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1 - Le Conseil national de la montagne garde
son rôle de conseiller du gouvernement, mais
il devient le lieu du débat public national sur
l’avenir de la montagne avec une participation
accrue de la société civile ; il dispose de véritables
moyens d’étude et de communication pour
jouer ce double rôle.
2 - Les régions appartenant au même massif créent un organisme de coopération interrégionale,
l’Entente interrégionale de massif, qui
coordonne leurs interventions au niveau du massif,
met en œuvre des programmes communs
d’aménagement dans le domaine des infrastructures,
de soutien au développement économique,
de gestion des espaces protégés, de
structuration du territoire, signe avec l’Etat un
contrat particulier de plan pour le massif, présente
un programme commun de développement
régional à Bruxelles.
3 - Le comité de massif, regroupant élus de terrain
et socioprofessionnels, plus autonome de
ses mouvements par une présidence issue de ses
rangs, doté de moyens de fonctionnement propres, éclaire
l’avenir par l’élaboration d’une
charte de massif, en même temps qu’il exprime
directement le point de vue des responsables par
son ancrage territorial. Il constitue l’interface
entre l’Etat et l’Entente de massif.
4 - Le Fonds d’innovation et d’expérimentation
pour la montagne (Fiem), doté par l’Etat et l’Entente
de massif de crédits d’intervention fortement
majorés par rapport à ceux de " l’autodéveloppement
en montagne ", apporte son
soutien avec souplesse et rapidité aux projets et
aux initiatives, mobilise l’ingénierie et l’expertise
dans le domaine technologique ou du marketing,
et permet à la montagne de jouer la carte de
la diversité des activités et de son adaptation
aux
mutations. Le montant des crédits n’est pas inférieur à
l’enveloppe prévue initialement pour le
Fiam de 1985 dont il prend la succession, soit
7 millions d’euros.
5 - L’agriculture, mieux assurée de son territoire,
pleinement reconnue dans sa double
fonction productive et environnementale, reçoit
notamment à travers les contrats d’agriculture
durable une rémunération du service rendu en
proportion des contraintes auxquelles elle doit
faire face, et voit ses investissements les plus
lourds mieux pris en charge.
6 - Les producteurs agricoles de montagne,
confrontés à des difficultés et des surcoûts
d’exploitation
qui rendent leurs productions en
elles-mêmes peu compétitives par rapport aux
autres régions, jouent à fond la carte de la
valeur ajoutée en se dotant eux-mêmes de
règles rigoureuses de qualité au travers d’un
véritable label " montagne " adossé à des
certifications
de qualité.
7 - Les espaces pastoraux et les espaces délaissés de faible valeur productive sont repris, gérés,
mis en valeur par des formes à la fois multiséculaires
et très modernes de gestion collective,
associations foncières pastorales, commissions
syndicales de vallée, sectionnaux rénovés
ou
communalisés, dont les conditions de gestion,
de constitution, d’intervention sont simplifiées,
stabilisées et mieux financées.
8 - Les propriétaires d’immeubles de loisirs sont fortement incités à rénover leurs biens
par une mesure fiscale incitative de déduction de
leurs revenus des travaux de rénovation entrepris, à
la condition expresse qu’ils remettent ou
maintiennent leurs locaux à la location par des
baux minimum de six ans et s’engagent dans des
procédures collectives de commercialisation
venant ainsi renforcer la politique de rénovation
de l’immobilier de loisirs.
9 - Les collectivités retrouvent un réel droit et
pouvoir de gestion de leur espace et des ressources
naturelles au travers d’une reconnaissance
par le code de l’environnement de ce
droit et de règles qui définissent surtout des
obligations de résultat, les laissant libres de
choisir les voies et les moyens qui leur paraissent
les plus adaptés.
10 - Pour les espaces ou ressources à fort enjeu
environnemental, objets généralement de forts
conflits avec l’Etat (gestion de la biodiversité ou
maintien des paysages), une procédure de gestion
conventionnelle est mise en place qui comprend
notamment une phase d’échange préalable
d’information en amont, de partage des
connaissances, de concertation, pour aboutirà des modalités de gestion définies en commun.
