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Le
rapport de Jean Launay au nom de la délégation
de l’Assemblée à l’aménagement
du territoire s’interroge pour sa part sur l’émiettement
des compétences relatives à la gestion de l’eau
au regard de la décentralisation à venir et dans
la perspective de la prochaine loi sur l’eau annoncée
pour 2004.
Considérant que la loi à venir sur
l’eau devra répondre à deux impératifs
majeurs : clarifier les rapports entre les acteurs qui régissent
l’eau et identifier de nouvelles sources de financement, le
rapport de la délégation propose quelques pistes de
réforme.
Tout en confirmant le fort attachement des acteurs de cette politique à sa
large décentralisation, il plaide en faveur d’un renforcement
marqué du rôle des départements, ceux-ci se révélant
les plus aptes à intervenir en faveur des communes en difficultés
financières ainsi que pour coordonner et relier les réseaux
d’adduction et d’assainissement.
Il suggère que des transferts de ressources financières
soient mis en place à leur profit, notamment en leur attribuant
la perception de la taxe sur les titulaires d’ouvrages hydroélectriques
concédés, et en la renforçant, puisque son produit
actuel n’est destiné qu’au financement des équipements
nouveaux. C’est ainsi une véritable compétence
fiscale en matière d’eau qui serait attribuée
aux conseils généraux.
Aménager à partir des cours d'eau
Afin de mieux coordonner les aménagements des bassins versants,
il est proposé que soit renforcé le rôle des établissements
publics territoriaux de bassin, qui ont su, avec le temps, s’imposer
comme des échelons de gestion majeurs. Ce renforcement consisterait à transformer
ce qui jusqu’ici n’est qu’une mission de travaux
spécialisés sur des cours d’eau en une véritable
politique d’aménagement du territoire s’articulant
autour des cours d’eau. Dans la mesure où ils sont des émanations
de collectivités locales, ils disposent de la légitimité démocratique
qui leur permettra de rassembler autour d’eux l’ensemble
des acteurs politiques et économiques pertinent en matière
de gestion de l’eau.
Cette approche converge largement avec les prescriptions de la
directive cadre européenne que doit transposer la loi sur
l’eau, puisqu’elle impose une territorialisation et une
proximité de la politique de l’eau, notamment en matière
de protection, à l’échelon de la masse d’eau.
Les seules politiques d’aménagement possibles ne pourront
donc s’exercer qu’à cette échelle. Cela
implique négociations et accords qui ne peuvent être
portés que par des élus. La réforme de la politique
de l’eau passe par le renforcement de la démocratie
locale. |