujours été affectéà l’objectif
1. Mais raisonner ainsi ce serait oublier que les pays de
l’élargissement qui vont en
bénéficier en priorité sont aussi
très souvent des pays de montagne.
L’AEM, qui a enregistré récemment l’adhésion de l’Association
des élus polonais de
montagne, est donc concernée.
Par ailleurs, Interreg, par exemple,
propose d’autres mesures de
financement qui concernent
aussi nos régions puisque ce
sont, en majorité, des territoires
frontaliers.
Mais je voudrais insister aussi sur
d’autres enjeux du moment. La
DG Concurrence doit adapter
les textes quand il s’agit de
régions à handicap naturel
comme les nôtres, et accepter le
maintien des aides d’Etat à finalité régionale
pour ces territoires. Quant à la déréglementation,
elle ne doit pas entraîner une
diminution de la qualité des services
publics dans les zones de
montagne.
Le bureau de l’AEM, qui s’est réuni le 18 décembre à Strasbourg,
a
décidé d’organiser en avril un colloque sur les
différences de législation
concernant la montagne dans les pays européens.
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