11 - Un fonds départemental de gestion de
l’espace, destiné à permettre aux collectivités
de
faire face à leurs nouvelles obligations en
matière de gestion de l’espace et des ressources
naturelles et pour mieux en maîtriser les aspects
techniques et financiers, est créé. Il est financé par une taxe additionnelle à la taxe départementale
sur les espaces naturels sensibles assise sur
les constructions (ou taxe sur " l’artificialisation
du territoire "). Un fonds de péréquation
est mis
en place pour abonder les ressources des départements
faiblement constructeurs. Le fonds
départemental est géré par le conseil général.
12 - La gestion des parcs nationaux est progressivement
décentralisée. Les pouvoirs du
président, désormais un élu, et du conseil
d’administration
sont renforcés : ils passent avec l’Etat
un contrat d’objectif sur la gestion du parc.
13 - La règle de construction en continuité des
bourgs, villages et hameaux existants n’est plus
un facteur de blocage de développement pour la
montagne : elle devient intelligente, c’est-à-dire
ne s’applique plus uniformément, mais tient
compte désormais du terrain et du contexte local
sous réserve qu’elle s’inscrive dans des document
d’urbanisme et s’appuie sur des études
d’urbanisme environnemental (mesure déjà négociée par les élus
de montagne dans la loi
urbanisme et habitat qui entre en application).
14 - La suppression, la modification, le retrait
déguisé des services au public par surprise ou à la
suite de fausses concertations se heurtent à de
nouvelles règles
de gestion. Les gestionnaires de services, quels qu’ils
soient, ont désormais
une obligation d’information en amont,
selon les cas, du maire ou du président de communauté de communes, du président
du conseil général ou régional, et ils sont
tenus de
faire connaître aux autorités et au préfet
l’organisation
territoriale de leurs services et leur évolution à
moyen terme.
15 - Le " contrat de service public " entre la
collectivité et l’organisme gestionnaire change
de nature : de participation obligée et conditionnelle
au maintien d’un service, la collectivité tend à devenir
un partenaire de même autorité,
responsable également de l’organisation du service
devant la population et s’appuyant sur des
compensations et transferts de moyens à hauteur
de sa nouvelle mission. Le contrat de service
public devient de droit s’il est demandé par la
collectivité.
16 - Les zones de revitalisation rurale se voient
offrir enfin des moyens à la hauteur des difficultés
de développement qu’elles rencontrent,
grâce à la mise en œuvre d’une politique
globale
intervenant dans tous les domaines et selon un
très large éventail de mesures financières,
fiscales,
sociales. Notamment, la rénovation de l’habitat,
l’action médico-sociale en direction des
personnes âgées ou isolées, sont très
sensiblement
renforcées en ZRR. Dans les secteurs les
plus en difficulté, des zones franches rurales sont
créées de façon sélective.
17 - Le département devient le véritable animateur
de la politique de revitalisation rurale à l’image
de la ville pour les politiques sœurs
de redynamisation urbaine. Il voit donc dans ces
territoires ses moyens financiers sensiblement
renforcés (notamment au travers de la croissance
plus rapide de la dotation de fonctionnement
minimale) ; de même, les concours aux collectivités
et à leurs groupements destinés à être
ses
premiers partenaires sont confortés. Le département
conventionne avec l’Etat et la région.
18 - L’installation et le développement des
entreprises sont fortement encouragés en zone
de revitalisation rurale par une extension et une
majoration des exonérations fiscales et sociales
pendant cinq ans et des majorations des aides
aux entreprises.
19 - Une véritable politique de réouverture
de l’espace est engagée à travers de nouveaux
outils qui visent à reconquérir le territoire et
assurer une meilleure maîtrise de l’évolution
des paysages.
20 - Le coût d’entretien de l’espace et le coût
du service environnemental rendu par les collectivités
de montagne est enfin comptabilisé :
désormais dans la répartition des dotations d’Etat
un critère permet de les prendre en compte afin
qu’elles soient en mesure de continuer à assurer
cette mission considérée comme essentielle par
la collectivité.
EN CONCLUSION
Ce projet est réaliste. Il est né d’une très
large
concertation. Il marque une volonté jamais
exprimée à ce point par les montagnards de
s’investir. Il recueille une forte adhésion. Il
ouvre de véritables perspectives de contribuer
dans les dix à quinze ans à faire de la montagne
un espace plus dynamique, plus équilibré territorialement, mieux géré au
plan de son territoire et de ses ressources, plus diversifié dans ses activités
et apportant une contribution accrue à l’économie nationale et au progrès
social. Il ne doit donc pas rester le fait
d’une catégorie ; il doit devenir un projet
national partagé et soutenu par toutes les
composantes de la société.
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