 |
Le PLF pour
2004 contient d’importantes mesures
concernant les collectivités locales. Il reconduit tout
d’abord d’une année le contrat de croissance
et de
solidarité encadrant les relations financières entre
l’État et les collectivités locales, et engage
la réforme
des dotations de l’Etat.
L’enveloppe des dotations "
actives " de l’Etat progressera
ainsi en 2004 du taux de
l’inflation pour 2004 (1,5 %),
majorée d’un tiers de la croissance
du PIB pour 2003
(0,5 %), soit au total + 1,67 %.
La dotation de compensation
de la taxe professionnelle
(DCTP) conserve son rôle de
variable d’ajustement du
contrat, et baissera à ce titre
de -3,46 % en 2004.
Le PLF pour 2004 prévoit de
regrouper dans la DGF globale, à
compter du 1er janvier
2004, la compensation de la
suppression de la " part salaires "
de la taxe professionnelle
(9 milliards d’euros), la
compensation des allègements
de fiscalité régionale
(1,9 milliard d’euros), le fonds
de correction des déséquilibres
régionaux (0,06 millard),
le fonds national de péréquation
(0,6 milliard d’euros) et la
compensation des baisses de
dotation de compensation de
la taxe professionnelle (0,2
milliard d’euros).
En outre, l’essentiel de la
dotation générale de décentralisation
(DGD), soit 95 %
des montants dus au titre de
2003 à chaque département
ou région, devrait rejoindre également la
DGF. Le solde de
la DGD sera maintenu pour
permettre la poursuite des
ajustements annuels caractéristiques
de cette dotation liée
au financement des compétences
transférées dans le
passé.
Doublement
de la DGF
Du même coup, il sera mis fin
au fonds national de péréquation
de la taxe professionnelle,
ses différentes composantes étant soit intégrées
dans la DGF (FNP et compensation
des baisses de DCTP),
soit imputées sur le budget de
l’Etat (compensation des pertes
de bases de taxe professionnelle
et de redevance des
mines, dotation de développement
rural).
Au total, la DGF verra son
montant doubler, passant de
18,8 milliards d’euros en
2003 (soit 32 % du total des
concours financiers) à 36,7 milliards d’euros en
2004 (soit 62 % du total).
L’élargissement de la DGF à plusieurs
dotations actuellement
autonomes s’accompagnera
d’une réorganisation
des masses internes de la
DGF. Une part nouvelle sera
créée au profit des régions,
collectivités qui ne bénéficiaient
pas de la DGF jusqu’à présent.
Relancer
la péréquation
Chacune des trois parts de la
DGF (communes et groupements
de communes/départements/régions) sera structurée
selon le même principe : un
ensemble " forfaitaire " destinéà
préserver les ressources
des collectivités d’une année
sur l’autre, et une fraction de péréquation ciblée
sur les collectivités
les plus défavorisées
au plan fiscal.
L’élément central de cette
nouvelle architecture consistera à
assurer, pour chaque
niveau de collectivités, une
alimentation pérenne de la
péréquation. Ceci sera rendu
possible grâce à une évolution
annuelle de la part "
forfaitaire " moins rapide
que l’évolution de la masse
totale de la DGF, la différence
majorant chaque année les
sommes consacrées à la péréquation.
Un projet de loi spécifique
devrait intervenir par la suite
pour renforcer encore la
péréquation par la modification
des règles internes de
répartition des dotations de
péréquation.
|